• Drame sur le Rhône

    Le Rhône, fleuve le plus impétueux du pays, occupe une place particulière dans l'histoire des villages qui le bordent, tel que Saint Pierre de Bœuf dont il a été souvent question sur ce blog puisque c'est là que se sont écoulées les premières années de ma vie avec mes parents, mes frère et sœur, cousins et autres proches.

    Le fleuve est porteur de vie puisqu'il procure du travail au pêcheurs et aux mariniers. Mais son flot peut aussi être cruel. La plupart de ceux qui le côtoient ne savent pas nager. Tel était sans doute le cas de Marie Rose Pessonneaux. Marie Rose est la petite fille de Jean et Benoite Crotte nos sosa 220 et 221.

    Elle est née le 15 août 1769 et a donc un peu plus de vingt ans en ce triste jour du 2 octobre 1789. Elle a épousé Jean Antoine Robert le 10 février de cette même année 1789.

    Lisons l'acte couché sur le registre de la commune par le vicaire Lardiere.

    Drame sur le Rhône

     

    le troisième octobre mil sept cent quatre vingt

    neuf à été inhumée dans le cimetière de St pierre

    le cadavre de marie rose pessoneau épouse de jean

    robert défuntée hier en lavant quelques

    linges dans un bateau se laissa glisser dans le fleuve

    du Rhône pour se lancer sur un bas qui lui avait

    échappé où elle a demeuré là près de trois quart d'heure

    sans qu'on l'ai aperçue d'où son beau frère

    Baudran l'a tirée morte et à qui a fait l'opération

    césarienne, le sieur Colongeon chirurgien à Boeuf a

    extrait de son sein un enfant femelle qui pouvait

    être de sept à huit mois, sans aucune marque de vie

    et ce en présence de françois Baudrant son beau frère

    de jean robert son oncle de pierre boucher son beau frère

    illettrés enquis de mathieu grenier témoin lettré et tous

    témoins de ? avec nous soussignés et de l'avis

    des messieurs de la justice de chavanay sous les yeux

    du pouvoir fiscal

    Ce texte nous apprend que Marie Rose était enceinte, que son futur enfant allait bientôt naître et que, malgré cela, elle exécutait les pénibles tâches de son ménage. Et la lessive au temps où se passent ces événements ne ressemblait pas à ce qu'on connait aujourd'hui. Pas de machine, une planche, un battoir et du savon et de l'huile de coude, en quantité.

    Voila toute la triste histoire de Marie Rose Pessonneaux et de son malheureux bébé.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :