• Les évènements relatés dans le billet qui se trouve sous vos yeux se sont produits sous le règne de Louis XV. L’acte qui nous les raconte vient de Saint Martin du Tertre, paroisse voisine de Viarmes.

    Mon travail systématique sur Viarmes, évoqué dans le billet précédent, m’amène fréquemment à consulter les registres des paroisses voisines. C’est en recherchant dans les registres mis en lignes par les archives départementales du Val d'Oise l’acte de baptême de Pierre Bert, natif de Saint Martin du Tertre, qui a épousé à Viarmes le 9 septembre 1782 Marie Françoise Duval que je suis tombé sur le texte suivant :

    Le cavalier Jacques Lecomte n'a pas franchi le Rhin

      

    Le cavalier Jacques Lecomte n'a pas franchi le Rhin

     

    « Ensuit un extrait des registres des morts à l’hôpital royal

    du fort louis du 4 juin folio 36

    [ l’an de grace mil sept cent quarante-quatre le quatrième

    jour du mois d’octobre est mort en bon chrétien catholique

    muni des sacrements de viatique et de l’extrême onction et

    inhumé avec les cérémonies de l’église au cimetière de St

    louis le nommé st jacques sans autre signalement cavalier

    au régiment d’Audicourt compagnie de monsieur de la

    Gallée entré au dit hôpital le 28 aout 1744. ]

    je soussigné, certifie que l’extrait ci-dessus a été fidèlement

    tiré du susdit registre ?? et paraphé par monsieur

    Germain commissaire pour tous des guerres en foy de quoi

    j’ai signé le présent certificat et apposé le sceau ordinaire

    de mon office faute de papier timbré qui n’est pas en usage

    dans cette province dans laquelle le contrôle des actes

    n’est pas établi pour servir tant en jugement que dehors.

    Fait audit hôpital ce vingt-quatrième du mois de novembre

    1747 Pierre Fridolin ? aumonier »

    L’extrait ci-dessus qui m’a été adressé par mr Fridolin sur une

    Lettre par laquelle je luy demandais des nouvelles du nommé

    Jacques lecomte m’a été adressée pour rendre certaine marie

    Anne dorleans sa veuve et ses sept enfants de sa

    mort. Le dénommé St jacques audit extrait est le même

    que ce jacques lecomte qui en 1743 le premier

    août quitté sa femme et ses sept enfants et s’aller engager

    à Paris, dans la compagnie de monsieur de la Gallée

    capitaine au régiment d’Audicourt cavalerie. Je vis dans

    ce tems monsieur de la Gallée qui me dit avoir donné

    au dit st jacques le tems de la réflexion que puisqu’il s’était

    engagé volontairement quoiqu’il fut chargé d’une aussy

    nombreuse famille il ne le pourrait rendre qu’on ne luy

    donnât un homme à sa place ; le même monsieur de

    la Gallée m’a écrit 13 octobre 1746 de dire à marie anne

    dorleans sa veuve que passant le Rhin plus de deux

    ans avant le nommé st jacques n’avait pas pu suivre sa compagnie

    et qu’il était allé à l’hôpital du fort louis ou probablement

    il était mort n’en ayant eu aucune nouvelle.

    Le deux décembre mil sept cent quarante-sept. Hullard curé.

    Le curé a ajouté en marge de l'acte la mention suivante :

    les originaux des actes ont été attachés dans le registre qui est la première minute restée à ,la paroisse

    entre les mains du curé

    Il n’est sans doute pas inutile de s’intéresser pour commencer à la forme de ce texte. Commençons par la mention marginale de l'acte et des textes qu'elle évoque pour dire que ceux-ci ne font malheureusement pas partie de ce qui a été numérisé et mis en ligne par les archive départementales. Pour ce qui est de l'acte lui-même, j’ai ajouté au texte original quelques signes de ponctuation, car cet aspect est, comme dans pratiquement tous les documents de cette époque, réduit à sa plus simple expression, c’est-à-dire absent.

    Le texte est donc consigné dans le registre par Hullard, le curé qui sert la paroisse de Saint Martin du Tertre. Cela commence par une citation que j’ai placé entre guillemets. Elle vient d’un courrier rédigé par l’aumônier de l’hôpital de Fort Louis, une ville située dans l’actuel Bas Rhin. Cet aumônier dénommé Fridolin correspond avec le curé Hullard. La citation reprend un texte, que j’ai placé entre crochet, relevé dans le registres des morts de l’hôpital en question. Cet extrait du registre en question nous apprend la mort d’un certain St Jacques le 4 octobre 1744. Ce cavalier de la compagnie du capitaine de la Gallée appartenant au régiment d’Audicourt était entré dans cet hôpital un peu plus d’un mois avant, le 28 août exactement.

    La suite de l’acte nous explique que St Jacques, mort à l’hôpital de fort Louis est Jacques Lecomte, époux de Marie Anne Dorléans. Il s’est engagé en 1743 comme cavalier dans la compagnie du capitaine de la Gallée. Si on en croit les déclarations du capitaine en question qui a rencontré le curé Hullard, déclarations reprise par Hullard dans l’acte, on a laissé à Jacques Lecomte le temps de bien réfléchir avant d’abandonner sa nombreuse famille pour commencer une carrière militaire à laquelle la profession de manouvrier que nous lui connaissions avant ne le prédisposait sans doute guère.

    Cette carrière fut brève puisque, entre le premier août 1743, date à laquelle il quitte le foyer familial et le 28 août 1744, date de son entrée à l’hôpital, à peine plus d’un an s’est écoulé. Au moment où la compagnie s’apprêtait à franchir le Rhin, Jacques a abandonné ses compagnons pour aller à l’hôpital et y mourir.

    Le héros malheureux de cette histoire, Jacques Lecomte, est un mien lointain cousin par alliance.

    Pour être précis, Jeanne Breton, la mère de Marie Anne Dorléans, l’épouse de Jacques, est la sœur de Jean Breton, mon aïeul de la neuvième génération qui porte le n° Sosa 320.

    Nous n’avons pas l’acte de baptême de Jacques Lecomte mais lors son acte de mariage, le 24 février 1727 précise qu’il a alors 22 ans. Il est donc né vers 1705 et avait 38 ans lors de son engagement dans l’armée, ce qui me parait être un âge plutôt avancé pour une telle décision. Pendant les 21 ans qu’a duré leur mariage, le couple a eu neuf enfants dont deux sont morts en bas âge. Le chiffre de sept enfants donné par Jacques lors de son engagement est donc bien exact.

    La façon dont le curé Hullard à rédigé l’acte me parait quelque peu confuse si on cherche à comprendre la chronologie des événements. Je vous propose une reconstitution.

    • Le 1er août 1743 Jacques Lecomte quitte sa famille pour aller s’engager à paris dans la compagnie du capitaine de la Gallée du régiment de cavallerie d’Audicourt
    • En 1744 la compagnie à laquelle appartient Jacques Lecomte se trouve en Alsace, près de la frontière allemande.
    • Le 28 Août 1744, Jacques se rend à l’hôpital de Fort Louis où il décède un mois plus tard
    • En 1746, la famille de Jacques, sans nouvelles de lui s’inquiète auprès du curé Hullard. Celui-ci qui connait le capitaine de la Gallée pour l’avoir rencontré au moment de l’engagement de Jacques lui écrit pour demander des nouvelles
    • Le 13 octobre 1746, le capitaine de la Gallée répond au curé que jacques a abandonné la compagnie pour se rendre à l’hôpital de Fort Louis où il est vraisemblablement mort puisque depuis cette date la compagnie est sans nouvelle de lui
    • Le curé Hullard prend contact avec l’aumonerie de l’hopital pour demander des nouvelles
    • Fin novembre 1747, le curé Hullard, qui a reçu la réponse à sa requête rédigée par l’aumonier Fridolin, confirme la mort de Jacques et rédige l’acte dans le registre de la paroisse.

    Nous ne saurons jamais ce qui a poussé Jacques Lecomte à abandonner sa famille pour commencer une nouvelle vie à un âge aussi avancé. La dernière trace que nous avons de lui est une signature au bas de l’acte de décès de son fils Barthelemy le 19 mai 1741. Lors de la naissance de son dernier enfant, sa fille marie Françoise, le curé note dans l’acte de baptême daté du 10 mai 1742 que le père est absent.

    J’ai essayé, sans grand succès, de replacer les échanges entre le curé Hullard et ses interlocuteurs alsaciens dans leur contexte historique.

    En 1743 se déroule un conflit que les historiens ont nommé guerre de succession d’Autriche. L’affaire commence à la mort de Charles VI, archiduc d’Autriche qui meurt dans descendance male. Les monarques européens se déchirent pour s’approprier les possessions des Habsbourgs. Dans le but d’affaiblir cette famille, Louis XV s’allie imprudemment avec Frederic II, roi de Prusse récemment arrivé sur le trône. Celui-ci, après avoir obtenu d’importante concessions, signera finalement une paix séparée – le traité de Worms signé le 13 septembre 1743-, laissant ses alliés seuls face à l’Autriche au mépris des conventions passées.

    Nulle part je n’ai trouvé mention pour cette période et dans cette région du régiment d’Audicourt ni du capitaine de la Gallée.

    Mais les français sont nombreux à se passionner pour l’histoire et je vais interroger ceux qui animent les forums consacrés à ce thème. J’ai bon espoir de disposer un jour de suffisamment d’élément pour écrire un complément à ce billet.


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  • Après une longue période de silence, je reprends ma plume pour alimenter la chronique familiale.

    C’est d’une très lointaine cousine qu’il va être question dans ce billet. Elle vivait à Viarmes dans le Val d’Oise au XVIIIème siècle.

    Je travaille depuis plusieurs années sur le décryptage des registres de cette paroisse. J’ai, au moins pour le moment, laissé de côté les actes antérieurs à 1630. Ils contiennent en effet peu d’informations, la filiation des époux n’est pas donnée lors des mariages et, vu les nombreuses homonymies, il est souvent impossible de construire quoi que ce soit de solide. Je viens juste de terminer l’année 1781. Cela fait donc 150 ans et 10471 actes. Sur ce nombre, 7193 apparaissent dans l’arbre familial. J’ai choisi Viarmes pour ce travail de fourmi parce que, si on additionne les archives du département et les actes conservés en mairie, on couvre une période de près de quatre siècles sans aucune lacune, ce qui n’est pas si fréquent. Cette approche « géographique » de la généalogie permet de mettre à la disposition des autres chercheurs sur internet des données qu’ils n’auraient que très difficilement obtenues autrement. Si chaque généalogiste en herbe faisait pour une commune de son choix le travail que je fais pour Viarmes, nul doute que de nombreuses énigmes seraient résolues.

    Cette remarque vaut surtout pour les actes antérieurs à 1897. En effet une loi du 18 août 1897 impose aux mairies, lors d'un mariage, de noter en marge des actes de naissance des époux la date, le lieu du mariage et le nom de l'autre époux. Lorsqu'un des époux est né dans une commune autre que celle où le mariage est célébré, un courrier est envoyé à la mairie où il est né et la mention reportée sur l'acte de naissance. Mais bien des choses se sont passées avant 1897, n'importe quel passionné de généalogie vous le dira.

    L’histoire que vous allez lire est la parfaite illustration de ce qui est dit au-dessus. Comme toujours, il faut commencer par lire l’acte qui relate l’événement.

    plus de cent ans avant, déjà le bois

     

    plus de cent ans avant, déjà le bois

    L’an mil sept cent quatre-vingt-un le vingt-septième jour

    du mois de novembre après la publication des bans

    entre léonard menaide garçon majeur scieur de long de droit

    du hameau de Cottay le bas paroisse de Moingt diocèse de

    Lion fils de défunt michel menaide vivant vigneron

    et de défunte anne rondel ses père et mère dudit hameau de Cottay

    diocèse de lion de fait de cette paroisse d’une part et marie madeleine faluette

    majeure fille de jean baptiste faluette vigneron et de

    marie marguerite poulet ses père et mère de

    cette paroisse d’autre part, faites aux prônes des messes

    paroissiales par trois jours différents de dimanches et de

    fêtes à savoir le quatre novembre le onze et le dix huit

    du même mois sans qu’il se soit trouvé aucun empêchement

    ni civil ni canonique, j’ai soussigné prêtre curé de cette

    paroisse soussigné ai reçu après les fiançailles célébrées

    d’hyer aujourd’hui en cette église

    leur mutuel consentement et leur ai donné la bénédiction

    selon toutes les cérémonies prescrites  par

    notre mère la sainte église ledit léonard menaide

    assisté de claude françois boursier et de françois

    breteville, et du coté de l’épouse assistée de jean

    baptiste faluette son père et d’estienne raillier son oncle

    l’époux et l’épouse on déclaré ne savoir signer

    de ce interpellés selon l’ordonnance les autres ont signé

    avec nous.

    Voyons qui sont les deux époux. Marie Madeleine Faluette, dont le nom de famille est parfois orthographié Faluet, est l’arrière-petite-fille de Joseph Duru et Jeanne Hennequin. Marie Anne Langlois, petite fille de ce couple, a épousé en premières noces Pierre Davanne, fils de Louis et Anne François mes Sosa 338 et 339. Je vous épargne le détail du labyrinthe généalogique qui relie Marie Madeleine Faluette à Marie Anne Langlois, retenez seulement qu’elle n’est pas vraiment une proche parente de l’auteur de ces lignes. Si vous tenez vraiment à vous faire du mal, vous pouvez vous précipiter sur l’arbre posté sur geneanet, rien n’est caché.

    Léonard Menaide, est quant à lui un pur étranger, au moins jusqu’à son mariage avec Marie Madeleine Faluette. Mais il est natif du hameau d’Escotay le bas, improprement noté Cottay le bas dans l’acte, paroisse de Moingt qui se trouve près de Montbrison, dans le département de la Loire.

    Une recherche de Léonard Menaide sur geneanet et sur filae ne donne rien. Par contre, le couple formé Michel Menaide et Anne Rondel est connu. Ils se sont mariés le 30 septembre 1738 à Moingt. Voici leur acte de mariage, récupéré sur le site des archives départementales de la Loire.

    plus de cent ans avant, déjà le bois

    michel meneyde vigneron d'escotay le bas paroisse

    de moing époux d'une part agé de quarante et un ans

    anne rondel fille légitime de défunt gaspard rondel

    vivant laboureur du village de la fougère paroisse de 

    roche et de vivante marguerite dupuy ses père et mère

    agée de vingt deux ans d'autre part ayant été ??

    ?? dans les églises desdites paroisse de moing et

    roche, la dite épouse ayant reçu son ??

    en date du jour d'hier signé bertrand curé de roche...

    découvert aucun empêchement ont été unis

    par les sacrements du mariage en face de l'église et ont

    reçu la bénédiction nuptiale par moi soussigné curé 

    dudit moing et de ste anne de montbrison son annexe

    dans l'église st jean dudit moing aujopurd'hui trentième

    septembre mil sept cent trente huit en présence 

    de pierre vialard laboureur beau frère de ladite épouse, de

    j baptiste laurens aussi laboureur de la paroisse de ??

    et de jacques chambon journalier dudit lieu d'escotay tous

    requis qui avec ladite épouse ont déclaré ne savoir signer ??

    et de nicolas miniere qui avec ledit époux ??

    Il y a plusieurs remarques à faire à propos de cet acte. D'abord, la photographie numérisée cache malencontreusement les mots situés à droite près de la reliure, mais rien d'important ne manque. Ensuite le nom de famille de michel et donc celui de son fils léonard est orthographié meneyde et non menaide comme dans l'acte de mariage dressé à Viarmes. Nous savons grâce à cet acte que Léonard est illettré, lorsqu'il à donné le nom de sa paroisse d'origine, le curé n'avait aucun moyen de s'assurer de l'orthographe. De toute façon, lors du mariage de Michel avec Anne, le curé écrit meneyde, mais Michel signe malhabilement menaide, alors comme souvent, il faut accepter la cohabitation des deux orthographes.

    Certains des lieux mentionnés dans cet acte n'existe plus sous le nom utilisé dans l'acte, mais la carte Cassini, tracé en 1740 et disponible sur le site de géoportail vient heureusement à notre secours. En voici un extrait dans lequel j'ai cerclé de rouge les lieux cités.

    plus de cent ans avant, déjà le bois

    Nous avons trouvé grâce à geneanet le couple meneyde/rondel mais pas Léonard, leur fils. Par contre l'arbre posté par Michel Favier nous apprend qu'au moment de son mariage avec Anne Rondel, michel était veuf, ce qui n'est bizarrement pas mentionné dans l'acte de son second mariage. Sa première épouse, Catherine Laurent est décédée en 1737. Le couple à eu six enfants, mais tous sont morts en bas âge. L'arbre posté par Michel Favier ne connait du second mariage qu'un seul enfant, prénommé Philippe. Toujours pas de trace de Léonard. Cela n'a rien de  dramatique, peut-être que personne ne l'a jamais cherché. Pas d'autre solution que d'examiner les registres paroissiaux de Moingt à partir de la date du mariage, le 30 septembre 1738. Le premier enfant qu'on trouve naît en 1741. Il s'agit en fait de jumeaux, Louise ne vivra que quelques jours, et nous n'avons pas de trace du décès de son frère Etienne dans cette période. Vient ensuite, en 1743, Philippe que nous connaissions déjà grâce à Michel Favier. Puis, en 1745, de nouveau une naissance multiple.  Marie vivra un peu plus d'un an et Anne, sa sœur jumelle, seulement quelques jours. Enfin, le 5 février 1748, Léonard fait son entrée en scène. Voici son acte de baptême.

     plus de cent ans avant, déjà le bois

     

    leonard fils légitime de michel meneyde dit berger habitant

    du lieu d'ecotay le bas de  cette paroisse, absent, et d'anne rondel

    son épouse, est né le cinquième février mil sept cent quarante huit

    et a été baptisé le même jour et an que dessus, dans l'église

    paroissiale de moingt, par nous curé soussigné le parrain

    a été léonard meneyde vigneron d'ecotay le bas, et la

    marraine jeanne meneyde sœur germaine de l'enfant,

    en présence de jean bayon, d'autre jean bayon journalier

    de ce moingt, qui avec le parrain et la marraine ont déclaré

    ne savoir signer de ce  enquis ??

    Michel Meneyde, le père avait donc un surnom, berger. l'usage de surnoms était courant autrefois, sans doute pour éviter les confusions découlant des fréquentes homonymies. Ce surnom signifie-t-il qu'il exerce la profession de berger ? lors de son second mariage, il est noté vigneron. La marraine du nouveau né est désignée dans l'acte comme sœur germaine de celui-ci. Ce terme signifie qu'elle est issue des mêmes père et mère. Si elle avait été la fille de Catherine Laurent, la première épouse de Michel Meneyde, le curé aurait écrit sœur consanguine. lorsque nous avons recherché Léonard dans les registres de Moingt nous n'avons pas trouvé de Jeanne. Est-elle née ailleurs qu'à Moingt ? Laissons ce mystère et revenons à Léonard qui a maintenant 33 ans et se trouve à Viarmes en 1781 pour y travailler et épouser Marie Madeleine Faluette.

    Ce migrant nous rappelle un autre voyageur. Mon grand-père Paul Jean Félix Bonneton qui, cent trente huit ans après Léonard Meneyde, a lui aussi quitté sa Loire natale pour aller trouver femme à Viarmes, dans le Val d’Oise, au nord de Paris. Il est question de lui dans de nombreux billets de ce blog. les liens ci-après vous guideront vers les plus importants (artilleur et caoutchoutièrele tour de France des compagnons, le carnet de Paul Bonneton)

    Autre coïncidence, Léonard, tout comme Paul, travaillait le bois. Paul était menuisier ébéniste, Léonard était scieur de long. Ce métier, que les scieries motorisées ont fait disparaître, est un des plus étonnant qu’on puisse trouver dans la mémoire collective des civilisations occidentales. En effet, on peut classer les outils manuels de travail du bois en deux grandes catégories. Il y a ceux qui suivent le sens des fibres du bois tels que le rabot, le ciseau ou l’herminette. Et il y a les scies qui coupent généralement les fibres perpendiculairement. Et les scieurs de long font exception puisque leur métier consiste à débiter des poutres ou des planches à partir d’une grume, donc dans le sens des fibres. Les scieurs de long travaillent donc toujours par couple. La grume est posée sur un chevalet.  Un des scieurs se tient debout sur la grume, tel Nadia Comaneci sur sa poutre, avec sans doute un peu moins d’élégance, et le ou les autres manœuvrent la scie par le dessous. Je propose à ceux qui trouverais ma prose peu explicite un dessin qui leur apportera la lumière.

    plus de cent ans avant, déjà le bois

    Les scieurs de long constituaient une communauté, tout d’abord parce que, comme nous l’avons vu au-dessus il ne pouvait pas travailler seuls, mais aussi parce qu’ils exerçaient leur art souvent sur le lieu même où la grume avait été abattue. Ils vivaient sur place, parfois en famille, dans la hutte dont la construction était leur première tâche en arrivant. Claude François Boursier, témoin au mariage est lui aussi un scieur de long.

    Une abondante littérature est consacrée à ce métier. Un peu comme les maçons venus de Corrèze, chassé par la misère et attirés par les travaux de la capitale, les scieurs de long venaient d’Auvergne et du Forez, où se trouve précisément Moingt. Vous vous souvenez peut-être d’un billet posté par ma sœur Mireille sur ce blog en 2012, intitulé le tour de France des compagnons, déjà évoqué plus haut, que le nom de pays de Paul Bonneton était justement Paul le forézien.

    Pour revenir à ce qui est dit au tout début de ce billet, si quelqu'un s’intéresse un jour à Léonard, fils de Michel Meneyde et Anne Rondel, il saura, grâce à internet qu'il s'est marié à Viarmes, à 500km de son lieu de naissance. 


    1 commentaire
  • Me voila rassuré, il se trouve de bonnes âmes pour lire ma prose et se pencher, avec plus ou moins de succès, sur les énigmes qui s'y cachent.

    Vous avez donc dans les commentaires la réponse à la question posée dans la précédent billet. Une petite explication est peut-être nécessaire.

    C'est bien le fait que les conjoints de Jean Lati [72] et sa sœur Anne Marie [149] portent le même nom de famille qui attire l'attention lorsqu'on observe l'arbre qui conclut le troisième billet de cette série. Certes, ça ne prouve rien; Hugues semble être un patronyme fort répandu dans la région, mais ça mérite au moins qu'on y regarde d'un peu plus près.

    Dans le troisième billet de cette série, l'examen de l'acte de mariage entre Jean François Hugues [148] et Anne Marie Lati [149] nous avait permit de découvrir que l'épouse, fille de Barthelemy [144, 298] était la sœur de Jean Lati [72]. Je vous propose de revenir sur ce mariage pour nous intéresser cette fois-ci à la filiation de l'époux, Jean François Hugues [148]. Voici un extrait de cet acte dans lequel j'ai souligné le nom de l'époux et de ses parents.

     Cap au sud (IV)

     

    Jean François [148] est donc le fils de Joseph [292] et Marguerite Giraud [293].

    l'autre mariage sur lequel vous allez devoir vous pencher est celui qui a uni Guillaume Hugues [146] à Marie Hugues [147], les parents de Marie Honorade Hugues [73] la seconde épouse de Jean Lati [72]. Cet acte est visible sur le second billet de la série. En voici un extrait:

     

    Cap au sud (IV)

     

    Et là, bingo, les parents de Guillaume Hugues [146] sont Joseph Hugues et Marguerite Giraud, Guillaume [146] est donc le frère de Jean François [148]. Joseph est donc affublé d'un second n° Sosa [292], 2 x 146 qui accompagne celui qui lui vient de son autre fils, Jean François, 2 x 148 soit [296]. Et Marguerite Giraud, l'épouse de Joseph aura aussi deux n° Sosa, les [293] et [297].

    Une mise à jour de l'arbre proposé dans le billet précédent s'impose, la voici :

     

    Cap au sud (IV)

      

    Je pense qu'il est raisonnable de vous laisser digérer cette histoire ou un garçon épouse successivement deux sœurs qui se trouvent être les petite filles de la sœur de son père  et du frère de son grand-père.

    Il est toutefois possible que nous revenions un jour sur cette famille car le curé d'Opio nous donne une information qui vous a peut-être échappée dans l'acte de mariage de Guillaume Hugues [146] et Marie Hugues [147], les grand parents maternels de François Laty [36], celui là même qui, avec son épouse Elisabeth Hugues [37], ont déclenché en se mariant cette chronique infernale :

    Cap au sud (IV)

      

    En effet, comme l'indique les mots que j'ai souligné, les tourtereaux ont dû obtenir de l’évêque de Grasse, pour pouvoir convoler en justes noces, une "dispense du quatrième degré de parenté", ce qui signifie en droit canon qu'ils ont en commun un arrière arrière grand parent. Et, comme ils se nomment Hugues tous les deux, il n'est pas impossible que l'arrière grand père de Joseph Hugues [292,296] soit dans le coup. Si tel est le cas, le pauvre devra transporter un troisième n° Sosa en plus des 2336 et 2368 que la filiation de Joseph lui assigne.

    Mais nous n'aurons peut-être jamais la réponse à cette question, soit parce qu'il a vécu avant qu'on impose aux curés de tenir un registre des mariages, soit parce ce registre est perdu ou illisible, soit enfin parce que personne ne consacre suffisamment de temps à cette recherche.


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  • On ne peut pas dire que le temps passé à lire les réponses reçues à la  question posée dans mon billet précédent ai bouleversé mon emploi du temps quotidien. La question était-elle trop ardue ? Les neurones des lecteurs sont-ils épuisés en cette fin d'année ? Peu importe, il est temps maintenant de lever le voile qui couvre ce petit secret de famille.

    Examinons le mariage de Jean François Hugues [148] et Anne Marie Lati [149], et en particulier la filiation de l'épouse.

     

      

    Les parents d'Anne Marie Lati sont Barthelemi et Anne Roumiou.  Le nom d'Anne Marie est souligné en vert dans l'acte et celui de ses parents en rouge. Suivant la règle d'attribution de la numérotation Sosa, il vont porter respectivement les N° 298 et 299, puisque le n° d'Anne Marie est 149.

    Mais n'allons pas si vite. Ces noms, Barthelemi Lati et Anne Roumiou n'évoquent-ils rien pour vous ?

    Revenons sur un autre mariage, traité dans premier billet de cette série cap au sud (I), mais dont la lecture n'était possible qu'après avoir cliqué sur un lien. Une énigme n'a d’intérêt que si elle impose à ceux qui s'y frottent quelques efforts.

    Voici, en clair cette fois-ci, le mariage entre Jean Lati [72] et Marie Honorade Hugues [73] :

     

    et si on zoome le haut de l'acte :

     

    les parents de Jean Lati [72] sont Barthelemy et Anne Roumiou, tout comme ceux d'Anne Marie [149] ! Et il ne s'agit pas d'homonymes, Jean et Anne Marie sont bien frère et sœur.

    Jean portant le n° Sosa 72, son père Barthelemi porte le n°144 en plus du 298 qui lui vient de sa fille Anne Marie et Anne Roumiou possède elle aussi deux n°, les 145 et 299.

    Il s'agit bien d'un implexe transgénérationnel, puisque Elisabeth Hugues [37], l'arrière petite fille du couple Barthelemy Laty [144,298] / Anne Roumiou [145,299] va épouser leur petit fils François Laty [36].

    Une représentation graphique de cette situation vous sera peut-être utile :

     Cap au sud (III), ça se complique

     

    Plusieurs dates restent à trouver pour mieux comprendre l'écart du nombre de génération entre les deux branches de l'arbre. On sait toutefois que le mariage entre Jean François Hugues [148] et Anne Marie Lati [149] a été célébré plus de douze ans avant celui qui a uni Jean Laty [72] à Marie Honorade Hugues [73]. Douze ans, c'est presque la moitié d'une génération. Et Barthelemy Hugues [74] est né neuf mois seulement après le mariage de ses parents alors que les parents de François Laty [36] sont mariés depuis trois ans et demi à la naissance de celui-ci.

    Enfin, François Laty est âgé de plus de quarante ans lorsqu'il épouse Elisabeth Hugues [37], fille de son cousin Barthelemy Hugues [74] et Elisabeth n'est alors âgée que de vingt et un ans. Lors de son premier mariage, avec Marie la sœur d'Elisabeth, François avait déjà trente trois ans.

    Le plus fort de cette histoire est que nous n'en avons pas fini avec les méandres de cette généalogie. Ami lecteurs, serez vous plus perspicaces pour découvrir l'autre particularité cachée dans ces actes ?


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  • Le billet précédent, nommé "cap au sud (I)", nous avait amené à la septième génération des aïeux de notre Sosa numéro 1. Dans la branche qui nous occupe, nous avions donc quatre mariages :

    Jean Lati [72] et Marie Honorade Hugues [73], puis Barthelemy Hugues [74] et Marie Cresp [75], ensuite Jean Pierre Brignolles [76] et Marie Chaudol [77] et enfin Antoine Roux [78] et Françoise Chabert [79]. 

    Il va falloir maintenant nous intéresser à la naissance de ces huit personnes puis au mariage de leur parents. Le volume de la tache est loin d'être négligeable. Elle risque aussi d'être plus périlleuse puisque, en passant de l'état civil post révolutionnaire au registres paroissiaux, on gagne rarement en facilité de lecture et d'analyse. Mais la recherche n'en n'est que plus passionnante. Je rappellerai aux plus novices de mes lecteurs, pour qu'ils aient conscience de l'ampleur d'une étude généalogique familiale, que le travail exposé ici ne concerne, pour le moment, qu'un huitième de la branche paternelle de notre Sosa n°1.

    Commençons donc par Jean Lati [72]. Il est né à Châteauneuf-Grasse le 27 octobre 1765. Marie Honorade Hugues [73], son épouse, est née au Rouret le 6 mars 1784.

    Barthelemy Hugues [74] est né à Châteauneuf-Grasse le 17 frimaire de l'an III de la république, ce qui correspond au 6 décembre 1794 du calendrier grégorien. L'épouse de Barthelemy, Marie Cresp [75] est née aussi à Châteauneuf-Grasse le 8 nivose de l'an IV ou le 29 décembre 1795.

    Jean Pierre Brignolles [76] est né Châteauneuf-Grasse le 15 février 1814 et Marie Chaudol [77], son épouse est née à Roquefort les pins le 28 novembre 1817. Cette date a été relevée sur l'acte de son mariage avec Jean Pierre Brignolles. A l'heure où j'écris ces lignes, l'acte de naissance de Marie Chaudol n'est pas accessible sur le site internet des archives départementales des Alpes maritimes.

    Antoine Roux [78] est né au Rouret le 3 février 1804 et son épouse Françoise Chabert [79] à Coursegoules le 3 mars 1808. Tout comme celui de Marie Chaudol,  l'acte de naissance de Françoise Chabert n'est pas accessible sur le site internet des archives départementales des Alpes maritimes la date a été relevée sur son acte de mariage.

    Les parents de Jean Lati [72] sont Bathelemi Lati [144] et Anne Roumiou [145] ils se sont mariés à Châteauneuf-Grasse le 2 mai 1757. Ceux de Marie Honorade Hugues [73] sont Guillaume Hugues [146] et Marie Hugues [147] leur mariage a été célébré à Opio le 23 avril 1777. Les actes que je vous ai proposé depuis le début de cette histoire m'ont paru être relativement lisibles. J’espère qu'il en a été de même pour vous. Je m'adresse bien sûr à ceux qui ont pris la peine de cliquer sur les liens qui permettent d’accéder à ces actes! Pour l'acte de mariage entre Guillaume Hugues et Marie Hugues, nous avons une écriture plus hermétique. Je vous propose donc l'acte et sa transcription :

     

    Cap au sud (II), ça ce complique

     

     l'an mil sept cent septante sept

    et le vingt et trois avril après trois

    publications faites à la messe de paroisse

    pendant trois dimanches consécutifs

    ayant obtenu dispense du quatrième degré

    de parenté de mr l’évêque de Grasse

    le onze avril ne nous ayant 

    apparu aucun empêchement légitime

    vu l'attestation de mr ? curé

    de Chateauneuf nous avons donné la

    bénédiction nuptiale à guillaume hugues

    fils de joseph travailleur et  de marguerite

    giraud de la paroisse de chateauneuf

    âgé d'environ vingt an et autorisé par

    son père et à marie hugues fille d'etienne

    travailleur et de lucrèce galian notre

    paroissienne âgée d'environ vingt ans et 

    autorisée par son père et ce en

    présence de jean antoine carvalan

    négiocant, honoré joseph augier ménager

    de jean joseph augier fils de jean de

    sr barthelemy carvalan négociant. signe 

    qui a su.

    Les parents de Barthelemy Hugues [74] sont Jean François Hugues [148] et Anne Marie Lati [149]. Leur mariage a été célébré le 13 ventôse de l'an II ou 3 mars 1794 à Châteauneuf-Grasse. Voici l'acte de ce mariage :

    Cap au sud (II), ça ce complique

     

    Cap au sud (II), ça ce complique

     Cap au sud (II), ça ce complique

    Le treize ventôse l'an second de la république

    française une et indivisible. dans la salle

    de la maison commune par devant nous

    officier public de la commune de

    Châteauneuf. Des soussignés se

    seraient présentés pour être unis en

    mariage le citoyen jean françois hugues

    fils à feu joseph travailleur et de la citoyenne

    marguerite giraud âgé de vingt huit ans

    d'une part avec la citoyenne anne marie latty

    fille du citoyen barthelemy latty travailleur

    et de la citoyenne anne roumiou tous de 

    cette commune, lesquels après publication

    et affiche sur la porte extérieure de la

    maison commune ?? la section du

    domicile du conjoint le dix de ce mois

    sans qu'il ne soit apparu aucune

    opposition ni empêchement et ensuite

    le consentement donné par les parents le

    citoyen jean françois hugues et la citoyenne

    anne marie latty ont déclaré à haute

    et intelligible voix, savoir le citoyen hugues

    prendre la citoyenne latty en mariage

    et la citoyenne latty prendre le citoyen hugues et

    ensuite nous officier public en conformité

    à la loi du vingt septembre mil sept

    cent quatre vingt douze avons prononcé

    au nom de la loi que le citoyen hugues

    et la citoyenne latty sont unis par le mariage

    le tout fait et prononcé dans la salle de

    maison commune en présence des citoyens

    pierre antoine besson ménager, cyprien laurent

    ?? ?? ?? ?? ?? jacques bertrand et lazare foucard

    Vient ensuite Marie Cresp [75] dont les parents sont Antoine Cresp [150] et Marie Anne Giraud [151].

    Leur mariage a été célébré à Châteauneuf le 14 mai 1792.

    Cap au sud (II), ça ce complique

     

    l'an mil sept cent quatre vingt douze et le quatorze mai après la

    publication de trois bans faite aux messes paroissiales de cette église par trois

    dimanches consécutif; savoir le vingt neuf du mois d'avril dernier, le six et le

    treize du présent mois sans qu'il se soit découvert aucun empêchement

    canonique ou civi, je soussigné curé de cette paroisse ay reçu en cette église

    le mutuel consentement de mariage par parole de présent et j'ay donné

    la bénédiction nuptiale, avec les cérémonies prescrites par l'église à antoine

    cresp âgé d'environ vingt quatre ans, fils de pierre manéger et de marie

    rainard d'une part et à marie anne giraud âgée d'environ size ans,

    fille de jean françois ménager; et d'anne hugues tous de cette paroisse

    d'autre part; assistés l'un et l'autre de leur père et mère respectifs ci-

    dessus nommés et en outre se sieur marc antoine besson bourgeois, de

    françois arnaud tisserand, de christophe raibaud fils d'honoré ménager et

    de jean baptiste giraud fils de sebastien ménager tous temoins requis de ce

    lieu qui ont signé avec nous; ainsi que le père de l'épouse .les parties

    contractantes, les père et mère de l'époux et la mère de l'épouse

    ont déclaré ne savoir signer de ce interpellés.

    Les parents de Jean Pierre Brignolles [76] sont Jean joseph Brignolles [152] et marie Anne Hugues [153] qui se sont mariés à Châteauneuf le 26 avril 1809.

    les parent de Marie Chaudol [77] sont Jean Joseph Chaudol [154] et Marie Catherine Trastour [155] dont le mariage a été célébré à Roquefort les pins le premier juin 1815.

    Le couple suivant, avant dernier de la série que nous avons à étudier pose un problème.

    Les parents d'Antoine Roux [78] sont bien cités dans son acte de mariage avec Françoise Chabert [79]. Il s'agit de Jean Roux [156] et Marie Catherine Roux [157]. Selon les informations recueillies sur plusieurs arbres publiés sur geneanet, leur mariage aurait été célébré au Rouret le 27 mai 1794. Mes recherches pour retrouver cet acte sont restées vaines. La commune du Rouret a été créée en 1793. Il semble qu'auparavant, ce lieu était un quartier de Châteauneuf-Grasse. Sur le site internet des archives départementales des Alpes Maritimes, le premier registre concernant le Rouret date de 1767. Sur la première page on trouve la mention suivante :

    Cap au sud (II), ça ce complique

     

     registre des baptêmes

    et sépultures de l'église

    succursale de Bergiers

    dans le terroir de châteauneuf

    pour la présente année

    1767 dont l'établissement

    a été nouvellement fait

    Bergiers, le nom mentionné dans ce texte est un lieu-dit qu'on trouve effectivement sur les cartes, sur le territoire actuel du Rouret. Le premier acte de ce registre est daté du 24 avril 1767. A la suite de cette année on trouve les actes rédigés jusqu'en 1792. Avant 1770, on ne trouve sur ces pages que des baptêmes et sépultures. Peut-être que les mariages des habitants de cette succursale étaient célébrés à Châteauneuf.

    Le dernier acte du registre est daté du 24 décembre 1792.

    On trouve ensuite aux archives départementales un registre d'état civil qui couvre la période 1799 (14 Nivose an VII) à 1842.  Il y a donc une lacune entre 1793 et 1798. Et c'est précisément pendant cette période que se trouve le mariage entre Jean Roux [156] et Marie Catherine Roux [157].

    J'ai lancé plusieurs bouteilles à la mer, avec un peu de chance l'une d'entre elle portera la question de ce mariage jusqu’a un généalogiste qui connait la réponse.

    le dernier mariage de notre génération VIII pour cette branche est celui des parents de Françoise Chabert [79]. Il s'agit d'honoré Chabert [158] et d'Anne Pons [159] qui se sont mariés à Cipières le 30 juillet 1786. Voici leur acte de mariage:

    Cap au sud (II), ça ce complique

    honoré chabert âgé d'environ trente trois ans fils de

    christophe maître tailleur d'habits et magdelaine isnard de la

    paroisse de Coursegoules diocèse de vence et anne ponsâgée d'environ

    vingt ans fille d'etienne ménager et de marguerite martin de

    cette paroisse après les trois publications des bans aux messes

    paroissiales vu le certificat des dites publications de mr ?

    curé de la paroisse de coursegoules en date du premier du

    mois de juillet sans qu'il nous soit apparu aucun empêchement

    canonique ou civil ont contracté mariage aux formes du 

    saint concile de trente le 7 juillet mil sept cent quatre

    vingt six en présence de leurs parents qui ont signé et 

    sr claude vial bourgeois, clement martin bourgeois

    jean joseph tourbarel fils de feu honoré et andré giranud

    maréchal ferrant témoins qui ont signé avec nous. le dit honoré

    chabert et la dite anne pons ont déclaré ne savoir

    signer de ce enquis.

    Nous en avons terminé avec cette huitième génération. La suite viendra dans un futur billet.

    Amis lecteurs, je vous suggère de mettre à profit l'attente de cette suite pour étudier soigneusement les actes que contient le texte que vous avez sous les yeux. En effet, s'y cache une de ces particularités qui font tout le charme des recherches généalogiques. 

    la première bonne réponse sera richement primée, comme d'habitude.

    Enfin, un petit retour sur le billet précédent, cap au sud (I), dans lequel j'ai ajouté deux photos que ma ma sœur vient de m'envoyer.

      

     

     

     


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