• Génération III

    Cette carte donne la répartition géographique des ascendants de la génération III. En rose, la branche maternelle, en bleu la branche paternelle. Le lieu noté est celui ou réside le couple au moment de la naissance de l'enfant dont nous descendons.les professions sont aussi celles déclarées a ce moment. L'arbre lui même peut être consulté sur geneanet.org

    Génération III

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Branche maternelle 

    Bessey, Loire (42) :

    1 cultivateur

    1 ménagère

    Branche paternelle

    St Pierre de Bœuf, Loire (42):

    1 menuisier

    1 ménagère

  • Mireille, sœur, fidèle lectrice et plus rarement rédactrice de ce blog a eu l’excellente idée de rechercher le patronyme du malheureux héros de cette tragédie sur le monument aux morts de la ville de Viarmes, dont voici la liste des noms photographiée.

    tragédie grecque, complément d'enquête

     

    Constatant l'absence de Georges Albert, qui aurait dû apparaître sur le marbre sous la forme G BRETON, elle a alimenté la chronique familiale d'un commentaire fort pertinent ajouté au billet précédent.

    Cette erreur manifeste m'a toutefois interpellée car l’érection de monuments aux morts dans les communes après la guerre fût une affaire à laquelle la nation entière s'est consacrée. Tout fût fait avec le plus grand sérieux et cette oubli, pas absolument impossible, est tout de même étonnant. Je me suis donc adressé à mon ami Google

    qui m'a répondu ceci :

     tragédie grecque, complément d'enquête

     

     

    Ce monument, lui aussi dédié aux morts pour la France de la guerre de 14-18, se trouve au pied du clocher de l'église paroissiale St Pierre et St Paul à Viarmes.

    La liste des noms diffère un peu de celle du monument situé au cimentière dont la photo se  trouve au début de ce billet. L'ordre de la liste de la paroisse est vraisemblablement chronologique, sur les dates de décès, alors que l'autre est en ordre alphabétique. Certains noms sont présents sur un seul des deux monuments. Cela tient au fait que les limites de la paroisse ne sont pas exactement celles de la commune. Par exemple la mention PIROVANO H. sur le monument de l'église renvoie à Henri François Pirovano comme le montre sa fiche extraite de la base de donnée des soldats morts pour la France.

    tragédie grecque, complément d'enquête

     

    Il est né à Luzarches, tout près de Viarmes et le curé le connait apparemment comme paroissien, raison pour laquelle il se trouve sur la plaque de l'église. Son décès est enregistré à l'état civil de Paris où il résidait sans doute, raison pour laquelle il n'est pas présent sur le monument aux morts du cimetière. On le voit clairement, le curé et la municipalité avaient des sources différentes pour faire leur liste et vous le savez, si vous lisez attentivement ce qui est écrit sur ce blog, aucune source ne doit être négligée pour limiter les erreurs.

    Ceci va être démontré une nouvelle fois avec les deux porteurs du patronyme Breton morts pour la France. Les deux sont présents sur les deux monuments. la différence porte sur l'initiale de leur prénom, clairement un G sur le monument de l'église et ce qu'on prend pour un C sur l'autre. Vous l'avez compris, les C  du monument civil ressemblent beaucoup aux G. Pour vous en convaincre, comparez l'initiale du prénom de C/G Breton au G, première lettre du nom de C.Godard un peu plus bas sur le monument. Sa position sur le monument entre les lettres D et H fait qu'il ne peut s'agir que de Godard et non Codart. Et le G qui débute ce nom ressemble comme un frère à l'initiale du prénom de G/C Breton. Il est donc inutile de chercher longuement un C.Breton, vivant à Viarmes mort pour la France, car c'est bien le nom de notre cousin Georges Albert Breton qui est gravé sur les deux monuments.

    L'étude des différences entre les deux monuments serait à elle seule un passionnant projet, mais il y a deux conditions à remplir pour le mener à bien, la première est de disposer de longues heures et la seconde de refaire un photo du monument de l'église en déplaçant le pot de fleurs vers la gauche afin de pouvoir lire tous les noms de la liste. Qui sait, peut-être y a-t-il là, derrière les roses, un Charles Breton qui attend son tour pour entrer en scène.

    Je ne peux m’empêcher, pour conclure ce billet où il est question, pour la première fois je crois sur ce blog, de monuments aux morts, d'évoquer le film de Bertrand Tavernier, "La vie et rien d'autre" dans lequel un commandant interprété par un Philippe Noiret magistral s’attelle à l'immense tache d'identification des morts sur les champs de bataille en collectant les effets personnels dispersés. Il s'agit d'une fiction que je crois fidèle à ce que fut la période d'après guerre, celle pendant laquelle ces monuments qu'on trouve dans chaque village ont été érigés. je me souviens en particulier de deux représentants d'une commune qui sont désespérés car aucun ressortissant de celle-ci n'étant mort au combat, il ne peuvent ériger de monument. Si vous ne connaissez pas ce film, je vous le recommande.

     


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  • Les grecs ont inventé la tragédie quelques siècles avant Jésus christ, mais si celle dont il va être question dans ce billet se déroule bien sur les terres helléniques, elle est bien plus récente puisque son cadre général est la guerre dite grande, celle de 14-18. Elle se déroule en deux actes à Skra di Legen, un piton fortifié tenu par l’armée bulgare, alliée de l’Allemagne. Une coalition comprenant des grecs et des français tente de prendre la position. Le premier acte, en mai 1917 n’est pas décisif, chaque camp reste sur ses positions qu’il renforce. Un an plus tard, lors du second acte, en mai 1918, après de durs combats, l’armée bulgare est vaincue. Cette victoire des alliés précipitera la capitulation de la Bulgarie.

    Vous vous demandez sans doute ce que cette description succincte d’une bataille dont le nom est marqué sur le drapeau des régiments qui y ont participé vient faire dans un blog dédié à la généalogie de la famille Bonneton. La raison est toute simple, il y avait sur le champ de bataille un cousin de Jeanne Joséphine Breton, dont les quadragénaires de la famille de l’auteur de ces lignes et, évidemment, ceux qui sont nés avant, se souviennent sans doute puisqu’elle était la mère de Georges Bonneton.

    Georges Albert est le fils d’Albert Léon Breton et de Berthe Alexandrine Dambreville, il est né à Viarmes le 12 mai 1896

    Voici son acte de naissance.


    Tragédie grèque 

    L’an mille huit cent quatre-vingt-seize, le

    douze mai à sept heures du soir, par devant

    nous François Augustin Croix maire et officier

    de l’état civil de la commune de Viarmes

    arrondissement de Pontoise (Seine et Oise) a

    comparu M.Albert Léon Breton, caoutchoutier

    âgé de vingt huit ans, demeurant à Viarmes,

    lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin

    qu’il nous a dit être né aujourd’hui en son

    domicile, à midi, de lui et de Bethe Alexandrine

    Dambreville ; son épouse, sans profession, âgée de

    dix-neuf ans avec laquelle il demeure et auquel

    enfant il a donné le prénom de Georges

    Albert. Les dites déclaration et présentation ont

    été faites en présence de MM Alfred Eugène Breton,

    âgé de trente-quatre ans et Guillaume

    Tréhorel, âgé de trente deux ans, tous deux caout-

    choutiers, et demeurant à Viarmes. Etant, le

    déclarant et les témoins ont signé avec nous le

    présent acte après lecture faite

    Le vingt-huit mai 1918, Georges Albert vient juste d’avoir vingt-deux ans lorsqu’il est tué lors de la bataille de Skra di Legen évoquée plus haut.

    C’est par sa fiche matricule que nous nous apprenons sa mort.

    Tragédie grèque

    Cette fiche nous en apprend aussi un peu plus sur lui et sur son parcours sous les drapeaux.

    Georges Albert n’était pas exactement ce qu’on appelle un colosse, il mesurait 1 mètre 60, avait les cheveux blonds et les yeux bleu clair, peut-être un peu comme mon père Georges Bonneton.

    Son état physique a fait qu’il a été classé lors du conseil de révision, en 1915, dans la cinquième partie, celle où l’on trouve les conscrits mesurant moins d’un mètre cinquante-quatre et ceux jugés trop faibles. Le mot faiblesse est d’ailleurs mentionné sur la fiche matricule. Les conscrits de cette cinquième partie des listes peuvent être ajournés jusqu’à deux années de suite. Mais la guerre de position cause de telles pertes qu’en 1916, Georges Albert se retrouve, comme par magie dans la première partie de la liste et est mobilisé en août.

    Il est donc mort au front quelque part au nord de la Grèce tout près de la frontière avec la Macédoine d’aujourd’hui. Ce front d’orient est un peu l’oublié de la guerre de 14-18 qui évoque plutôt Verdun ou les combats de la Somme.

    Pourtant de nombreux jeunes gens ont été sacrifiés dans ces montagnes des Balkans qui furent de tout temps et, jusqu’à un passé récent, le foyer de conflits meurtriers.

    Georges Albert se trouve aussi dans la base de données des soldats morts pour la France qui est accessible sur internet. Voici la fiche qu’on trouve à son nom :

    Tragédie grèque

    Cette fiche nous donne plus précisément l’affectation de Georges Albert. Là où la fiche matricule mentionnait la très générale « armée d’orient », elle précise « 1er régiment de marche d’Afrique ». La mention 4eme Zouave semble avoir été ajoutée après la rédaction de la fiche. L’heure du décès, 15h est aussi mentionnée.

    L’affectation au 1er régiment de marche d’Afrique nous permet de consulter le journal de marches et d’opérations (JMO) de ce régiment.

    Tragédie grèque

    Voici ce qu’on trouve dans ce document au mois de 28 mai 1918 :

    Tragédie grecque

     

     

    Georges Albert Breton appartient à la 6eme compagnie qui fait partie du second bataillon du 1er régiment de marche d'Afrique. Sur ordre du commandement, le bataillon se déplace pour participer à l'offensive prévue contre les forces bulgares. Après une étape près de Kupa le 26 mai, la 6eme compagnie s'installe au sud du signal d'Osin dans un lieu nommé yegoura.

    A l'exception de yegoura qui est resté introuvable, ces noms, ou une forme proche, apparaissent sur les cartes ci-dessous. La première montre les forces en présence. En l'absence de date, il n'est pas certain que la position des unités correspondent à la période qui nous intéresse. La seconde est extraite d'une carte d'état-major datant de 1890.

    Tragédie grèque

      

    Tragédie grèque

     

    Nous retrouvons sur la page du JOM, à la date du 28 mai, le décès de Georges Breton. Trois soldats sont blessés et , avec Georges Albert, deux autres sont tués ce jour là, Louis Moutier et Léon Maurisset. Je n'ai pas trouvé de fiche pour le premier dans la base de donnée des soldats morts pour la France. Voici celle de Léon Maurisset :

    Tragédie grèque

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    On voit que lui aussi est mort à 15 heures. Les circonstances de ces décès ne sont pas précisées, mais cette simultanéité, laisse penser qu'un obus bulgare s'est abattu sur leur position.

    D'autres soldats tomberont le lendemain, le jour de l'offensive.

    Après la guerre, à Zeïtenlick, une nécropole à accueilli les tombes des soldats morts au combat, dont 8089 français. Dans le cadre des commémorations du centenaire de la guerre de 14-18, le consulat général de France à Thessalonique a relevé les noms de ces soldats et a mis en ligne la liste, mais le nom de notre lointain cousin ne s'y trouve pas. Son corps a peut-être été rapatrié en France.

    Pratiquement tous ceux qui lisent ces lignes n'ont pas connu la guerre, au moins dans notre vielle Europe. Ayons donc une pensée pour Georges Albert Breton et pour tous ceux qui virent leur jeunesse cueillie par la folie des  hommes.

    Soyons aussi vigilant pour que tous les populistes qui aspirent au pouvoir et maintenant l'atteignent parfois, ne nous replongent pas dans une période sanglante lorsqu'ils cesseront de se congratuler, dans l'euphorie de leurs succès électoraux.

     


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  • Si vous avez suivi les échanges de messages sur le forum des pages 14-18, vous savez que la reconstitution du parcours de Paul Bonneton rencontre quelques difficultés. La cohérence des informations de sa fiche matricule est en cause et, avant de passer à l'analyse des journaux de marche et d'opération, dans la mesure où il sont disponibles, il faut d'abord avoir identifié avec certitude les unités dans lesquelles Paul à servi.

    Même la date de la photo de Paul avec son épouse, ou sa future épouse, n'est pas certaine puisque certaines caractéristiques de l'uniforme qu'il porte conduisent à des dates différentes. En effet, les membres du forum ont commenté cette photo et si l'absence de chevron sur le haut de la manche gauche -les poilus en cousaient un pour chaque année passée au front- milite pour une date de prise de vue en 1915, la couleur du pantalon fait plutôt penser à une date plus tardive. Mais comme ni la coupe de la vareuse ni la coiffe, un béret, ne sont réglementaire, aucune conclusion définitive n'est possible.

    Afin d'apporter de nouvelles informations, au risque de compliquer encore la situation, j'ai examiné d'autres pages du carnet, celles où sont notées les coordonnées de personnes avec lesquelles Paul fut, à un moment de sa vie en relation, dans l'espoir d'y trouver des noms de soldats l'ayant cotoyé. Voici la première de ces pages, la douzième du carnet :

    Le carnet de Paul Bonneton (V) Anatole Loubeau, un ami du 36eme RAC

    la treizième :

    Le carnet de Paul Bonneton (V) Anatole Loubeau, un ami du 36eme RAC

     la quatorzième :

    Le carnet de Paul Bonneton (V) Anatole Loubeau, un ami du 36eme RAC

     et enfin la quinzième :

    Le carnet de Paul Bonneton (V) Anatole Loubeau, un ami du 36eme RAC

    Certaines de ces pages nous sont déjà connues puisque nous y avons trouvé les coordonnées de Charles Mortimore et de Henry Breton dont il a été question à de multiples reprises sur ce blog.

    De nombreuses autres concernent la période militaire de la vie de Paul.

    Par exemple sur la douzième pages, Paul a noté J.Pessonneaux, 241 d'artillerie, 28eme batterie. Mais Pessonneaux est un patronyme très répandu dans la Loire, région d'origine de Paul et il s'agit vraisemblablement d'une de ses connaissances d'avant sa mobilisation plutôt que d'une personne rencontrée sur le front.

    D'autres lignes contiennent trop peu d'informations pour espérer identifier la personne. Notons au passage qu'il y a même un certain Georg Schütz, indiscutablement allemand puisque résident à Ensdorf près de Sarrelouis, ville mentionnée à deux reprises dans le carnet. Voila un autre mystère qu'il va falloir éclaircir, ou au moins tenter de le faire, plus tard...

    Pour ce qui concerne la recherche de compagnons militaires de Paul, la piste la plus intéressante se trouve sur la page 13 du carnet. Anatole Loubeau y apparaît deux fois. La première avec une adresse dans les Deux-Sèvres et la seconde avec une adresse qui ressemble à une localisation militaire, un peu comme si les routes de Paul et d'Anatole s'étaient séparées et qu'ils avaient souhaité échanger leurs coordonnées afin de continuer à correspondre.

    La première adresse permet de retrouver Anatole Loubeau dans les registres matricule des Deux-Sèvres. Voici la fiche matricule d'Anatole, l'ami de Paul :

    Le carnet de Paul Bonneton (V) Anatole Loubeau, un ami du 36eme RAC

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Anatole Loubeau, né à Faye-l'abesse en 1882 réside bien à Louin, ville noté par Paul dans son carnet. Il est l'aîné de Paul, né en 1889. Il est bien, comme Paul, passé par le 36eme régiment d'artillerie de campagne, même si j'ai du mal à déchiffrer l'année de son arrivée dans cette unité, à cause de cette malheureuse manie qu'avaient les scribes de l'époque de former leur chiffres de la façon la plus bizarre possible. Gageons que les experts en questiond militaires du forum saurons extraire de cette fiche tout ce qui pourrait nous aider à reconstituer le parcours de Paul.

    Mail il y a mieux encore. Anatole Loubeau a un descendant qui partage ma passion pour la généalogie et qui a posté sur Geneanet un arbre sur lequel Anatole porte le n° Sosa 24. En clair, ce passionné a Anatole Loubeau comme arrière-arrière grand père, j’imagine donc qu'il doit être nettement plus jeune que moi... Je vais lui envoyer un message en lui racontant mon histoire, ou plutôt ce que nous savons de celle de Paul. Avec un peu de chance, il disposera d'informations sur la carrière militaire de son aïeul et, pourquoi pas, sur les relations qu'il avait avec Paul.

    Donc à bientôt pour de nouvelles aventures.

     


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  • Les recherches sur le parcours de Paul pendant la grande guerre commence à peine et déjà la première énigme !

    Selon sa fiche matricule, il est arrivée sur le front le 20 février 1915 au 36eme régiment d'artillerie de campagne puis a été muté, le 15 août de la même année au 113eme régiment d'artillerie lourde hippomobile.

    Pourtant sur la photo que nous avons de lui, en compagnie de Jeanne Joséphine son épouse que nous pensions dater de 1919, on voit clairement sur le col de sa vareuse l'insigne du 36eme RAC.

    Il faut donc remettre en cause soit le n° régiment soit la date de la photo.

    La guerre de 14 18 passionne de nombreux chercheurs et j'ai soumis mon problème sur le forum http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Pages-d-Histoire-Artillerie/Artillerie/bonneton-36eme-113eme-sujet_2476_1.htm

    Plusieurs membres se penche sur la question et l'un d'entre eux me signale que le lien que j'ai mis dans mon message vers la fiche matricule Paul ne fonctionne pas.

    Comme Eklablog accepte une meilleure résolution que le forum, je place ici la fiche elle même.

     Le carnet de Paul Bonneton (IV)

     

    Le carnet de Paul Bonneton (IV)

     Vous pouvez bien sûr suivre aussi le sujet sur le forum en question, vous ne serez pas déçu...


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  • Nous allons tourner dans ce billet quelques nouvelles pages du carnet de Paul Bonneton et dresser le cadre géographique dans lequel il a vécu la guerre de 14 18.

    Voici les pages en question.

    Le carnet de Paul Bonneton (III)

     

    Le carnet de Paul Bonneton (III)

     

    Le carnet de Paul Bonneton (III)

     

    Le carnet de Paul Bonneton (III)

    Ces quatre pages comportent cent seize noms de lieu soigneusement notés sur deux colonnes. En plus de ces noms apparaissent, au droit de certains la mention « 1ere permission », « 2eme permission » et ainsi de suite jusqu’à la 11eme permission, ce qui ne laisse aucun doute sur la signification de cette liste. Il s’agit bien des lieux où Paul s’est trouvé pendant cette guerre. Une autre indication, entre 105eme et 106eme noms de lieu, « Lenoncourt » et « Couture », semble être composée des lettres A et L imbriquées qui signifie peut-être Allemagne. Mais le sens de cette mention reste un mystère, au moins pour le moment.

    Avant de rapprocher cette liste de lieux des journaux de marches et opérations mis en ligne par les archives militaires, afin de dater les étapes de cette longue liste et d’imaginer, autant que possible, les actions dans lesquelles Paul a été impliqué, il fallait identifier ces lieux et les positionner avec le plus de précision possible sur une carte.

    Le tableau qui suit est une transcription des pages du carnet. La première colonne est un simple numéro d’ordre, la seconde donne le symbole qui représentera le lieu sur la carte, suivi de la couleur du lien vers le lieu suivant, couleur qui change après chaque permission, la quatrième colonne est le nom tel qu’il apparait sur le carnet. On trouve ensuite dans la cinquième colonne, le nom du même lieu tel qu’il est porté sur les cartes IGN d’aujourd’hui, fruit de recherches parfois laborieuses. Enfin, les colonnes six à huit donnent le département puis les coordonnées du lieu. Certains lieux n’ont pas pu être identifiés. Ils le seront peut-être grâce aux journaux de marche.

    Le carnet de Paul Bonneton (III)

     

    Le carnet de Paul Bonneton (III)

    On peut aussi s’interroger sur la présence de Viarmes parmi les lieux notés sur le carnet. On se doute que Paul connaissait ce village puisque Jeanne Joséphine, sa future épouse y résidait, mais il est étonnant qu’il y ait séjourné en tant que soldat hors permission. Je n’ai trouvé nulle part trace de combat à proximité de Viarmes. Tout au plus, au début de la guerre, lorsque l’avancée rapide des assaillants en direction de Paris a fait craindre une menace pour la capitale, a-t-on creusé quelques tranchées entre Viarmes et Belloy en France. Ces tranchées dont les vestiges ont été découverts récemment faisaient partie d’un système de défense encerclant Paris, mais elles semblent ne jamais avoir été utilisées. Et la position de Viarmes sur la 98eme ligne du carnet, après sa huitième permission font plutôt penser à 1918 qu’a 1914. La présence de villes allemandes dans cette liste est aussi étonnante. La reddition allemande a été signée avant que la retraite des troupes du Kaiser permette aux alliés de passer la frontière, si on se fie à ce qu’en disent les historiens. Espérons que l’exploitation des journaux de marche apportera une réponse à ces questions.

    Voici, enfin, la carte promise. Autres détails à propos de cette carte, le lien qui relie deux lieux avant et après une permission est en trait pointillé noir, car il se peut que l'unité à laquelle appartenait Paul se soit déplacé pendant sa permission. Certains lieux sont si proches qu'ils sont représentés par un seul symbole sur la carte. Enfin, le trait qui relie deux ville n'indique bien entendu pas le chemin réellement suivi par les soldats.

    Le carnet de Paul Bonneton (III)

    Vous avez du mal à suivre Paul dans ses pérégrinations sur la carte ? Pas de panique ! Il ne s’agit pour le moment que de situer tous ces lieux sur une carte du nord-est de la France. Sans entrer dans le détail, on voit clairement que Paul a combattu dans l’Oise, dans la Meuse et dans l’Aisne.

    Maintenant que le décor est planté, nous allons pouvoir nous intéresser aux évènements qui s’y sont déroulés.


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