• Génération VII

    Cette carte donne la répartition géographique des ascendants de la génération VII. En rose, la branche maternelle, en bleu la branche paternelle. Le lieu noté est celui ou réside le couple au moment de la naissance de l'enfant dont nous descendons. les professions sont aussi celles déclarées à ce moment. L'arbre lui même peut être consulté sur geneanet.org

    Génération VII

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Branche maternelle 

    Bessey, Loire (42) :

    1 laboureur

    1 vigneron

    4 non définies

    St Just en Doizieu, Loire (42) :

    2 non définis

    St Pierre de Bœuf, Loire (42):

    1 vigneron

    3 non définis

    Roisey, Loire (42)

    2 non définis

    Lyon St Nizier, Rhôme (69)

    1 tondeur de drap

    1 non définie

    2 restent à identifier

    2 sont impossibles à identifier (parents d'enfant

    abandonné)

     

    Branche paternelle

    Limony, Ardèche (07) :

    2 non définis

    St Pierre de Bœuf, Loire (42):

    1 bennier

    1 cultivateur

    1 vigneron

    3 non définies

    Lupé (42)

    4 non définis

    Maclas, Loire (42) :

    1 laboureur

    1 menuisier

    2 non définies

    St Martin du tertre, Val d'Oise (95) :  

    1 manouvrier

    1 non définie

    Belloy en France, Val d'Oise (95) :

    1 charrettier

    1 non définie

    Asnière sur Oise, val d'Oise (95) :

    1 manouvrier

    1 non définie

    Le mesnil en Thelle, Oise (60) :

    1 couvreur en chaume

    1 non définie

    St Carreuc, cote d'Armor  (22) :

    2 laboureurs

    4 non définis

    St Brieuc, Cote d'Armor (22) :

    1 soldat vétéran

    1 non définie

     

     

  •  

    Le billet précédent consacré à ce mariage entre cousin et cousine nous avait laissé avec deux couples.

    Dans la branche des descendants de Philippe Toquiny, il s’agissait de Pierre Antheaume et Marie Jeanne Dépied. Dans l'autre branche, celle des descendants de François Toquiny, c'était Hugues André et Magdelaine Jeanne Dinary.

    Avançons un peu dans le temps pour traiter les deux branches à la génération VIII.

    Du coté de la branche de Philippe Toquiny, c'est jean le fils de Pierre Antheaume et Marie Jeanne dépied, enfant unique du couple qui nous intéresse. Notons toutefois que Jean aura plusieurs demi-frères et demi-sœur, issus du second mariage de son père avec Marguerite Hersan.

    L'acte est lisible, manque seulement l'année, 1737.

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II)

    Jean épouse en 1764 Marie Jeanne Davanne

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II)   

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II)

    L’an mil sept cent soixante quatre le lundi neuvième

     jour du mois de juillet après la publication des bans entre Jean

    Antheaume majeur fils de défunt Pierre Antheaume et de

    défunte Marie Jeanne Depied de cette paroisse demeurant

    depuis plusieurs années d’anguien (Enghien ?) diocèse de Paris

    d’une part et Marie Jeanne Davanne mineure fille de Louis

    Davanne tonnelier et de défunte Anne François de cette paroisse

    d’autre part faite au prône de la messe paroissiale en cette

    paroisse et en celle dudit Anguien les dimanches treize

     vingt et vingt sept mai de la présente année sans

    qu’il se soit trouvé aucun empêchement ni civil ni

    canonique vue le certificat du Sr  curé d’Anguien en date

    du vingt huit juin dernier, je soussigné prêtre vicaire

    de cette paroisse ai reçu après les fiançailles célébrées le

    jour d’hier ce jour d’hui en cette église leur mutuel

    consentement et leur ai donné la

    bénédiction nuptiale avec les cérémonies pressenties par la ste

    église. Le dit Jean Antheaume assisté de Nicolas Antheaume,

    jardinier et de Jean Voisin vigneron ses oncles la dite

    Marie Jeanne Davane assistée du dit Louis Davane

    son père et de Charles Polet tisserand son

    beau frère tous de cette paroisse témoins

    soussigné avec nous le dit époux la dite épouse a

    déclaré ne savoir signer de ce interpellé suivant

    l’ordonnance

    La situation dans la branche issue de François Toquiny est étrangement similaire à celle de l'autre branche, Marie Prime est fille unique du couple Hugues André et Magdelaine Jeanne Dinary. Nous lui connaissons une demi-sœur issue du remariage de son père avec Anne Petit. Voici l'acte de naissance de Marie Prime, née en 1740 :

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II) 

    Marie Prime épouse en 1764 Jean Pierre Beaucé

     un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II)

     

    La septième génération, celle du dénouement de cette histoire voit la naissance de Nicolas Victor Antheaume, fils de Jean et Marie Jeanne Davanne et descendant de Philippe Toquiny et Marie Bimont, ses trisaïeuls.

     un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II)

    L’an mil sept cent soixante seize le dimanche vingt

    et unième jour du mois de juillet a été baptisé par moi

    prêtre vicaire de cette paroisse soussigné un garçon

    nommé Nicolas Victor né hier du légitime mariage

    de Jean Antheaume vigneron et de Marie Jeanne

    Davanne sa femme ses père et mère de cette paroisse.

    Le parrain Jean Nicolas Davanne fils de Jean Davanne

    laboureur. La marraine Françoise Bretteville

    fille d’Etienne Bretteville vigneron tous de cette

    paroisse le parrain a soussigné la marraine a déclaré

    ne savoir signer de ce interpellée selon l’ordonnance

    Un peu plus d'un an plus tard, naît Marie Anne Julie Beaucé, fille de  de Jean Pierre  et Marie Prime André et descendante de François Toquiny et Nicole Douceur, ses trisaïeuls.

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II) 

    L'an mil sept cent soixante dix sept le huit décembre a été

    baptisée par moi curé soussigné une fille née aujourd'hui du

    légitime mariage de Jean Pierre Beaucé et de Marie

    Prime André nommée Marie Anne Julie par Jean Baptiste Hervin

    parrain et Marie Anne Lebel marraine qui ont déclaré ne savoir

    signer.

    Et, probablement en ignorant leur lointain cousinage et à coup sûr sans savoir que leur décision alimenterait ce long pensum sur un truc que même Nostradamus n'avait pas imaginé et que nous nommons Internet, Nicolas Victor Antheaume et Marie Anne Julie Beaucé convolent en juste noces .

     un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II)

     un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II)

     un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II) 

      un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II)

      un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II)

     un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II)

      

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II)

     

    Aujourd'hui vingt pluviose an

    sept de la République françoise une et indivisible

    heure de midi par devant moi Louis Claude Le Flamand

    agent municipal de la commune de Luzarches

    département de Seine et Oise autorisé par

    l'article quatre de la loi du treize fructidor

    dernier à remplir les fonctions d'officier de l'état

    civil en l'absence du président de l'administration

    municipale du canton de Luzarches quant à la

    célébration des mariages accompagné du secrétaire

    de la dite administration sont comparus au lieu

    de la réunion décadaire pour contracter mariage

    d'une part nicolas victor antheaume âgé de

    vingt deux ans domicilié à Viarmes de

    canton fils de Jean Antheaume vigneron et de

    marie jeanne davanne son épousetous domiciliés 

    au dit lieu de viarmes d'autre part marie anne

    julie beaucé âgée de vingt un ans domiciliée

    à asnières autre commune de ce canton

    fille de jean pierre beaucé menuisier et de 

    défunte marie prime andré les quels futurs

    conjoints étaient accompagnés de jean

    antheaume père du futur  jean pierre beaucé

    père de la future jean nicolas davanne

    cultivateur ami du futur âgé de trente cinq 

    ans jean louis antheaume frère du futur âgé

    de trente trois ans tous deux demeurant à viarmes

    jacques nicolas guibert âgé de vingt un ans

    accomplis cousin de la future demeurant à

    asnières 

    Moi louis claude le flamand après avoir

    fait lecture en présence des parties et des

    témoins 1° de l'acte de naissance du

    dit nicolas victor antheaume en date du 

    vingt un juillet mil sept cent soixante

    douze qui constate qu'il est né au dit lieu

    de viarmes le vingt dudit mois du dit mariage

    légitime entre jean antheaume et marie

    jeanne davanne 2° de l'acte de naissance

    de marie anne julie baucé en date du

    huit décembre mil sept cent soixante dix

    sept portant qu'elle est est née à asnière

    du légitime mariage de jean pierre

    beaucé et de marie prime andré 3°

    de l'acte de publication de promesse de

    mariage entre les futurs

    conjoints dressé par le citoyen charles

    prevost agent municipal de la commune

    d'asnières le dix spet pluviose

    présent mois afiché le même jour

    à la parte exterieure de son domicile 4°

    de l'acte de publication de promesse de

    mariage entre les dits futurs conjoints dressé 

    par le citoyen jean françois leclerc agent

    municipal de la commune de viarmes

    le dix huit du présent mois affiché le même

    jour à la porte principale de la maison

    d'hospice au dit viarmes les dits actes dûment 

    certifiés par lesdits agents susnommés et qu'il

    n'est survenu aucune opposition après aussi

    que nicolas victor antheaume et marie

    anne julie baucé ont eu déclaré à 

    haute voix se prendre mutuellement pour

    époux j'ai prononcé au nom de la loi

    que nicolas victor antheaume et  marie

    anne julie baucé sont unis en mariage

    et j'ai rédigé le présent acte que les

    témoins susnommés ainsi que le secrétaire de

    la dite administration ont signé avec moi agent

    municipal susnommé.

    Nous sommes en 1799, bien des choses ont changées, beaucoup de têtes sont tombées, dont certaines couronnées. Le curé, qui pendant près de deux siècles a tenu les registres paroissiaux à laissé sa place à un représentant de l'état. Les actes ont perdu en concision mais sont rédigés plus rigoureusement, ont fait référence, par exemple, aux actes de naissance pour les mariages. L’orthographe des noms de famille va enfin se stabiliser ! Le calendrier est devenu républicain, chaque mois comprend trois décades.

    La France est en guerre contre une coalition européenne. Pour permettre aux jeunes hommes d'échapper à le conscription, qui ne concerne que les célibataires, de faux mariages sont célébrés, parfois avec une future épouse âgée de 80 ans, éventuellement grand-mère du futur époux ou avec un homme déguisé. Des registres d'état civil sont forgés. Pour éviter cela, l'état décide en l'an VI que les mariages seront désormais célébrés au chef lieu de canton, où l'officier d'état civil est supposé plus apte à résister à la tentation de rendre service à ses concitoyens pour éviter l'armée. Mais rien n'y fait les habitudes sont trop fortes, les français continuent de vire au rythme de la semaine de sept jours. les mariages seront de nouveau célébrés dans les communes dès l'an VIII et le calendrier républicain sera abandonné en 1806.

    Les époux habitent respectivement Asnières et Viarmes mais le mariage est donc célébré à Luzarches, chef lieu du canton. De toute façon le mariage entre Nicolas Victor et Marie Anne Julie n'avait rien de fictif, ils eurent une descendance, ce qui est plutôt une bonne chose, au moins pour celui qui écrit ces lignes et bien d'autres...

    Même lointain, le cousinage entre les époux affecte leur taux d'implexe ainsi que celui de tous leurs descendants. Ceux qui ignore ce qu'est exactement ce taux d'implexe peuvent lire le billet que j'ai écrit il y a quelques années. Ils peuvent aussi demander de l'aide à google, mais cette tentative risque d'augmenter la confusion. En effet l'étymologie du mot semble n'avoir que peu de rapport avec la généalogie. Le mot décrit une intrigue très complexe, en particulier dans une œuvre littéraire. A défaut d'un terme plus approprié, les généalogistes auraient donc utilisé celui, mais c'est comme ça que vivent les langues.

    La littérature, c'est bien mais les mathématiques ont aussi leur charme.

    Le doublon dans l'ascendance des jeune mariés de 1799 se trouve à la génération 12 de la généalogie alors qu'eux sont de la 7. Donc au lieu des 32 aïeux attendus à la génération 12, ils n'en ont que 30, ce qui fait un taux de 6,25%. Comme ce taux est divisé par deux pour chaque nouvelle génération, l'auteur de ces lignes voit son propre taux d'implexe augmenter de 0,0489%. Bien sûr, il faut ajouter à ce taux ceux "apportés" par les autres branches de l'ascendance pour obtenir le taux global.

    Je vous propose une mise à jour du diagramme que j'avais inséré à la fin de la première partie de ce billet.

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II)

      

    Il est temps de mettre un point final à ce billet. Mais au fait, il y a cette histoire de trompettistes dans le titre que j'ai failli oublier. Heureusement que les lectrices et lecteurs de ce blog sont plus sérieux que moi.

    Il va néanmoins falloir attendre un peu pour qu'ils entrent en scène avec leur instrument. Une semaine environ, ça va dépendre de mon courage. Et je vous suggère de participer pendant la semaine en question à un jeu richement primé, comme toujours sur ce blog.

    Il faudra répondre à la question suivante "qu'est ce que c'est que cette histoire de trompettistes?". La question est sans doute un peu ouverte mais, croyez moi, il ne faut jamais reculer devant les difficultés. Vous trouverez des indices dans l'arbre généalogique publiés par mes soins sur Geneanet

    Bonne chance aux joueurs !


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  • Il y a bien longtemps que je n’ai pas sollicité dans ce blog vos méninges sur un de ces cas dont raffolent les généalogistes. Même si vous n’avez pas prêté attention au titre de ce billet, vous avez sans doute déjà compris qu’il va être question d’implexe. Alors cramponnez-vous, ça va tanguer un peu…

    C’est au tout début du XVIIème siècle que cette histoire commence. Nous n’avons pas de trace de la naissance des époux Philippe Toquiny et Magdelaine Departon. Ce couple appartient à la douzième génération, l’auteur de ces lignes étant membre de la première. Nous n’avons d’eux comme trace que les actes dressés à leur décès.

    Voici celui de Philippe :

    implexe Val d'Oisien et trompetistes

     

    le dix-septième audit an françois toquiny âgé

    de soixante et douze ans environ décédé le seizième

    dudit de mars et inhumé le lendemain dans le cimetière

    dudit lieu par moi prêtre curé soussigné avec service

    complet la tour en présence de  philippe et françois

    toquiny enfants dudit défunt et jacques davanne pierre

    toquiny jacques compagnon henry riet tous parents

    et amis et du vicaire de seugy et balise floquet

    clerc soussigné les marques de ce ?

    christophe toquiny jacques davanne jacques

    compagnon henry riet blaise floquet clerc

    jouenne vicaire signé bisset curé avec paraphe

    et celui de Magdelaine Departon

    implexe Val d'Oisien et trompetistes

    magdelaine parton veuve de françois toquiny

    décédée du jour d’hier sixième jour de mai étant âgée

    de quatre-vingt quatre ans ou environ et fut inhumée

    le lendemain dudit jour par moi curé de viarmes

    assisté de monsieur le vicaire et de pierre bachevillier

    clerc en présence de mmr françois philippe sébastien et

    chistophe toquiny ses enfants qui ont signé

    toquiny christophe toquiny henry riet

    avec paraphe

    bisset curé avec paraphe

    François Toquiny a 72 ans à son décès en 1677, il est donc né vers 1605. Magdelaine Parton, ou Departon est née vers 1603 puisqu’elle à 84 ans lors de son décès en 1687. Ces dates de naissance sont à prendre avec prudence car les âges notés sur les actes de décès sont souvent fantaisistes. Les registres paroissiaux ne permettront de toute façon pas de confirmer ou d’infirmer ces dates puisqu’ils sont très rarement remplis au début du siècle. Par exemple, à Viarmes, où semble avoir vécu le couple, les premiers datent de 1613.

    Un autre détail ne vous aura sans doute pas échappé, l’année n’est mentionnée dans aucun des actes de décès. C’est très fréquent dans les registres paroissiaux, le curé mettait à la suite les actes d’une année sans la répéter dans chaque acte, ce qui oblige le chercheur à remonter, parfois plusieurs pages en arrière, pour connaitre l’année de l’évènement. Plus gênant encore, la copie conservée d’un acte isolé ne contient pas une information de la plus haute importance. Celui qui utilise les informations trouvées dans un arbre construit par un tiers et qui souhaite en vérifier la source n’a pas d’autre solution que de revenir au registre et de refaire la recherche en amont. Les curés d’antan ne se doutaient sans doute pas que leur paresse allait, pour l’éternité, empoisonner la vie d’une foule de gens ! N’oublions pas toutefois que ce travail de scribe leur était imposé depuis peu par les autorités royale et religieuse, que n’en voyant pas forcément l’intérêt, il le faisait sans doute de plus ou moins bonne grâce.

    Revenons à la famille Toquiny, plus précisément à la génération XI. Nous savons que le couple a eu au moins quatre fils, ceux-là même qui sont présent à l’inhumation de leur mère. Nous allons nous intéresser plus particulièrement à deux d’entre eux, Philippe et François.

    Il semble que philippe soit l’ainé des deux, mais un doute subsiste puisque son acte de naissance est introuvable, tout comme celui de François d’ailleurs.

    L’acte le plus ancien dans lequel apparait Philippe est celui de son mariage avec Marie Bimon.

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompetistes

    le mardi 26eme jour du mois de mars

    1669 a été solennisé le mariage

    d’entre philippe toquiny et marie

    bimon tous deux de cette paroisse en

    présence de leur parents et amis lesquels

    ont signé

    Nous disposons aussi de l’acte de Décès de Philippe Toquiny

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompetistes

    philippe toquiny âgé de soixante et quinze

    ans ou environ mort d’hier quatorzième

    de juin a été inhumé le lendemain dudit jour

    dans le cimetière de céans par moi prêtre

    curé soussigné en présence de sébastien toquiny

    son frère de françois toquiny son fils de charles

    magnan ami qui ont signé.

    L’acte a été dressé le 14 juin 1710 et c’est grâce à l’âge déclaré du défunt, 75 ans, que nous avons estimé sa naissance en 1635.

    Passons maintenant à l’autre fils, François. Et là, c’est encore pire puisque nous n’avons ni acte de naissance ni acte de mariage !

    Nous devrons donc nous contenter de son acte de décès.

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompetistes

      

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompetistes

     

    françois toquiny marchand de vin âgé de cinquante-cinq ans, décédé

    du jour d’hier quatrième de décembre, inhumé le lendemain par moi prêtre

    curé en présence de philippe christophe et sébastien toquiny les

    frères de henry riet riet et de denis douceur ?? qui ont signés

    signé bisset curé avec paraphe

    Malgré l’absence d’acte de mariage, nous sommes certains que François a bien épouse Nicole Douceur. Les nombreux enfants qu’a eu le couple sont là pour le prouver.

    François est décédé en 1693 à l’âge de 55 ans, son année de naissance estimée est donc 1638.

    Une question devrait normalement venir à l’esprit du lecteur. Philippe et François Toquiny sont-ils bien les enfants de Philippe et Magdelaine Departon ? Après tout il y a d’autre porteur du patronyme Toquiny dans la région et aucun acte ne relie directement la génération des frères aux supposés parents.

    En fait il n’y a pas de certitude mais de très sérieuse présomptions. Celles-ci sont basées sur les personnes citées dans les actes. Quatre enfants témoignent au décès de Magdelaine Departon, deux d’entre eux sont aussi témoins au décès de François Toquiny, le père, et un troisième signe, même s’il n’est pas mentionné dans l’acte comme enfant du défunt. On en retrouve encore deux au décès de Philippe, le fils. Et aussi deux au décès de François, le fils. Nous avons donc bien à faire à une fratrie. Pour que ces frères ne soient pas les enfants de Philippe et Magdelaine Departon, il faudrait qu’une fratrie similaire ai vécu à Viarmes dans la même période, avec d’autres parents. Les registres de Viarmes, complètement décryptés pour toute cette période ne montrent rien de tel.

    Mais la démarche du généalogiste doit rester scientifique, ce qui signifie qu’à tout moment l’apparition d’une preuve plus forte doit remettre en cause ce qui était considéré comme acquis. Peut-être qu’un jour vous lirez sur ce blog que ce qui est décrit ici est une simple illusion et qu’il n’y a absolument aucun implexe. Mais j’anticipe, car il nous reste trois générations à étudier avant d’arriver à la conclusion. Avant d’avancer, ce conseil à ceux qui lisent ces lignes et seraient tentés par le voyage dans le temps que constitue la généalogie : exploitez toutes les informations contenues dans les actes, en particulier les personnes citées, leur âge et leur lien de parenté lorsqu’ils sont précisés, les professions, etc. Notez tout cela dans votre arbre, tous les logiciels le permettent ainsi que le format Gedcom. A coup sûr, ces informations vous permettront un jour de progresser.

    Il est temps de revenir à notre cas, voici où nous en sommes pour la génération X.

    Le couple Philippe Toquiny et Marie Bimont a eu sept enfants. C’est Marie, la quatrième née qui nous intéresse aujourd’hui. Voici son acte de naissance, le 28/4/1678

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompetistes

    Marie née ce jourd’hui vingt huitième jour du mois d’avril

    fille de philippe toquiny et marie bimond sa femme

    a été baptisée le deuxième du mois de may par moi prêtre

    vicaire soussigné le parrain henry compagnon fils de jacques

    et de marie duchaussois sa femme la marraine louis davanne

    fille de jacques et marie poulet sa femme le père absent

    le parrain a signé la marraine a déclaré ne savoir signer

    de ce requis.

    En 1709, marie épouse Jean Dépied

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompetistes

     

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompetistes

     

    jean dépied veuf de défunte marguerite briet

    d’une part et marie toquiny fille de philippe toquiny

    et de défunte marie bimont ses père et mère tous deux

    de cette paroisse d’autre part ont été mariés ce jourd’hui

    vingt troisième de juillet par moi prêtre curé de viarmes

    après les publications des trois bans fait à l’ordinaire

    dans ladite paroisse sans aucun empêchement ledit

    dépied assisté de jean langlois son beau-frère et de

    pierre bachevillier amis, ladite toquiny assistée

    de son dit père et de jean adam son beau-frère qui ont déclaré

    ne savoir signer

    Il n’est pas inutile de s’attarder un peu sur Jean Dépied. Marie Toquiny est sa troisième épouse. Après le décès de celle-ci, en 1712, quelques mois après la naissance de son second enfant, il contractera un quatrième mariage. Dix-sept enfants naîtront de ces quatre unions. Il me semble bien que c’est un record pour notre famille, mais dans la région la performance de Nicolas Chalot, avec ses 23 enfants, évoqué dans le billet titré « quand on aime, on ne compte pas les mariages », reste inaccessible.

    Examinons maintenant la descendance de l’autre fils, François. Il a eu avec son épouse, Nicole Douceur, treize enfants. Cette génération marque une incontestable ascension sociale, au moins pour un de ses enfants. Charles Auguste, l’aîné, est devenu, entre autres, procureur fiscal, ce qui signifie qu’il représentait le ministère public dans la justice seigneuriale. Un autre, Louis est aubergiste. Mais c’est à Marie Magdelaine, née neuvième que nous allons nous intéresser.

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompetistes

    marie magdeleine née de vendredi dernier dixième

    de septembre fille de françois Toquiny marchand et

    de nicole douceur sa femme a été baptisée le dimanche

    suivant douzième dudit mois, le parrain louis corboran

    fils de françois corboran menuisier, la marraine

    magdeleine boullet fille de défunt maitre jean

    boullet vivant receveur. Le père absent, le parrain

    et la marraine ont signé avec moi bisset curé.

    Marie magdelaine épouse François Dinary en 1715.

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompetistes

    françois dinary fils de défunt jacques

    d’hinary et de défunte Elisabeth

    barbier ses père et mère d’une part

    de la paroisse de mareil et marie magdelaine

    toquiny d’autre part fille de défunt

    françois toquiny de cette paroisse après la publication

    des bans faits en cette paroisse et en celle

    de mareil en France en nos messes

    paroissiales tant en l’église de mareil

    qu’en cette paroisse vu le certificat du

    sieur curé dudit mareil daté du vingt

    quatre février mil sept cent quinze signé

    cousin le premier le treizième février

    et les deux autres les dimanches suivant

    sans qu’il ne se soit trouvé aucun opposition

    ni empêchement les fiançailles célébrées

    le jour précédent ont été mariés par nous

    prêtre curé soussigné le lundi vingt

    cinquième février mil sept cent quinze

    en présence des témoins qui ont signé

    Cet acte nous apprend que François Dinary, l’époux de Marie Magdelaine Toquiny est originaire de Mareil en France, un village situé lui aussi dans le Val d’Oise, pas très loin de Viarmes où le mariage a été célébré.

    Pour la génération suivante, la neuvième, nous savons déjà que Marie Toquiny, la troisième épouse de Jean Dépied, est morte jeune. Mariée en 1709, elle a eu deux enfants. Le second, jean, est décédé avant son premier anniversaire peu de temps avant sa mère. C’est donc grâce à l’aînée, Marie Jeanne, que notre histoire va pouvoir continuer.

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompetistes

    marie jeanne né le jour d’hier treizième d’avril

    fille de jean depied et de marie toquiny

    sa femme a été baptisée le lendemain du

    dit jour par moi prêtre curé soussigné le

    parrain jean toquiny fils de défunt

    françois toquiny marchand qui a signé

    la marraine marie françois fille de

    léon françois qui a déclaré ne savoir

    signer de ce interpellée.

    En 1736, marie Jeanne Dépied va épouser Pierre Antheaume.

    L’écriture de l’acte dressé à l’occasion de ce mariage est particulièrement soignée et vous laisse donc le lire en m’épargnant la peine de le transcrire.

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompetistes

      

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompetistes

     

    Du coté des descendants de François, c’est Magdelaine Jeanne, la fille aînée du couple François Dinary et Marie Magdelaine Toquiny, qui va écrire un nouveau chapitre de cette saga. son acte de naissance est plutôt embrouillé, donc je le transcris.

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompetistes

    magdelaine jeanne née du treizième décembre fille

    de françois dinary et de marie magdelaine

    toquiny sa femme a été baptisée le quinze

    dudit mois par moi prêtre curé soussigné

    le parrain maitre jean defforge receveur de

    la terre et seigneurie de viarmes la

    marraine dame magdelaine boullemer femme

    du sieur guenin capitaine des chasses

    de royaumont qui ont signé

    en 1739, Magdelaine Jeanne épouse Hugues André, que vous connaissez bien. En effet, l’histoire de ce menuisier venu de haute Saône vous a été contée dans billet intitulé « le long voyage d’Hugues André dit comtois ». L’acte de mariage, lui aussi très lisible s’y trouve, si vous souhaitez vous rafraichir la mémoire.

    Ce billet était toutefois principalement consacré au parcours de Hugues André. La vie se son épouse Magdelaine Jeanne, fut malheureusement bien courte puisqu’elle est décédée à 25 ans.

    Chers lecteurs et lectrices, cette expédition généalogique se révèle plus longue que je l'avais imaginé. Je vais donc vous laisser digérer cette prose et vous donne rendez-vous très bientôt pour la suite de ce billet.

    Peut-être aussi que ce petit croquis vous aidera à suivre...

    un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (I)

     

     


    3 commentaires
  • L’histoire dont il est question dans ce billet se déroule au XVIII ème siècle, sous le règne de Louis XV. Mais, vous vous en doutez, le héros de cet épisode n’est pas issu de la famille royale mais est un de nos ascendants, et des plus humbles. Je devrais d’ailleurs plutôt dire héroïne puisque le nourrisson de deux jours qu’on amène à l’hôtel dieu de Lyon est une fille. L’hôtel Dieu a pour vocation de recueillir les enfants abandonnés de moins de sept ans. Au dessus de cet âge, c’est l’hôpital de la charité qui les prend en charge. De même, lorsqu’un enfant de l’hôtel dieu atteint l’âge de sept ans, il est transféré vers celui de la charité. Il est bien sûr question ici du dispositif en vigueur sous l’ancien régime, car la révolution a bouleversé  tout cela.

    Ces établissements tiennent des registres impeccables à chaque événement de la vie des enfants. Ces registres sont mis en ligne par les archives de la municipalité de Lyon.

    Voici le facsimilé de l’inscription de notre héroïne a son arrivée à l’hôtel dieu avec sa transcription.

     

     

     

     

     

     

    Nous avons reçu par billet de Monsieur Bouvier Jeanne Marie Silvestre agée de deux jours, fille illégitimenée dans cette maison. Le 1er may donnée à Anselme Brigot, et Marie Laurence Goyet de Lagneux en Bugey.

    On y apprend qu’elle est illégitime, ce qui signifie qu’elle est née hors mariage. J’ignore quelle est la mission exacte du dénommé Bouvier qui la présente, mais vu qu’on retrouve son nom sur une bonne partie des inscriptions, je suppute qu’il devait être quelque chose comme un intermédiaire. Le nom de Jeanne Marie Silvestre a été donné par l’établissement de façon parfaitement arbitraire et n’a, bien sûr, aucun rapport avec celui de sa mère. Y passeriez-vous votre vie entière, vous ne trouverez rien sur les parents de ce bébé abandonné, car la procédure était en ce temps là parfaitement anonyme.

    Jeanne Marie fut aussitôt placée en nourrice comme s’était alors la coutume, pas seulement d’ailleurs pour les enfants abandonnés mais aussi pour bien des enfants de la bourgeoisie.

    Les familles percevaient un salaire pour cet accueil et n’étaient donc pas forcément très désintéressées. La mortalité infantile atteignait en ces temps des niveaux extrêmement élevés. Les enfants placés en nourrice, payaient un tribut encore plus lourd car, au moins dans certaines familles, ils n’étaient pas traités à l’égal des enfants de la maison.

    Vous l’avez compris, je ne peux écrire ces lignes que parce que notre petite Jeanne Marie a survécu a cette épreuve. Un peu de son sang coule en effet dans mes veines, ainsi que dans celles d’une bonne partie de ceux et celles qui les lisent.

    Lorsque Jeanne Marie atteint l’âge de sept ans, elle est transférée vers l’hôpital de la charité.

    Voici un facsimilé du registre de cet établissement qui mérite qu’on l’examine en détail.

    Jeanne Marie Silvestre, fille Therese

    agée de deux jours le 30 avril 1756 nourrie chez anselme brigaud et Marie Goyet de la paroisse de lomnieux en Bugey. Remise en campagne le 18 avril 1763 a Etienne Favier et Etiennette rainaud de la paroisse de Saint Pierre de Beuf en Forez hameau du bourg

    Ce registre est tenu à jour au fil des années avec, les vêtements qu’on lui remet. On y trouve le n° qui lui avait été donné à l’hôtel Dieu, 5653, et celui qu’elle porte à la Charité, 216. Si vous observez attentivement vous verrez, à droite de son nom, la mention « fille Thérèse ». Comme vous avez surement des choses plus importantes  à faire que de chercher la signification de cette étrange annotation, je vais vous en donner le sens. Les nones, sans doute sous influence des jésuites, utilisent un code pour dire à quelle catégorie appartient chaque enfant. « Thérèse » signifie abandonnée et illégitime, « Catherine » signifie orpheline et, enfin, « petite passante » concerne les abandonnées légitimes, c'est-à-dire nées dans le mariage. Les noms sont évidement différents pour les garçons mais, par pure méchanceté, je ne vous donnerai pas les noms utilisés pour eux.

    La dernière information qu’on peut trouver sur ce registre, c’est le nom et l’endroit où Jeanne Marie « remise en campagne » pour reprendre l’expression utilisée qui signifie placée chez un particulier, à son service. Et Jeanne Marie va se retrouver à Saint Pierre de Bœuf, chez Etienne Favier et Etiennette Raynaud.

    En 1763, lorsque Jeanne Marie arrive à Saint Pierre de Bœuf, Etienne Favier a 34 ans. A 19 ans il avait épousé Etiennette Raynaud, une veuve plus âgée que lui de 11 ans. Son premier mari, Mathieu Faure lui avait fait un enfant, Antoine,  mais celui-ci mourra quelques mois après son remariage avec Etienne Favier. Le couple, marié en 1748,  n’aura pas d’enfant et ne laissera donc pas de traces dans les registres tenus par le curé de la paroisse.

    Il faut attendre la mort d’Etiennette Raynaud, le 14 avril 1792 pour avoir des nouvelles de cette famille apparemment sans histoire. Et, là, tout s’accélère soudain. Le 10 juin de la même année, Jeanne Marie Silvestre, qui n’est pas mariée, accouche d’une petite Claudine. Au moment du baptême de l’enfant, pour remplir l’acte sur le registre paroissial, j’imagine la scène,  Etienne Favier déclarant au curé qu’il est le père de l’enfant. Le curé, qui, en plus du latin, a des notions de calcul, se rends tout de suite compte que, l’épouse légitime d’Etienne n’étant morte que depuis 2 mois, la petite Claudine à nécessairement été conçue du vivant d’Etiennette Raynaud. Et le curé rédige un acte de naissance qui mentionne l’adultère, ce qui n’est vraiment pas courant. J’ai dépouillé pas mal de registres paroissiaux et c’est le seul que je connaisse.

    Voici l'acte en question, suivi de sa transcription du début.

    Ce dixième juin mil sept cent quatre vingt douze a été baptisée Claudine fille adultérine d'Etienne Favier du vivant de  sa première épouse; et de Marie Silvestre sa servante fille de la charité.......

    Moins d’un mois plus tard, Etienne et Jeanne Marie convoleront en justes noces. Etienne a alors 63 ans et Jeanne Marie 36. Ils auront un autre enfant, jean Baptiste, en 1796, qui est notre ancêtre de la sixième génération.

    Quelle a été la vie de cette famille, pendant ces longues années ? Jeanne Marie est-elle une calculatrice qui provoqué cette situation ou a-t-elle seulement répondu aux avances de son patron ? Je vous laisse vous faire votre propre opinion.

    J’en arrive à ma conclusion : Il parait que certains, se lançant dans la généalogie dans l’espoir de se trouver des ancêtres nobles, lorsqu’ils découvrent dans leur lignée un enfant abandonné, laissent tomber leurs travaux et se sentent couverts de honte. Je n’en ferai bien sûr rien. Il me semble au contraire que Jeanne Marie,comme tous ceux qui se sont trouvés dans son cas, mérite notre respect pour avoir forcé un destin au départ bien défavorable.

    l'extrait de l'arbre ci-dessous montre la flilation entre la génération de Jeanne Marie et celle de nos parents.

    L'ascension de Jeanne Marie Silvestre


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