• L’histoire en trois actes que je vais vous conter aujourd’hui a de nouveau pour décor la petite ville de Viarmes, dans le Val d‘Oise.

    Le premier se déroule le 13 mars 1740 et voit l’héroïne, Marie Louise Metayer, enterrer son époux, Jacques Delacroix. Voici l’acte que le curé de Viarmes dresse sur le registre de la paroisse, suivi de sa transcription :

    Une affaire rondement menée

    Jacques Delacroix chartier âgé de soixante-dix ans ou environ

    mort le treizième jour du mois de mars inhumé le lendemain dans le cimetière

    de ce lieu par moy prêtre vicaire de ce lieu sous signé, en

    présence de Charles Durand clerc de cette fabrique et de Claude Durand

    son fils qui ont signé.

    Une petite explication à ceux qui seraient déroutés par le terme "fabrique", utilisé dans cet acte, est peut-être nécessaire. Il s'agit, d'un point de vue strictement étymologique de la construction, du bâtiment appelé église. Ce terme désigne l'église sous son aspect temporel, l'aspect spirituel étant le domaine du curé.

    Jacques Delacroix et Marie Louise Metayer se sont mariés neuf ans plus tôt, le 23 avril 1731, à Viarmes. Voici leur acte de mariage :

    Une affaire rondement menée

    Jacques Delacroix garçon majeur domestique en cette paroisse fils de

    défunt Jacques Delacroix et de Jeanne Levacher ses père et mère de la

    paroisse de Nesle d’une part et Marie Louise Metaïer fille de Nicolas

    Metayer et de Marie Dupuis ses père et mère de cette paroisse

    d’autre part. Après la publication de deux bans faite aux prônes

    de nos messes paroissiales par deux dimanches consécutifs, dont

    le premier a été fait le dimanche vingt et un février et le second le dimanche

    quinze avril mil sept cent trente un, le denier desdits bans dispense

    obtenue de Monsieur le vicaire général de Beauvais datté du treizième

    avril audit an mil sept cent trente signé Michel Justiné et contrôlé audit Beauvais

    ledit jour et an que dessus par Renard sans que s’y soit trouvé aucune

    opposition les fiançailles célébrées le jour précédent ont été mariés le

    lendemain vingt troisième avril audit an mil sept cent trente un

    par moi prêtre curé soussigné, ledit Delacroix assisté de ladite

    Jeanne Levacher sa mère, de François Toquiny, la dite Marie Louise

    Metayer assisté dudit Nicolas Metayer Nicolas son père et autres parents

    et amis qui ont signé.

    Quelques remarques à propos de cet acte. Jean Douceur, le curé qui le rédige réussi à orthographier différemment, dans la même phrase, le nom de l’épouse : Metaïer d’abord puis Metayer, orthographe qu’il ne changera plus tout au long de l’acte. Emporté par son élan il évoque les dimanches consécutifs pour la publication des bans comme si le 21 février, date à laquelle fut publié le premier précédait le quinze avril, date du second. La dispense obtenue le 23 avril est bien étrange puisque, depuis la publication du premier ban, on avait tout le temps nécessaire pour respecter la règle des trois bans. D’un point de vue généalogique, l’acte de décès de jacques Delacroix lui donne 70 ans, il serait donc né vers 1670 et aurait eu 61 ans à la date de son mariage avec Marie Louise Metayer. Cet âge plutôt avancé ne l’a pas empêché d’avoir trois enfants, Jacques né et 1733, Marie Louise née en 1735 et Louis né en 1737 qui ne vivra qu’un an.

    C’est grâce aux travaux d’un autre généalogiste, Alain Diot, publiés sur généanet que j’ai retrouvé la trace des parents de Jacques Delacroix. Le couple a célébré son mariage à Hédouville, un village situé à une vingtaine de kilomètres de Viarmes, le 16 janvier 1676. Voici l’acte de mariage dressé à cette occasion.

    Une affaire rondement menée

    Jacques Delacroix de la paroisse d’Hédouville a

    épousé jeanne Levacher de la même paroisse en

    face de notre mère l’église toutes les cérémonies

    ? observées le seizième janvier mil six

    cent soixante-seize en présence de maitre Jean Levacher

    frère de ladite épouse et Marin Levacher son père

    et de Jeanne Liebault mère dudit Delacroix qui

    ont soussignés avec lesdits contractants

    La profession des époux n’est pas mentionnée dans l’acte, celles des parents non plus. Il devait s’agir de notables puisque, fait plutôt rare à cette époque, tous sont lettrés, y compris l’épouse et la mère de l’époux dont la signature montre une relative maîtrise de l’écrit.

    Nous avons vu au début de ce billet que la date de naissance de Jacques Delacroix, estimée sur la base de l’âge déclaré à son décès se situait vars 1670. Ses parents ayant célébré leur mariage en 1676, cette estimation est probablement fantaisiste.

    Une recherche dans les pages qui suivent celle du mariage dans le registre d’Hédouville nous  a permis de découvrir l’acte de naissance de Jacques, qui confirme l’exagération de son âge au moment de son décès :

     Une affaire rondement menée

    Ce jourd’hui dixième aout 1682 a été baptisé Jacques Delacroix fils de

    de Jacques et Jeanne Levacher sa femme son parrain jacques robnis ?

    de la ? et seigneurerie de ? sa marraine marie richard fille de pierre richard

    ?? par moi soussigné

    Comme il est né en 1682 et non en 1670, Jacques Delacroix avait donc 57 ans à son décès et 48 à son mariage avec Marie Louise Metayer.

    Ces précisions sur les origines de Jacques Delacroix ayant été données,  il est temps de rentrer dans le vif du sujet. Marie Louise Metayer, sa veuve commence le 13 mars 1740 un deuil qui va durer douze jours, et peut-être même un peu moins puisqu’il a sans doute fallut un peu de temps pour convaincre le curé de Viarmes d’annoncer au prône de la messe du 25 le projet de mariage entre Marie Louise Metayer, la veuve, et Joseph Perin. C’est le 26 avril de la même année que sera célébré ce mariage, comme le raconte l’acte, le second de cette saga, rédigé par le curé que je vous propose de lire.

    Une affaire rondement menée

      

    Une affaire rondement menée

     

    Joseph Perin manouvrier fils de Denis et de

    Jeanne Compagnon ses père et mère d’une part et Marie

    Mettailler, veuve de Jacques Lacroix d’autre part,

    tous de cette paroisse, après la publication des trois

    bans faite au prône de notre messe paroissiale par

    trois dimanches consécutifs dont le premier a été fait

    le vingt cinq du mois de mars mil sept cent quarante

    les deux autres en suivant sans qu’il s’y soit trouvé

    aucun opposition ny empêchement les fiançailles

    célébrées le vingt cinq avril et ont été mariés le lendemain

    vingt-six du présent mois d’avril mil sept cent

    quarante par moi prêtre vicaire de ce lieu sous

    signé ledit Joseph Perin assisté d’Alexandre Perin

    son frère et de Claude Durand. Ladite Marie

    Maittailler assistée de Nicolas Maittailler son père et

    de Louis Bertain son oncle qui ont signé

    Voila un veuvage qui doit pouvoir prétendre occuper une belle position au classement des plus courts de la spécialité.

    L’histoire ne s’arrête pas là puisque, moins d’une semaine plus tard, le 1er mai 1740, le curé reprend sa plume pour coucher sur le registre paroissial le troisième acte de cette étonnante histoire familiale

    Une affaire rondement menée

    Marie Françoise née le premier [mai] fille posthume de défunt jacques Delacroix et de Marie Metayer

    ses père et mère baptisée le même jour par moi prêtre vicaire

    de ce lieu soussigné le parrain Jean Baptiste Soret fils d’Antoine

    la marraine Marie Catherine Perrin fille de Simon, manouvrier

    tous de cette paroisse le parrain a signé la marraine a déclaré

    ne savoir signer de ce interpellée

    Je suis intrigué par cette précipitation de Marie Louise à vouloir se remarier alors qu’elle est sur le point d’accoucher d’un enfant de son premier mari. Y a-t-il un secret dans cette famille ?

    Le point final de cette histoire étant tapé sur mon clavier, je vais reprendre le décryptage du registre paroissial de Viarmes en me demandant quelle surprise Marie Louise et son nouvel époux nous réserve.


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  • Laissons de côté le carnet de Paul Bonneton qui alimentait ce blog depuis quelques temps, en attendant une inspiration pour régler l’épineuse question des unités auxquelles il a appartenu. Nous allons donc aujourd’hui nous intéresser à un acte de mariage et c’est de nouveau à Viarmes, dans l’actuel Val d’Oise, que je vous emmène. Il s’agit, une fois encore d’un couple sans relation de sang avec notre famille mais qui a vécu dans le même village que la branche Val d’Oisienne de la nôtre. L’acte en question présente deux particularités qui nous en apprennent un peu sur les mœurs du XVIIIème siècle. Voici donc l’acte dressé par Jean Douceur, curé du village, le cinq juillet 1735, lorsqu’il a célébré le mariage entre François Duchêne et Marie Anne Bimont. A la suite de l'acte, vous trouverez sa transcription.

     

    François Duchêne fils de défunt Nicolas et Duchêne et de Marie

    Davanne ses père et mère d’une part et Marie Anne Bimont fille

    de Claude Bimont et de Magdeleine Parisis ses père et mère d’autre

    part tous deux de cette paroisse. Après publication de trois bans faite

    aux prônes de nos messes paroissiales par trois jours de  dimanches

    consécutifs dont le premier a été fait le Dimanche quinze may mil sept

    cent trente cinq et les deux autres les deux Dimanches ensuivant sans

    qu’il s’y soit trouvé aucune opposition ny empêchement les fiançailles

    célébrées le jour précédent ont été mariés le lendemain cinquième jour du

    mois de juillet audit an par moi prêtre curé soussigné, le dit François

    Duchêne assisté de Louis Davanne son oncle maternelle et de François

    Anthiaume son voisin. Ladite Marie Anne Bimont assistée de ladite

    Magdeleine Parisis sa mère et de François Duchêne son beau-frère et

    tuteur de ladite Bimont nommé ad hoc, en l’absence de Claude Bimont son

    père dont on ne sait ce qu’il est devenu depuis quatre à cinq ans et ce par sentence

    de Monsieur de Bailly de Viarmes en date de deuxième juillet audit an mil sept

    cent trente-cinq et autres parents qui ont signé ladite Magdeleine

    a déclaré ne savoir signer de ce interpellée.

    Le cas du futur époux est des plus simples, il a presque vingt-cinq ans et son père étant décédé, il n’a à ses côtés que de simples témoins, son oncle Louis Davanne et son voisin François Anthiaume, qui n’est autre que le frère de Pierre, notre Sosa 672. Vous voyez, même si ce mariage ne concerne pas directement nos ascendants, nous n’en sommes pas très éloignés. Notons aussi que si son père avait été vivant au moment du mariage, sa présence aurait été nécessaire, valant consentement, puisque la majorité matrimoniale, celle qui permet de s’engager dans les liens d’un mariage est fixée à 30 ans pour les hommes depuis l’ordonnance de Blois de 1539.

    Pour la future épouse, Marie Anne Bimont, les choses sont plus compliquées. En effet, Marie n’a que 22 ans et la majorité matrimoniale qui est de 25 ans pour les femmes, toujours suivant l’ordonnance citée plus haut, n’est pas atteinte. Son père, Claude Bimont, devrait normalement consentir au mariage de sa fille, mais nul ne semble savoir où il se trouve. Selon l’acte, cela fait quatre à cinq ans qu’il a disparu. Il est né en 1688, et avait donc environ 42 ans au moment de sa disparition. Claude a eu avec son épouse six enfants dont trois sont morts en bas âge. La dernière trace qu’on trouve de lui dans les registres paroissiaux de Viarmes date du 29 juillet 1720, lors de l’inhumation de son fils Pierre. Il est mentionné dans l’acte de naissance de sa plus jeune fille, Jeanne, le 21 octobre 1721, mais sa présence au baptême n’est pas notée, ce qui n’a rien de très étonnant, puisque seule la signature des parrain et marraine apparaît sur les actes de baptême.

    Qu’est donc devenu Claude Bimont ? Est-il mort ? S’est il enfui pour reconstruire une nouvelle vie ?

    Nous savons bien peu de choses sur lui, sa profession n’est mentionnée dans aucun acte où il est cité. Il ne signe aucun de ces actes, marque d’une croix son propre acte de mariage et déclare aussi à plusieurs reprises ne savoir signer. Il est donc assurément  illettré. Amis lecteurs, vous pouvez donc laisser libre cours à votre imagination pour répondre aux questions posées plus haut. Sachez toutefois que je n’ai trouvé aucun cas similaire dans les actes que j’ai relevé à ce jour. Il semble donc que ces cas de disparition inexpliquée étaient beaucoup plus rares qu’aujourd’hui où on en dénombre environ dix mille chaque année.

    Revenons à notre mariage, ou plutôt à celui de François Duchêne et Marie Anne Bimont. Cette dernière a besoin d’un tuteur pour se marier. Elle en trouve un en la personne de François Duchêne, son beau-frère. Il n'exercera sa mission de tuteur qu'entre le 2 juillet, date de sa nomination,  et le 5 juillet, date de son mariage, soit trois jours. L'apparition de ce tuteur et beau frère doit vous faire réagir, car il se nomme exactement comme le futur époux ! Marie Anne a-t-elle une sœur épouse d’un François Duchêne ? Peu probable, sa seule sœur, Jeanne n’a que quatorze ans en 1735 et elle ne se mariera qu’en 1744 avec Jacques Adam. A défaut de trouver l'époux d’une sœur il nous faut chercher un frère à l’époux. Mais c’est une impasse car François, le futur époux, est en 1735 le seul survivant des neuf enfants, dont cinq fils, du couple formé par Nicolas Duchêne et Marie Davanne. Tout n’est cependant pas perdu car le terme de beau-frère avait une acceptation plus large qu’aujourd’hui. Nous avons aussi la chance de travailler pour cette période sur les registres relevés en mairie à Viarmes qui sont des originaux et portent donc les paraphes lorsque les signataires sont lettrés. Et le tuteur de Marie Anne signe distinctement son nom sur l’acte de mariage de sa protégée. Deuxième chance, il n’y a pas énormément de personne nommées François Duchêne à Viarmes qui peuvent convenir. Écartons sans hésitation François Duchêne, fils de François et Jeanne Levesque, né le 29 juillet 1702 puisqu’il ne vivra que quelques jours. Ce même couple donnera le prénom de François à un autre fils, né le premier janvier 1704. Lui vivra et est déjà connu dans l’arbre familial comme époux de Magdeleine Langlois. Bingo, la signature qu’on trouve au bas de son acte de mariage est bien la même que celle qu’on trouve sur l’acte qui m’a conduit à rédiger ce billet. Vous pouvez vous-même le vérifier en examinant l’acte :

      

    Reste toutefois une question à régler, le tuteur de Marie Anne Bimont est fils de François Duchêne (encore un…) et Jeanne Levesque alors que l’époux de la dite Marie Anne est fils de Nicolas et Marie Davanne. Quel lien familial y-a-t’il entre ces deux François Duchêne ? La réponse à cette question se  trouve dans la génération du père de Nicolas. Il s’appelle lui aussi François et est l’époux de Marie Lemaire. Et ce François-là, époux de Marie Lemaire et l’autre, époux de Jeanne Levesque sont vraisemblablement une seule et même personne. Nous somme certain que Marie Lemaire, la première épouse de François Duchêne est décédée avant le 7 juillet 1704 car elle est notée défunte dans l’acte de mariage de son fils Nicolas avec Marie Davanne. Et la première fille issue du second mariage, avec Jeanne Levesque est née vers 1696. Toutes ces dates sont compatibles et, pour confirmer cette hypothèse, le François Duchêne époux de Marie Lemaire est maçon, comme celui qui a épousée Jeanne Levesque. Son fils François, tuteur de Marie Anne Bimont lors de son mariage, est donc le demi-frère de Nicolas Duchêne, père de l’époux. Et donner le nom de beau-frère à une personne possédant un tel  lien de famille était possible en ces temps. Nous n’avons en main aucun des deux actes de mariage de François Duchêne avec ses épouses successives pas plus que nous n’avons l’acte de décès de la première épouse. On peut trouver sur internet (geneanet) un arbre posté par une généalogiste, Dominique Julliard, un mariage entre François Duchêne et Marie Lemarie (fille de Barthelemy Lemaire et Magdelaine Lingeois). Ce mariage a été célébré à Mareil en France le 20 novembre 1679. Mareil en France se trouve à quelques kilometres de Viarmes et il est vraisemblable qu’il s’agisse du premier mariage du François Duchêne que nous connaissons. D’ailleurs sur le même arbre on retrouve le fils Nicolas, époux de Marie Davanne. Malheureusement les registres paroissiaux de cette période pour cette localité ne sont pas disponibles en ligne et je n’aime guère inclure dans mes documents des informations ans en avoir vérifié la source. Si l’occasion se présente, une petite visite à la mairie de Mareil en France permettra sans doute de valider ce mariage.

    Peut-être que cette histoire vous a donné le tournis et que vos rêves vont être hantés par des hordes de François Duchêne. Vous noterez toutefois que pendant le cours de cet épisode, nous avons arithmétiquement diminué le nombre de François Duchêne en fusionnant les époux de Marie Lemaire et de Jeanne Levesque. Ne vous réjouissez pas trop vite car, afin de conserver la bonne quantité de François Duchêne, je vais vous en ajouter un. Nous n’avons de lui qu’un acte de décès daté du 26 mars 1728 qui  porte une signature d’un témoin que vous connaissez bien et qui se nomme, bien sûr, François Duchêne.

     

    On dit dans l’acte qu’il s’agit de son frère mais vu son âge, 44 ans, on peut situer sa naissance vers 1684 et il s’agit plutôt d’un demi-frère, issu du premier mariage de François Duchêne, le père. Notons au passage que cet acte est une confirmation de plus de ce double mariage.

    Il ne reste plus qu’à espérer que, si nous découvrons les actes qui nous manquent dans ce puzzle, leur contenu ne sera pas le souffle de vent qui ruine ce château de carte patiemment construit.

    Pour conclure, un extrait de l’arbre avec les principaux protagonistes de ce billet aidera sans doute les lecteurs égarés à retrouver leur chemin.


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  • Cette rubrique reprend le titre des  billets publiés depuis l'origine sur ce blog, dans l'ordre chronologique décroissant (les plus récents en tête). Chaque ligne est un lien qui renvoie au billet en question.

    date titre du billet
    3 avril 2018 Audicourt, Heudicourt le trublion de l'orthographe frappe de nouveau
    25 mars 2018 Le cavalier Jacques Lecomte n'a pas franchi le Rhin
    12 mars 2018 un autre voyageur, sur la même route
    4 décembre 2017 Cap au sud (IV)
    28 novembre 2017 Cap au sud (III), ça se complique
    9 novembre 2017 Cap au sud (II)
    28 octobre 2017 Cap au sud (I)
    31 juillet 2017 Le marquis et le plâtrier
    16 mars 2017 Mort d'un autre mendiant
    10 janvier 2017 La déchéance de Jean langlois
    20 novembre 2016 Des noms !
    14 novembre 2016 Evasion fiscale
    11 novembre 2016 Tragédie grecque, complément d'enquête
    10 novembre 2016 Tragédie grecque
    28 octobre 2016 Un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (III)
    13 octobre 2016 Un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (II)
    12 octobre 2016 Un implexe Val d'Oisien et quelques trompettistes (I)
    20 septembre 2016 Le retour de la brebis égarée
    1er septembre 2016 Un autre mariage curieux
    11 juillet 2016 Quand on aime, on ne compte pas les mariages
    4 juillet 2016 Une affaire rondement menée
    26 avril 2016 Deux énigmes pour le prix d'une
    15 mars 2016 Le carnet de Paul Bonneton (V) Anatole Loubeau, un ami du 36eme RAC
    11 mars 2016 Le carnet de Paul Bonneton (IV)
    23 février 2016 Le carnet de Paul Bonneton (III)
    14 février 2016 Le carnet de Paul Bonneton (II)
    8 février 2016  Henri Breton, une triste fin
    5 février 2016 Une récidiviste
    27 janvier 2016  Le carnet de Paul Bonneton (I)
    29 décembre 2015  La veuve joyeuse
    10 décembre 2015 Le long voyage d'Hugues André dit comtois
    23 septembre 2015 Le bon vieux temps
    25 juillet 2015 Trop tard
    26 janvier 2015 Il était temps : le dénouement
    22 décembre 2014 Il était temps !
    17 novembre 2014 Les noces mouvementées de Jacques Chéron et Geneviève Clichy
    28 août 2014 Triplette armoricaine
    8 février 2014 De Saint Carreuc à Viarmes
    13 janvier 2014 pèlerinage en Bretagne
    22 novembre 2013 Où va être enterré Jean Beraud ?
    2 juillet 2013 Artilleur et caoutchoutière
    19 juin 2013 Des nouvelles d'Henri Breton, le nouveau venu
    1er juin 2013 Henri, le grand oncle venu de nulle part
    27 mai 2013 Implexe et jeux de prénoms (2)
    6 mai 2013 Implexe et jeux de prénoms (1)
    2 avril 2013 Recherche Marie, désespérément
    1er avril 2013 Les moulins des Andrivaux
    30 mars 2013 La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (2) enfance d'après guerre
    12 mars 2013 Du coté de Limonne
    5 février 2013 Meunier tu dors...
    5 février 2013 La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (1) les origines
    17 janvier 2013 De Maclas à Lupé, au fil capricieux du temps
    8 janvier 2013 Jeanne, enfant de l'amour
    6 janvier 2013 La maison familiale de Gencenas (3) : mystère dans l'étude du notaire
    30 décembre 2012 Le tour de France des Compagnons
    27 décembre 2012 La maison familiale de Gencenas (2) : le viager
    26 décembre 2012 La maison familiale de Gencenas (1) : souvenirs, souvenirs
    16 décembre 2012 Double implexe au pied du pilat
    15 décembre 2012 Mariages entre apparentés, implexe
    15 décembre 2012 La numérotation SOSA
    13 décembre 2012 Le tragique destin de Françoise Bonneton
    10 décembre 2012 L'ascension de Jeanne Marie Silvestre
    8 décembre 2012 Claudy Boucher, lettre du front

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  • Si vous avez suivi les échanges de messages sur le forum des pages 14-18, vous savez que la reconstitution du parcours de Paul Bonneton rencontre quelques difficultés. La cohérence des informations de sa fiche matricule est en cause et, avant de passer à l'analyse des journaux de marche et d'opération, dans la mesure où il sont disponibles, il faut d'abord avoir identifié avec certitude les unités dans lesquelles Paul à servi.

    Même la date de la photo de Paul avec son épouse, ou sa future épouse, n'est pas certaine puisque certaines caractéristiques de l'uniforme qu'il porte conduisent à des dates différentes. En effet, les membres du forum ont commenté cette photo et si l'absence de chevron sur le haut de la manche gauche -les poilus en cousaient un pour chaque année passée au front- milite pour une date de prise de vue en 1915, la couleur du pantalon fait plutôt penser à une date plus tardive. Mais comme ni la coupe de la vareuse ni la coiffe, un béret, ne sont réglementaire, aucune conclusion définitive n'est possible.

    Afin d'apporter de nouvelles informations, au risque de compliquer encore la situation, j'ai examiné d'autres pages du carnet, celles où sont notées les coordonnées de personnes avec lesquelles Paul fut, à un moment de sa vie en relation, dans l'espoir d'y trouver des noms de soldats l'ayant cotoyé. Voici la première de ces pages, la douzième du carnet :

    Le carnet de Paul Bonneton (V) Anatole Loubeau, un ami du 36eme RAC

    la treizième :

    Le carnet de Paul Bonneton (V) Anatole Loubeau, un ami du 36eme RAC

     la quatorzième :

    Le carnet de Paul Bonneton (V) Anatole Loubeau, un ami du 36eme RAC

     et enfin la quinzième :

    Le carnet de Paul Bonneton (V) Anatole Loubeau, un ami du 36eme RAC

    Certaines de ces pages nous sont déjà connues puisque nous y avons trouvé les coordonnées de Charles Mortimore et de Henry Breton dont il a été question à de multiples reprises sur ce blog.

    De nombreuses autres concernent la période militaire de la vie de Paul.

    Par exemple sur la douzième pages, Paul a noté J.Pessonneaux, 241 d'artillerie, 28eme batterie. Mais Pessonneaux est un patronyme très répandu dans la Loire, région d'origine de Paul et il s'agit vraisemblablement d'une de ses connaissances d'avant sa mobilisation plutôt que d'une personne rencontrée sur le front.

    D'autres lignes contiennent trop peu d'informations pour espérer identifier la personne. Notons au passage qu'il y a même un certain Georg Schütz, indiscutablement allemand puisque résident à Ensdorf près de Sarrelouis, ville mentionnée à deux reprises dans le carnet. Voila un autre mystère qu'il va falloir éclaircir, ou au moins tenter de le faire, plus tard...

    Pour ce qui concerne la recherche de compagnons militaires de Paul, la piste la plus intéressante se trouve sur la page 13 du carnet. Anatole Loubeau y apparaît deux fois. La première avec une adresse dans les Deux-Sèvres et la seconde avec une adresse qui ressemble à une localisation militaire, un peu comme si les routes de Paul et d'Anatole s'étaient séparées et qu'ils avaient souhaité échanger leurs coordonnées afin de continuer à correspondre.

    La première adresse permet de retrouver Anatole Loubeau dans les registres matricule des Deux-Sèvres. Voici la fiche matricule d'Anatole, l'ami de Paul :

    Le carnet de Paul Bonneton (V) Anatole Loubeau, un ami du 36eme RAC

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Anatole Loubeau, né à Faye-l'abesse en 1882 réside bien à Louin, ville noté par Paul dans son carnet. Il est l'aîné de Paul, né en 1889. Il est bien, comme Paul, passé par le 36eme régiment d'artillerie de campagne, même si j'ai du mal à déchiffrer l'année de son arrivée dans cette unité, à cause de cette malheureuse manie qu'avaient les scribes de l'époque de former leur chiffres de la façon la plus bizarre possible. Gageons que les experts en questiond militaires du forum saurons extraire de cette fiche tout ce qui pourrait nous aider à reconstituer le parcours de Paul.

    Mail il y a mieux encore. Anatole Loubeau a un descendant qui partage ma passion pour la généalogie et qui a posté sur Geneanet un arbre sur lequel Anatole porte le n° Sosa 24. En clair, ce passionné a Anatole Loubeau comme arrière-arrière grand père, j’imagine donc qu'il doit être nettement plus jeune que moi... Je vais lui envoyer un message en lui racontant mon histoire, ou plutôt ce que nous savons de celle de Paul. Avec un peu de chance, il disposera d'informations sur la carrière militaire de son aïeul et, pourquoi pas, sur les relations qu'il avait avec Paul.

    Donc à bientôt pour de nouvelles aventures.

     


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  • Les recherches sur le parcours de Paul pendant la grande guerre commence à peine et déjà la première énigme !

    Selon sa fiche matricule, il est arrivée sur le front le 20 février 1915 au 36eme régiment d'artillerie de campagne puis a été muté, le 15 août de la même année au 113eme régiment d'artillerie lourde hippomobile.

    Pourtant sur la photo que nous avons de lui, en compagnie de Jeanne Joséphine son épouse que nous pensions dater de 1919, on voit clairement sur le col de sa vareuse l'insigne du 36eme RAC.

    Il faut donc remettre en cause soit le n° régiment soit la date de la photo.

    La guerre de 14 18 passionne de nombreux chercheurs et j'ai soumis mon problème sur le forum http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Pages-d-Histoire-Artillerie/Artillerie/bonneton-36eme-113eme-sujet_2476_1.htm

    Plusieurs membres se penche sur la question et l'un d'entre eux me signale que le lien que j'ai mis dans mon message vers la fiche matricule Paul ne fonctionne pas.

    Comme Eklablog accepte une meilleure résolution que le forum, je place ici la fiche elle même.

     Le carnet de Paul Bonneton (IV)

     

    Le carnet de Paul Bonneton (IV)

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