• La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (1) les origines

    Après la maison familiale de Gencenas, destination des dimanches de la belle saison, nous allons nous attarder un peu sur celle de Saint Pierre de Bœuf où nous avons vécu, jusqu’au déménagement vers celle de Condrieu en 1961.

    Ce premier billet s’attachera à décrire la maison en tant que bâtiment en essayant d’en retrouver les origines. Il faut commencer par dire quelques mots de ce village, Saint Pierre de Bœuf, et de l’origine de cet étrange nom. Selon la légende, en 1570 lors d’une crue du ruisseau  Arbuel, à Condrieu la ville fut inondée et un enfant, Jean Cellard, ne dut la vie sauve qu’à un bœuf sur le dos duquel il s’accrocha. L’animal, entrainé vers le Rhône, nagea longtemps et ne revint sur la terre ferme que plusieurs kilomètres en aval, près d’un hameau. Les habitants du lieu recueillirent l’enfant et le soignèrent. Il raconta naïvement que durant son voyage, il avait prié Saint Pierre, connu pour avoir marché sur l’eau, de soutenir le bœuf.  Plus tard, devenu maréchal ferrant dans son village d’accueil, il fit placer sur la porte de sa maison un Saint Pierre et un bœuf grossièrement sculptés dans le bois. Les passants prirent l’habitude de nommer l’endroit  du nom de Saint Pierre de Boeuf. Bien entendu, ce n’est pas à dos de bœuf que nous avons fait le chemin inverse, quatre siècles après Jean Cellard, partant de Saint Pierre de Bœuf pour aller à Condrieu.

    Si on en croit cette légende, Saint Pierre de Bœuf doit donc son nom à un enfant arrivé par le Rhône. Nous reviendrons plus tard sur l’importance qu’avait ce fleuve dans la vie de nos aïeux, pour le moment, examinons la maison familiale. On la distingue sur cette carte postale, probablement prise quelques années avant la naissance du rédacteur de ces lignes. Elle se trouve au droit du mot village dans la légende de la carte. Elle est construite au bord de ce qui était la nationale n°86. J’utilise l’imparfait car, si la route existe toujours, elle a été déclassée et est devenue une départementale qui change donc de nom au long de son parcours. Pour la clarté du texte, nous l’appellerons RN86.

    La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (1)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Sur le cadastre actuel, récupéré sur le site de l‘IGN, Geoportail, dont un extrait est inséré ci-dessous, la maison occupe la parcelle n°242. Sur cette carte, on été tracés, en bleu, l’axe de la rue du milieu, la RN86 en vert, la maison familiale en rouge et, en violet, un bâtiment à la forme atypique.

    La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (1)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Napoléon avait ordonné le relevé de plans cadastraux dans tout le pays. C’est en 1830 que celui de Saint Pierre de Bœuf fut dressé. La plus grosse différence entre ces deux plans est l’absence, en 1830, de la RN86. C’est en effet en 1824 qu’il fut décidé d’ouvrir cette voie pour relier Lyon à Nîmes et, en 1830, les travaux n’étaient apparemment  pas encore faits dans le village. Attention, la carte ci-dessous, issue du site des archives départementales, n’est pas orientée au nord, il faut l’imaginer avec une rotation de 67° dans le sens horaire.

    La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (1)

     

     

     

     

     

    Les tracés réalisés sur la carte 2013, pivotés pour tenir compte de l’orientation de la carte de 1830, ont été reportés sur celle-ci, en se repérant sur la rue du milieu, autrefois artère principale du village et sur le bâtiment  atypique. On voit clairement que la parcelle sur laquelle la maison familiale a été construite, qui porte le n° 406, est nue. La maison a donc été construite après l’ouverture de la nationale, en bordure de celle-ci et postérieurement à 1830.

    Une autre carte postale, vraisemblablement plus ancienne montre l’artère principale du village, avant la construction de la RN86.

    La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (1)

     

    On n’ose imaginer ce que serait devenue, avec le trafic d'aujourd'hui, cette voie pittoresque et paisible si la RN86 n’avait pas été construite.

    Nous possédons dans les papiers récupérés à Condrieu, un document qui fourni de précieuses informations sur la maison familiale de Saint Pierre de Bœuf. Il s’agit du contrat de mariage entre Jean Antoine Bonneton, notre arrière grand père et Marie Philomène Paret, qui n’a jamais été appelée autrement que Marguerite.

    Nous sommes en février1884, deux semaines environ avant le mariage et le père de Jean Antoine, lui aussi appelé Jean, est présent avec son épouse Marguerite Favier chez maitre Michoudet , notaire à Saint Pierre de Bœuf. L’acte précise, à l’article 5 que Marguerite Favier fait don au titre du préciput d’une parcelle de terrain d’environ 40m2 sur laquelle Jean, le fils a édifié une construction. 

    Des détails sur cette construction située au midi de l’ancienne sont donnés à l’article 6.

    La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (1)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (1)

     

    Vous avez compris qu’il s’agit de constructions bâties sur la parcelle n°406 du plan de 1830. Marguerite Favier a probablement hérité de ce terrain de son père, mort en 1845. La maison a été construite en deux temps. La première partie construite après 1830 est déjà qualifié d’ancienne en 1884 dans l’acte que nous avons sous les yeux. Est-ce Jean Bonneton père ou  Jean Baptiste Favier, le père de Marguerite qui l’a construite ? Nous ne sommes pas capables de répondre à cette question aujourd’hui. Donc en 1884, ce terrain porte deux maisons, l’ancienne et une plus récente construite par Jean Bonneton  fils. L’acte régularise une situation de fait. Vu de l’extérieur cette construction en deux temps ne se voit guère, la façade ne comporte aucun décrochement. Cependant, si on examine le cadastre vu de dessus on voit bien que la partie située sur la droite est plus courte et si on mesure la surface de cette partie avec l’outil de Geoportail on trouve 39m2, presque exactement ce que le notaire a écrit dans l’acte. Une fois cette adjonction construite, il ne reste du terrain qui jouxtait la maison d’origine qu’une petite cour, située à l’arrière.

    Le couple Jean Bonneton père et Marguerite Favier a eu sept enfants mais cinq moururent en bas âge. Seuls deux survécurent, l’ainé  Jean Antoine, notre arrière grand père, et Marie Françoise marié à  Hyppolyte Giroux qui mourra après huit ans seulement de mariage, sans descendance et dont le nom m’intriguait sur la tombe familiale avant que je m’occupe de généalogie.

    A la disparition de Jean Bonneton le père, c’est apparemment Jean fils qui hérita de la totalité de la maison de Saint Pierre de Bœuf.

    Jean n’eu que deux enfants, Paul, notre grand père, et Marie Louise qui épousa un artisan de Lyon qui réussira dans la carrosserie et qui fut probablement la seule de nos aïeux de cette époque à vivre dans une certaine aisance. Paul mourut un an avant son père, laissant sa veuve avec trois enfants dont une fille à naitre. Comment se passa cette double succession ? Il faudrait rechercher les actes pour le savoir. Il est néanmoins sûr que toute la famille vécut dans la double maison de Saint Pierre de Bœuf. Marie Louise se réservant une chambre où elle n’a jamais mis les pieds. Une fois adulte, Marcel l’ainé des fils de Paul occupa la partie d’origine et Jojo celle construite par son grand père. Nous n’étions pas vraiment au large et les conditions de vie dans cette maison ne correspondaient plus aux attentes de l’époque. C’est ce qui à conduit Jojo à se lancer dans la construction de la maison de Condrieu. Mes souvenirs d’enfance à Saint Pierre de Bœuf sont, malgré tout, ceux d’une époque heureuse. C’est un autre billet qui tentera de vous faire partager cette mémoire.

    Si vous souhaitez consulter en totalité le contrat de mariage entre Jean Antoine Bonneton et Marie Philomène Paret, cliquez sur le lien.


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