• Dans un billet récent, Mireille vous a fait visiter Saint Carreuc, terre d’origine de nos aïeux bretons. Nous allons essayer de comprendre comment, en deux générations seulement, les ramifications de notre arbre généalogique se sont étendues jusqu'à cette province qui se trouve être la plus éloignée du lieu où sont nés la plupart de nos autres ancêtres.

    Au XIXème siècle, la Bretagne avait du mal à nourrir ses enfants, le développement de l’ère industrielle n’avait pas encore eu vraiment d’impact sur cette province décentrée. Beaucoup de jeunes adultes quittaient leur terre natale pour venir en région parisienne, dans l’espoir d’un avenir meilleur. Cette main d’œuvre peu qualifiée se voyait presque toujours confier des tâches ingrates. Les femmes devenaient employées de maison et les hommes journaliers.

    Dans notre famille, certains des neuf enfants de Guillaume François Tréhorel et Jeanne Marie Rose le Creurer firent le choix de ce grand mouvement

    Aussi loin qu’on remonte dans le temps, les ascendants de Guillaume François Tréhorel sont tous nés et ont vécu dans un petit périmètre du pays de Saint Brieuc. Il n’y a que quelques kilomètres entre les villages de  Saint Carreuc, Plédran, Plaintel, Ploeuc sur Lie où on retrouve la trace des ces aïeux. Tous sont des travailleurs de la terre, au moins depuis que les professions sont notés dans les registres.

    Le père de  Jeanne Marie Rose Le Creurer est menuisier, son grand père a été soldat et est décoré de la légion d’honneur, sa mère, Marie Gautier, est fille de laboureur.

    Le couple se marie le 4 octobre 1857 à Saint Carreuc, tout juste un an après, le 10 octobre 1858, naît une fille, Philomène Jeanne. Le malheureux destin de cette Philomène sera scellé le 4 mars 1879, à la naissance de sa fille Marie Joseph, car Philomène est une mère célibataire et l’époque n’est pas tendre avec celles qui s’écartent du chemin. Elle est toujours seule au mariage de sa fille le 10 mai 1905.

    En 1860, le 24 août, va naître Marie Jeanne, notre arrière grand-mère. Elle est sans doute la première de la famille à s’éloigner de sa Bretagne natale. Elle a 24 ans lorsqu’elle épouse Alfred Eugène Breton, le 20 juin 1885, à Viarmes dans le département de la Seine et Oise de l’époque, Val d’Oise aujourd’hui. L’acte de ce mariage nous apprend qu’elle est domiciliée à Rennes, alors que les bans sont publiés à Saint Carreuc. Ses parents ont consenti à son mariage devant un notaire à Plaintel, aucun membre de sa famille n’est présent à ce mariage et les deux amis de l’épouse mentionnés comme témoins sont domiciliés à Viarmes. Marie Jeanne à donc quitté le foyer familial puis, après une étape à rennes dont nous ignorons la durée, elle est finalement partie pour la région parisienne. S’agit-il d’une filière organisée ou a-t-elle pris en main, seule, son destin ? Comme presque toujours, lorsqu’une question  est posée dans ces billets, la réponse ne dépend que de vous.

    Mais c’est bien à Viarmes que Marie Jeanne passera sa vie, puisque, après le décès d’Alfred Eugène Breton, elle épousera Sylvain Louis Antoine Amédée Caillet, natif de Fléré la Riviere en Indre, mais le couple vécu à Viarmes où les deux décéderont, lui en 1910 et elle en 1943.

    Jeanne Marie Françoise, la petite sœur de Marie Jeanne, née le 23 avril 1862 ne fera pas un aussi long voyage, puisqu’elle épousera Marc Toussaint Quintin, natif d’Yffiniac, cotes d’armor, le couple s’installe à Plédran.

    En 1863, le 17 novembre, naîtra Guillaume, premier enfant mâle de Guillaume François et Jeanne Marie Rose Le Creurer. Nous le retrouvons le 1er septembre 1894 à Viarmes où il épouse Marie Joséphine Penard, native du Morbihan. Les parents des deux époux sont absents et ont consenti  au mariage devant notaire. Le couple d’installe à Viarmes où Guillaume exerce successivement les professions de caoutchoutier puis de cantonnier. Il est difficile d’imaginer que c’est le hasard et non le fait que sa sœur y vive qui a conduit Guillaume à s’installer  dans le Val d’Oise.

    François Marie Thréhorel, frère des précédents, né à Saint Carreuc le 11 novembre 1866 sera lui aussi tenté par l’aventure parisienne. Bien qu’il épouse le 19 novembre 1893 Anne Marie Gicquel, aussi native de Saint Carreuc , on retrouve sa trace à Paris en 1897 le premier février à la naissance de sa fille Zéline Almarie. Zéline est née au 33 rue de la Bûcherie qui est une annexe de l’hôpital de l’hôtel dieu. Ses parents sont domiciliés à Levallois Perret  au 175 de la rue Dubois. Ils exercent la profession de Journalier et ménagère. La déclaration de naissance est faite en mairie par des employés de l’hôpital et, hormis les parents, aucun membre de la famille n’est cité dans l’acte. L’expérience parisienne de ce couple semble avoir tourné court, puisque nous retrouvons leur trace à Saint Carreuc le 17 janvier 1900, à l’occasion du décès de la malheureuse Zéline dont le deuxième prénom est devenu Anne Marie. Sans doute un problème de prononciation, lors de sa naissance à Paris, le français n’était pas toujours la langue d’usage en terre bretonne. François Marie déclare en 1900 être laboureur. Deux autres enfants naîtront de cette union,  à Saint Carreuc.

    La famille s’agrandit encore avec deux nouvelles filles, Anne Marie Françoise, née le 5 mai 1869 et Joséphine Marie le 26 octobre 1872. Aucune des deux ne sera tentée par la migration vers la région parisienne. La première épousera, le 25 janvier 1891, à saint Carreuc, Jean Marie Bougeard, un laboureur et la seconde épousera, elle aussi à Saint Carreuc le 28 avril 1898, Jean Marie Jacques Tardivel, employé aux chemins de fer de l’ouest. Il faut noter que Guillaume Tréhorel est revenu en Bretagne pour le mariage d’Anne Marie Françoise, il est cité comme témoin sur l’acte.

    A ce stade de l’histoire, Jeanne Marie Le Creurer a eu sept enfants et, fait assez étonnant tous ont vécus, résistant aux maladies infantiles qui faisaient des ravages à l’époque.

    Malheureusement, la chance abandonna le couple et les deux derniers enfants, nés l’un en 1875 et l’autre en 1876, succombèrent  dès leur naissance. Le premier se prénommait Yves Marie et le second n’eu même pas le temps de recevoir un prénom.

    Pour conclure cet épisode de notre histoire familiale, il faudra se souvenir que Guillaume François Tréhorel et Jeanne Marie Rose Le Creurer eurent neuf enfants, dont sept vécurent. Sur les sept il y avait seulement deux garçons et tous deux furent tentés par un départ vers la région parisienne, un seul persévérant. Et des cinq filles une seule quitta sa Bretagne. C’était sans doute une forte personnalité car elle semble avoir ouvert la voie aux autres. Et c’est, au moins en partie, grâce  à son initiative que ces lignes ont pu être écrites.

    Vous connaissez déjà l’étape suivant de cette migration qui commence en Bretagne et se termine sur les rives du Rhône. Elle vous a été contée dans le billet intitulé « Artilleur et caoutchoutière » dans la rubrique Génération III en date du 2 juillet 2013. Relisez le si vous avez besoin de rafraîchir votre souvenir.


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  • En 1860, Marie-Jeanne Tréhorel nait à Saint Carreuc, en Bretagne du nord, dans le département des Côtes d’Armor. Ses parents, grands parents, et ses ascendants retrouvés par Guy dans les registres paroissiaux sont Bretons (les recherches s’arrêtent au XVII ème siècle).

    En 1885, Marie-Jeanne se marie à Viarmes, en Ile de France, dans le département du Val d’Oise avec Alfred Eugène Breton, qui, contrairement à ce que laisse supposer son nom, n’est pas d’origine bretonne. Le frère de Marie-Jeanne, Guillaume, est également à Viarmes, à cette époque.

    Marie-Jeanne et Alfred ont plusieurs enfants, dont Jeanne qui épousera Paul Bonneton. De cette union naitra Georges, plus connu par la suite sous le surnom de Jojo.

    Tout ça pour arriver à la conclusion qu’avec une arrière grand-mère bretonne, et un huitième de sang breton dans les veines, une petite reconnaissance sur le territoire de ces aïeux bretons s’imposait.

    Nous voici donc partis, avec Guy, en direction du nord de la Bretagne, en partant d’Arradon. Nous traversons des zones essentiellement agricoles, des petits bourgs, des fermes isolées avec, souvent, de grands hangars, probablement destinés à l’élevage intensif de vaches, cochons, poulets…

    Nous arrivons à Saint Carreuc, un des berceaux de la famille. C’est un bourg de 1500 habitants, avec des maisons en pierres grises ou badigeonnées de blanc, des toits en ardoise à double pente, comme la majorité des maisons bretonnes.

    pèlerinage en Bretagne

    Au centre du bourg, l’église est entourée de quelques vieilles maisons.

    pèlerinage en Bretagne

    Le village est assez désert, mais depuis quelques jours une tempête s’est abattue sur la Bretagne, le vent est violent, il pleut encore plus qu’habituellement, donc c’est normal qu’à part deux touristes particulièrement motivés, les autochtones et les visiteurs ne mettent pas le nez dehors. Aucune plaque n’indiquant la maison des Tréhorel , nous sommes bien incapables de savoir où ils habitaient, mais nous avons vu l’église où ils ont été baptisés et où certains se sont mariés puis, plus tard, ont assisté, témoins silencieux, à leur dernière messe. Pourquoi Marie-Jeanne et son frère Guillaume ont-ils quitté la terre de leurs ancêtres ? Leurs parents étaient agriculteurs, laboureurs. A Viarmes, Marie-Jeanne était cuisinière, journalière, Guillaume cantonnier. Il est probable que les conditions de vie étaient devenues difficiles, et qu’aux aléas de la terre, ils ont préféré un travail salarié plus stable. A une soixantaine de Km de St Carreuc, à Pontigny, une plaque, posée devant la maison du collecteur des impôts nous apprend que sous Louis XIV la population était pressurée par les maitres du pouvoir. Les années passent, les régimes changent, les méthodes restent les mêmes.

    Nous poursuivons notre recherche à Ballandes, lieu-dit situé à 2km de Saint Carreuc. Une vieille ferme, quelques maisons anciennes et de nouvelles constructions : on peut imaginer l’environnement de nos aïeux, leur style de maison.

    pèlerinage en Bretagne

    Nous nous dirigeons ensuite à Saint Brieuc, d’où sont originaires quelques ancêtres encore plus lointains. La ville, très étendue, a un relief surprenant : elle est traversée par deux vallées encaissées creusées par des rivières. Deux viaducs impressionnants ont été construits. Nous renonçons à nos recherches pour faire un peu de tourisme le long des côtes. Nous allons jusqu’à Paimpol, et ses falaises (air connu). Cette côte est très belle, sauvage, préservée, et, nous avons de la chance, la pluie s’est enfin arrêtée.

    pèlerinage en Bretagne

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    En plus des photos prises lors de cette visite en Bretagne, les quelques cartes postales anciennes trouvées sur internet vous donneront une idée de la vie des habitants de Saint Carreuc il y a quelques décennies. Il n'est d'ailleurs pas impossible que certains des personnages qu'on voit sur ces cartes soient nos cousins.

     

    pèlerinage en Bretagne

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    pèlerinage en Bretagne

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    pèlerinage en Bretagne

    Avons-nous eu des ancêtres marins ou pêcheurs ? ou bien étaient-ils agriculteurs, à l’intérieur des terres ? Notre escapade ne donne pas la réponse, mais nous avons planté le décor, à vous d’imaginer l’histoire …


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  • Ce billet et consacré à Jean Beraud et plus particulièrement à son inhumation qui s’est déroulée dans des conditions plutôt inhabituelles.

    Jean Beraud est un aïeul de la branche maternelle dans laquelle il porte le numéro Sosa 222.

    Il est né le 21 aout 1700 à Chezenas, un hameau situé sur les hauteurs de saint Pierre de Bœuf. Il a épousé en 1734 Françoise Tranchand et le couple a eu onze enfants, ce  qui n’a rien d’extraordinaire pour l’époque. Il est aussi le grand père de Rose Françoise Crotte que vous connaissez déjà puisque la naissance, hors mariage, de sa fille Jeanne vous a été contée dans le billet intitulé « Jeanne, enfant de l’amour ».

    En 1775, Jean est veuf depuis huit ans et lui-même va rencontrer la grande faucheuse au moi de mai.

     Voici l’acte rédigé par le curé Journel  lors de son inhumation.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L’an mil sept cent soixante quatorze et le vingt deux [mai]

    a été inhumé au cimetière de Saint Pierre de Bœuf jean Beraud

    âgé de soixante et quinze ans  vigneron à Chezenas défunté

    subitement en chemin rendant de Chezenas à Maclas

    inhumé par ordonnance des juges de Lyon à nous signifiée

    ce jourd’hui a signé ?? greffier en date du vingt deux

    mai 1775 en présence de mathieu favier et benoit boucher ce

    dernier lettré et non ledit favier

     Jean Beraud est donc subitement mort sur le chemin de Maclas. Ni la date ni les circonstances du décès ne sont précisées dans cet acte, mais on peut supposer qu'il est mort la veille de l’inhumation, soit le vingt et un mai qui était un dimanche. Lorsqu’un décès intervenait sans que les derniers sacrements aient pu être  administrés au défunt, le curé précisait souvent la cause – accident, incapacité à communiquer- dans l’acte. Rien de tel dans le cas de Jean Beraud, ce qui laisse supposer que rien de suspect n’a été constaté lors de la découverte de sa dépouille.

    Reste cette ordonnance des juges pour inhumer le défunt dans la terre sacrée du cimetière qui n’est vraiment pas courante. Je n’ai d’ailleurs rencontré, à ce jour, aucun cas similaire. On voit mal les juges de Lyon se mêler de l’inhumation d’un simple laboureur apparemment bon chrétien. C’est sans doute le curé lui-même qui a pris l’initiative de cette démarche.

    L’ordonnance elle même, insérée dans le registre, ne nous en apprend guère plus.

     

    Suivant l’ordonnance rendue

    Ce jourd’hui par Monsieur le juge des

    Juridiction réunies de Malleval, Virieu et

    Chavanay il est enjoint à M Journel Curé de la

    paroisse de Saint pierre de Bœuf d’inhumer en

    terre sainte le cadavre du nommé Jean Beraud

    laboureur du lien de chezenas ditte paroisse à la

    représentation duquel cadavre pierre eparvier

    gardien sera contraint de livrer au greffe criminel

    le vingt deux mai mille sept cent septante cinq

    Peut-être faut-il chercher dans le contexte historique l’explication. Louis XVI vient tout juste de succéder à Louis XV, son grand père. Ce règne qui se terminera tragiquement pour le souverain commence par de grandes réformes qui ont dû provoquer dans la population des réactions et créer des clivages. Mon hypothèse est donc la suivante : Jean Beraud se met en avant pour défendre ces réformes et le curé, plutôt attaché au maintien du pouvoir de l’église qu’il sent menacé, utilise les  circonstances du décès pour envoyer à la population un signe fort en contestant le droit du défunt progressiste à la terre consacrée du cimetière, plutôt que d’inhumer tranquillement son ouaille sans rien dire aux autorités. Si mon hypothèse est la bonne, on peut dire que le curé Journel s’est fourvoyé, puisque les juges, plus fins politiques et sans doute mieux informés des tendances du pouvoir central lui ont ordonné de mettre de coté ses doutes sur l’opportunité d’accueillir la dépouille de Jean Beraud en terre consacrée.

    Mais peut-être aussi que le curé Journel se contentait d’appliquer les instructions reçues de ses supérieurs. Car, le moment venu, il prendra part au grand chambardement. Son nom apparait dans le procès verbal de l’assemblée des trois ordres chargé de rédiger les cahiers de doléances  le 16 mars 1789.

     

    C’est même lui qui rédigera les derniers actes consignés sur les registres paroissiaux le 30 décembre 1792, preuve qu’il accepta de prêter serment à la constitution.

    Son nom continue d’apparaitre sur les registres d’état civil en 1793 avec la mention « Journel curé officier public » puis « Journel officier public » tout court.

    Alors toute cette histoire n’est peut-être que le pur produit de mon imagination.

    Qu’en pensez vous, chers lecteurs ?


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  • Ni implexe ni fumeuse spéculation à base de numéros Sosa dans le présent billet, une simple évocation des parents de Jojo et de leur vie, au tout début du XXeme siècle.

    Il va donc être question de Paul Jean Félix Bonneton, né à saint Pierre de Bœuf le 2 mars 1889 et de Jeanne Joséphine Breton née à Viarmes le 6 mars 1891. Mireille nous a conté le tour de France de Paul, devenu compagnon menuisier à Bordeaux en 1910. Nous savons par sa fiche matricule militaire qu’il mesure 1m68, qu’il a les yeux bleu clair et les cheveux châtain clair. Incorporé pour son service militaire le 10 octobre 1911, il est réformé le 11 mai 1912 pour motif de pleurésie droite et amaigrissement, toujours selon sa fiche matricule. Classé dans la réserve en 1914, il a 25 ans lorsqu’on le rappelle, le 20 février 1915 au 36eme régiment d’artillerie. A cette date, ce régiment, selon le journal de marche visible sur le site mémoire des hommes (http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_968_003/viewer.html) , est en opération dans la Somme du coté de Fresnières.

    Paul sera mis en congé illimité de démobilisation le 31 juillet 1919. Il est donc encore sous les drapeaux, lors de son mariage, à Viarmes le 22 février 1919. Nous pensions ne pas avoir de trace photographique de Paul, mais Mireille, examinant une nouvelle fois le contenu de la boite à chaussure contenant les photos venues du passé,  découvert celle-ci :

    Le numéro 36 sur le col de l’uniforme de ce militaire ne laisse aucun doute, il s’agit bien de Paul et il est en compagnie de Jeanne Joséphine. Cette photo à probablement été prise lors de leur mariage. A l’époque on posait traditionnellement devant une toile peinte simulant un décor antique dans le studio du photographe, après être passé devant monsieur le maire.

     caoutchouc

    Quelle émotion de découvrir le visage de ce grand père ! La suite de sa triste histoire vous a déjà été contée. Mort en 1924 à l’âge de 35 ans, alors que Jojo n’avait même pas deux ans, il a cruellement manqué à son épouse et à ses enfants. Et ses petits enfants, les enfants de Jojo et Fernande, n’ont pas pu connaitre cette relation si particulière qui unit les cœurs, tel un pont, par-dessus une génération.

    La jolie brune au coté de Paul sur la photo est donc Jeanne Joséphine, la douce et réservée personne qui a assisté notre apprentissage de la vie à saint Pierre de bœuf puis à Condrieu. Née à Viarmes en 1891, d’une mère venue de Bretagne et d’un père natif du Val d’Oise, elle déclare lors de son mariage la profession de caoutchoutière. Intrigué par ce métier peu commun, j’ai fais quelques recherches et, grâce aux sites internet de la ville d’Asnières sur Oise, toute proche de Viarmes, et de son office du tourisme nous en savons un peu plus sur cette activité.

    En effet, si le caoutchouc, produit à partir de la sève de l’hévéa est connu depuis des siècles, ce n’est que pendant le dix neuvième siècle que son développement deviendra vraiment industriel. Monsieur Cullaz, industriel parisien installe donc vers 1860 à Asnière un atelier de fabrication d’imperméable puis de jouets. L’activité ne cessera de se développer jusqu’à employer 700 personnes en 1960. Fortement touchée par la crise pétrolière des années 70 elle sera reprise par Vully, fabricant de la célèbre girafe Sophie, aujourd’hui considérée comme toxique, mais mâchouillée par des générations d’enfants. Toute production cessera sur le site d’Asnière en 1993.

    Si Jeanne Joséphine n’a donné naissance à aucune Sophie, puisque le permier bébé girafe n’a vu le jour en qu’en 1961,  elle a vraisemblablement exercé dans cette usine d’Asnière sur Oise  la mystérieuse profession de caoutchoutière.

    Pour donner plus de substance à cet épisode de l’histoire industrielle de notre pays, je vous livre les photos issues de la photothèque  du site évoqué plus haut, que je remercie au passage.

    http://www.ville-asnieres-sur-oise.fr/content/passe-industriel

    http://tourisme-asnieres-sur-oise.fr/usine-delacoste.html

    Les photos ne sont pas datées, il n’est pas impossible  que Jeanne Joséphine apparaisse sur l’une d’entre elle !

    L'autoclave de cuisson des ballons

    caoutchouc

     le gonflage des ballons

    caoutchouc

     

    la calandre à tirer les feuilles de caoutchouc

    caoutchouc

      

     L'atelier de petite peinture

    caoutchouc

     

    carte postale avec vue de l'usine

    caoutchouc

     

    autre vue de l'usine

    caoutchouc

     

    les ouvrières devant l'usine

    caoutchouc

      

    les ouvriers devant l'usine

    caoutchouc


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  • Le billet précédent a vu l’apparition pleine de mystères d’un grand oncle nommé Henri, frère de ma grande mère paternelle Jeanne Joséphine Breton. 

    Une visite à Viarmes à permis d’en savoir plus sur Henri Breton. Son acte de naissance et surtout les mentions marginales de cet acte, avec les actes vers lesquels elles mènent, content une étonnante histoire.

    Examinons tout d’abord l’acte de naissance d’Henri Breton :

     Des nouvelles d'Henri Breton, le nouveau venu

      

    Des nouvelles d'Henri Breton, le nouveau venu

    Henri est bien né le 7 octobre 1892 comme le mentionnait l’acte de mariage de sa sœur Jeanne Joséphine et il porte un deuxième prénom, Louis. C’est le plus jeune des enfants issu du couple formé par Alfred Eugène Breton et Marie Jeanne Tréhorel.

    En marge de cet acte, le mariage d’ Henri Louis Breton avec Jeanne Mathilde Lebret à Viarmes le 2 aout 1916 est mentionné.

    Dans les registres de l’état civil à cette date du 2 aout 1916, on trouve deux actes concernant Henri Breton. Le premier est l’acte de reconnaissance du fils de sa future épouse, Maurice Henri. Le deuxième est l’acte de mariage lui-même. Le plus étonnant est que ces deux actes sont établis par procuration, le principal intéressé, Henri Breton etant absent. On ne peut guère lui reprocher puisque, mobilisé au 164eme régiment d’infanterie, il a été fait prisonnier et se trouve actuellement à Königsbruck .

    C’est donc son oncle, Guillaume Tréhorel, qui a reçu procuration pour agir en son nom dans ces deux actes. Les témoins de ces actes sont les deux sœurs d’Henri, Alphonsine Désirée et jeanne Joséphine.

    Voici l’acte de reconnaissance de Maurice Henri :

     Des nouvelles d'Henri Breton, le nouveau venu

     

    Des nouvelles d'Henri Breton, le nouveau venu

    Voici l’acte de mariage entre Henri Louis Breton et Jeanne Mathilde Lebret :

     Des nouvelles d'Henri Breton, le nouveau venu

     

    Des nouvelles d'Henri Breton, le nouveau venu

     

    Des nouvelles d'Henri Breton, le nouveau venu

    La grande nouvelle de cette journée est que ce grand oncle dont nous ignorions l’existence il y a peu s’est marié et a eu au moins un enfant. Cet enfant est de la génération de Jojo et Fernande. Que sont devenu Henri, sa femme et son fils ? La dernière trace que nous avons d’Henri à ce jour est sa présence comme témoin au mariage de sa sœur Jeanne Joséphine en 1919. Il n’y a pas de mention de son décès en marge de son acte de naissance, mais, s’il est toujours vivant, né en 1892  il a 121 ans aujourd’hui. Plus probablement, la mairie du lieu où il est décédé à omis d’en informer celle de Viarmes. Nous en déduirons sans prendre un grand risque qu’il n’est pas mort à Viarmes.

    L’enfant de Jeanne Mathilde Lebret, reconnu par Henri Louis Breton est né le 13 juin 1914 à Paris dans le 11eme arrondissement. C’est là qu’il va falloir aller trouver de quoi écrire un nouvel épisode de cette saga.


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