• Divorce et télégraphe (2)

    Il est temps d'en finir avec cette histoire contemporaine des premières années qui ont suivies la fin du régime monarchique en France.

    Tout en notant les efforts louables de deux des lectrices les plus fidèles de ces billets, on est obligé de constater que personne n'a trouvé la réponse à la question posée dans le premier billet. C'est donc la mort dans l'âme que je vais devoir ranger la magnifique médaille promise.

    Il était inutile de rechercher la réponse parmi les protagonistes cités dans ce billet. Même s'ils ont participé, à leur manière, aux grands chambardements de la révolution, soit en en participant à la mise en œuvre de progrès techniques, soit en profitant de libertés nouvelles, l'histoire n'a retenu le nom d'aucun d'entre eux. Car la généalogie, en particulier lorsqu'elle va un peu au-delà du simple relevé des dates et noms, c'est un peu l'histoire des humbles.

    Mais il arrive aussi qu'au détour d'un acte on rencontre un personnage appartenant à l'Histoire, celle qui est racontée dans les livres.

    C'est le nom du rédacteur de l'acte qui devait attirer votre attention. Benjamin Constant n'est pas un homonyme, il s'agit bien du philosophe et écrivain qui a joué un rôle important sous la révolution française.

    Issu d'une famille de huguenots qui a fui la France lors de la révocation de l'édit de Nantes, en 1685, pour se réfugier en Suisse. Né en octobre 1767, il a donc presque trente-deux ans lorsqu'il rédige l'acte de mariage entre Jean Nicolas Labouche et Véronique Antoinette Lecoeur.

    Nous ne nous attarderons pas sur l'ensemble de la vie de Benjamin Constant, de nombreux ouvrages lui sont consacrés. Seul son séjour à Luzarches nous intéresse d'ailleurs ici.

    C'est en 1794 que Benjamin Constant quitte son exil suisse pour venir en France, en compagnie de Germaine de Staël. Il se sont rencontrés au château de Coppet, propriété de Germaine au bord du lac Léman. Ils partagent les idées progressistes de la révolution. Benjamin achète l'abbaye d'Hérivaux qu'il fait démolir en grande partie pour ériger l'actuel château.

    On peut voir sur la carte Cassini, sur la droite de la vue, ce qui est sans doute l'abbaye d'Hérivaux. Cette carte date du milieu de XVIIIeme siècle.

    Divorce et télégraphe (2)

     

     Sur la carte d'état-major, qui date des années 1820, le château d'Hérivaux a pris la place de l'abbaye.

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    Voici une photo de l'actuel château, avec ce qui reste de l'abbaye.

    Divorce et télégraphe (2)

    C'est là que Germaine de Staël sera hébergée. Leur relation sera tumultueuse et essentiellement intellectuelle mais pas totalement platonique puisque les historiens attribuent la paternité d'Albertine, la fille de Germaine, à Benjamin.

    Pendant son séjour en Seine et Oise, Benjamin participe à la vie locale. Brillant orateur, il est élu "président de l'administration municipale du canton de Luzarches", comme le mentionnent les quelques actes qu'il rédige et signe lors des mariages qu'il célèbre.

    Nous terminerons ce billet avec deux reproductions de tableaux. Le premier représente Benjamin Constant et le second Germaine de Staël en compagnie de sa fille Albertine.

    Divorce et télégraphe (2)Divorce et télégraphe (2)
     

     

     


  • Commentaires

    1
    quagliata
    Mardi 4 Février à 06:56

    Pas de médaille mais un article passionnant, je n'ai pas perdu au change

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