• Rubrique à brac

    Vous trouverez ici tous ce qui n'est pas en lien direct avec la généalogie ou l'histoire des Bonneton/Boucher. C'est à dire à peu près n'importe quoi.

  • C'est à Viarmes, paroisse du Val d'Oise bien connue des lecteurs de ce blog, que Jacques Adam, dont il va être question dans ce billet, est né et à passé toute sa vie.

    Il est né le 13 janvier 1712, cinquième et dernier enfant du couple Louis Adam et Jeanne Levesque.

    Voici l'acte dressé par le curé de Viarmes à l'occasion du baptême de Jacques.

     les aventures matrimoniales et paternelles de Jacques Adam (I)

    Jacques né du treizième jour du mois de janvier fils

    de Louis Ladam et de Jeanne L'eveque sa femme a

    été baptisé le lendemain par moi prêtre vicaire de

    Seugy le parrain Jacques Bourgeois fils de Jacques

    la marraine Marie Jeanne Labbé fille de pierre Labbé

    qui ont signé avec nous

    Vous noterez que le nom de famille mentionné dans cet acte est Ladam. Cette variante laissera progressivement place à la forme retenue dans ce billet, Adam.

    La sœur de Jacques Adam, première née du couple de ses parents , Marie Louise, née en 1700, est décédée à l’âge de six ans et André, le plus jeune des frères de Jacques, né en 1708 n’a vécu que deux ans. Les deux autres frères de Jacques, Louis, né en 1702 et Jean né en 1705 ont aussi fondé des familles. Louis a épousé Marie Geneviève Langlois qui lui a donné six enfants dont trois ont passé le terrible cap de l’enfance et sa dramatique mortalité. Jean a épousé successivement Marie Jeanne Menecier puis Nicole Duru. Il a eu en tout dix enfants dont quatre ont atteint l’âge adulte, tous né de son second mariage. On voit que Jacques Adam ne manquaient pas de nièces et de neveux.

    Pour ne pas trop alourdir ce billet, seul sont inclus les actes concernant Jacques Adam et ses descendants directs.

    Mais revenons à notre héros et à sa propre histoire. Jacques Adam épouse Marie Anne Davanne le 25 juillet 1735. Il a alors 23 ans, tout comme son épouse.

    les aventures matrimoniales et paternelles de Jacques Adam (I)

      

    Jacques Ladam, fils de défunt Louis Ladam et de Jeanne

    Leveque ses père et mère d'une part et Marie Anne Davanne

    fille de Jean Davanne et Anne Boulanger ses père et mère d'autre

    part après les publications de trois bans faites aux prônes

    de nos messes paroissiales par trois jours de dimanche consécutifs

    dont le premier a été fait le dimanche douzième jour du mois de

    juin et de deux autres les dimanches ensuivants sans

    qu'il s'y soit trouvé aucune opposition ny empêchement les fiancailles

    célébrées le jour précédent ont été mariés le lendemain vingt cinq

    juillet mil sept cent trente cinq par moi prêtre de la

    paroisse saint martin de Seugy soussigné. Ledit Jacques

    Ladam assisté de Louis et Jean Ladam ses frères. Ladite 

    Marie Anne Davanne assistée dudit Jean Davanne son père,

    de Louis Davanne son oncle paternel et autres parents et amis

    qui ont signé.

    Deux ans après leur mariage, Jacques Adam et Marie Anne Davanne accueille dans leur foyer un premier enfant. Il s’appellera Jacques comme son père perpétuant ainsi une tradition qui voit fleurir les suffixes "le jeune" ou "l'aîné" dans les actes pour distinguer les homonymes, au grand dam des généalogistes, car dans ces successions d'individus partageant nom de famille et prénom, ont est souvent plusieurs à être le jeune de certains et l'aîné d'autres.

    Voici l'acte de baptême de Jacques Adam, rédigé le quatre août 1737, au lendemain de sa naissance.

    les aventures matrimoniales et paternelles de Jacques Adam (I)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Jacques né le troisième août fils de Jacques Adam vigneron

    et de Marie Anne Davanne sa femme baptisé le lendemain par moi

    prêtre curé soussigné le parrain Pierre Breteville fils de pierre 

    la marraine Charlotte Davanne fille de Jean, tous deux de cette paroisse

    qui ont déclaré ne savoir signer de ce interpellés le père absent

    Un an à peine après la naissance de Jacques c'est Marie Anne qui rejoint la famille :

    les aventures matrimoniales et paternelles de Jacques Adam (I)

     

    Marie Anne née le vingt six septembre fille de jacques

    ladant vigneron et de Marie Anne Davanne ses père

    et mère baptisée le même jour par moi prêtre vicaire

    de Seugy soussigné le parrain Jean ladant fils de

    Jean , la marraine Marie Jeanne Demery fille de Sébastien

    Demery fruitier tous de cette paroisse la marraine qui a

    signé de ce interpellée le père absent

    Jean Adam naît le 22 janvier 1740.

    les aventures matrimoniales et paternelles de Jacques Adam (I)

     

    Jean né le vingt deuxième jour du mois de janvier

    fils de Jacques Adam vigneron et de Marie Anne Davanne sa

    femme baptisé le lendemain par moi prêtre vicaire de ce lieu

    soussigné. Le parrain Jean Voisin fils de Jean qui a signé

    la marraine Catherine Davanne fille de Jean fruitier tous

    de cette paroisse qui a déclaré ne savoir signer de ce interpellée.

    La famille continue de s'agrandir, toujours au rythme d'un nouvel enfant environ tous les 18 mois puisque Louis naît le 14 mai 1741.

    les aventures matrimoniales et paternelles de Jacques Adam (I)

     

     Louis né le quatorze mai fils de Jacques Adam

    vigneron et de Marie Anne Davanne sa femme baptisé le même

    jour par moi prêtre vicaire de ce lieu soussigné. Le parrain Claude

    Duru fils de Claude vigneron qui a signé la marraine Jeanne

    Davanne fille de Jean fruitier tous deux de cette paroisse qui a

    déclaré ne savoir signer de ce interpellée.

    Mais, contrairement à ses aînés, Louis ne vivra guère, comme le montre son acte de décès, daté du 20 juillet 1741.

    les aventures matrimoniales et paternelles de Jacques Adam (I)

      

    Louis mort le vingtième jour du mois de juillet fils 

    de Jacques Ladam vigneron et de Marie Anne Davanne ses père

    et mère âgé de trois mois ou environ inhumé le lendemain dans

    le cimetière de ce lieu par moi prêtre vicaire de cette paroisse sous ?

    en présence dudit Jacques Ladam son père qui a signé

    Le couple ne se décourage pas, un nouvel enfant est mis en chantier sans délai. Il va naître le cinq novembre 1742. On va lui donner le même prénom que son frère décédé récemment, Louis. 

    les aventures matrimoniales et paternelles de Jacques Adam (I)

      

    Louis né le cinq novembre fils de Jacques

    Ladam vigneron et de Marie Anne Davanne sa femme

    baptisé le même jour par moi prêtre vicaire

    de cette paroisse soussigné. Le parrain 

    Jean Ladam vigneron la marraine Margerite

    Boulanger femme de Nicolas Meusnier fruitier

    le parrain à signé la marraine a déclaré ne savoir

    signer.

    Le prénom choisi ne va pas porter chance à Louis car il ne vivra que cinq jours.

    les aventures matrimoniales et paternelles de Jacques Adam (I)

     

     Louis âgé de huit jours ou environ fils de jacques Ladam

    vigneron et de Marianne Davanne ses père et mère mort

    le dix novembre inhumé le lendemain dans le cimetière de

    ce lieu par moi prêtre vicaire de cette paroisse sous

    signé en présence dudit Ladam son père qui a signé

    Mais le malheur va s'acharner sur cette famille car, une semaine après Louis, c'est sa mère, Marie Anne Davanne, qu'on enterre.

    les aventures matrimoniales et paternelles de Jacques Adam (I)

     

    Marie Anne Davanne âgée de trente trois ans vivante

    femme de Jacques Adam vigneron morte le dix

    sept novembre inhumée le lendemain dans le cimetière

    de ce lieu par moi prêtre vicaire de cette paroisse

    soussigné en présence de Jean Davanne son père

    de Louis Adam son frère et autres parents et amis

    qui ont signé.

    L'acte de décès de Marie Anne Davanne ne précise pas les circonstances de sa mort, deux semaines à peine après l'accouchement d'un enfant qui n'a lui même vécu que quelques jours, il ne fait guère de doute cet accouchement s'est mal passé. Il y a plus de deux siècles, le savoir faire des sages femmes les laissait impuissantes devant certaines situations, tout comme les médecins eux-mêmes, lorsqu'on avait réussi à faire intervenir. Les morts en couches, ou des suites des couches sont, avec la mortalité infantile, tristement banales sous l'ancien régime.

    Ici se termine la première partie de ce billet consacré à Jacques Adam et à sa famille. Certain d'entre vous, ami lecteurs, se demandent peut-être ce qui vaut à Jacques Adam à d'être héros de ce billet, malgré la banalité de son histoire. Un peu de patiente, vous verrez en lisant cette histoire jusqu’à son terme qu'elle n'est pas si ordinaire que ça.


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  • Je concluais le billet précédent intitulé "le cavalier Jacques Lecomte n'a pas franchi le Rhin" en envisageant une suite au cas probable ou mon appel aux spécialistes de l'histoire de France porterait ses fruits et nous amènerait quelques infos sur le régiment dans lequel ce lointain cousin s'est engagé.

    C'est sur le forum Passion-Histoire.net que j'ai posé ma question. Et l'attente n'a pas été bien longue. Vous pouvez suivre le fil des discussions sur ce forum en cliquant sur ce lien : recherche sur le régiment d'Audicourt

    Par étapes successives, il est apparu que le nom du régiment tel que noté par le curé Hullard dans l'acte consacré au décès de Jacques Lecomte, à savoir Audicourt, n'est pas correct. Les régiments portent le nom de leur Mestre de camp, et dans notre cas il s'agit du comte d'Heudicourt. A la décharge du curé de Saint Martin du Tertre, la confusion sur le nom de ce régiment est extrêmement courante.

    Une recherche avec le nom Heudicourt dans Gallica, le site en ligne de la BNF, nous conduit vers une étonnante histoire. Il 'agit du siège de Lorient, une espèce de farce militaire à laquelle le régiment d'Heudicourt à participé. Je vous invite à lire ce texte en suivant ce lien descente des anglais et siège de Lorient 1746. Nous sommes en 1746 et, bien, entendu, Jacques Lecomte n'a pas pris part à cette anecdote, puisqu'il est mort en 1744, mais ce texte contient, dans une note au bas de la page 9, des informations sur le fameux régiment. Voici une reproduction de cette note :

    Audicourt, Heudicourt, le trublion de l'orthographe frappe de nouveau

     

    Cette note nous confirme que le nom du régiment a souvent été malmené. Nous pouvons sans prendre un gros risque ajouter la variante "Audicourt" du curé Hullard à celles énumérées dans la note.

    Toujours grâce aux contributeurs du forum Passion-Histoire, la trace du capitaine de la Gallée a été retrouvée. Son nom est cité dans un document nommé contrôle des troupes pour l'année 1747. Voici l'extrait du document où apparaît le nom du capitaine:

    Audicourt, Heudicourt, le trublion de l'orthographe frappe de nouveau

     

    Nous avons là une nouvelle confirmation du nom du régiment, puisque La Gallée lui est associé. Le nom complet du capitaine serait Jean Philippe Prunier de la Gallée. J'ignore si sa généalogie a été étudiée, mais il n'y a pas de trace d'arbre sur les sites de partage. La famille est originaire de la Drôme et elle a laissés quelques traces qu'on retrouve dans les inventaires de fonds des archives départementales. En particulier, l'extrait reproduit ci-dessous fait état d'un baptême qui justifierait quelques recherches complémentaires, en vue d'en savoir un peu plus sur ce capitaine. Malheureusement, la paroisse de naissance n'est pas mentionnée et la recherche de l'acte original passe presque assurément par une consultation du document d'où vient cet extrait.

     

    Audicourt, Heudicourt, le trublion de l'orthographe frappe de nouveau

      

    Pour conclure ce billet, je vous propose une image de cavaliers du régiment déniché par un membre du forum Passion-Histoire. Vous saurez ainsi à quoi ressemblait Jacques Lecomte lors de son escapade militaire.

    Audicourt, Heudicourt, le trublion de l'orthographe frappe de nouveau


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  • Les évènements relatés dans le billet qui se trouve sous vos yeux se sont produits sous le règne de Louis XV. L’acte qui nous les raconte vient de Saint Martin du Tertre, paroisse voisine de Viarmes.

    Mon travail systématique sur Viarmes, évoqué dans le billet précédent, m’amène fréquemment à consulter les registres des paroisses voisines. C’est en recherchant dans les registres mis en lignes par les archives départementales du Val d'Oise l’acte de baptême de Pierre Bert, natif de Saint Martin du Tertre, qui a épousé à Viarmes le 9 septembre 1782 Marie Françoise Duval que je suis tombé sur le texte suivant :

    Le cavalier Jacques Lecomte n'a pas franchi le Rhin

      

    Le cavalier Jacques Lecomte n'a pas franchi le Rhin

     

    « Ensuit un extrait des registres des morts à l’hôpital royal

    du fort louis du 4 juin folio 36

    [ l’an de grace mil sept cent quarante-quatre le quatrième

    jour du mois d’octobre est mort en bon chrétien catholique

    muni des sacrements de viatique et de l’extrême onction et

    inhumé avec les cérémonies de l’église au cimetière de St

    louis le nommé st jacques sans autre signalement cavalier

    au régiment d’Audicourt compagnie de monsieur de la

    Gallée entré au dit hôpital le 28 aout 1744. ]

    je soussigné, certifie que l’extrait ci-dessus a été fidèlement

    tiré du susdit registre ?? et paraphé par monsieur

    Germain commissaire pour tous des guerres en foy de quoi

    j’ai signé le présent certificat et apposé le sceau ordinaire

    de mon office faute de papier timbré qui n’est pas en usage

    dans cette province dans laquelle le contrôle des actes

    n’est pas établi pour servir tant en jugement que dehors.

    Fait audit hôpital ce vingt-quatrième du mois de novembre

    1747 Pierre Fridolin ? aumonier »

    L’extrait ci-dessus qui m’a été adressé par mr Fridolin sur une

    Lettre par laquelle je luy demandais des nouvelles du nommé

    Jacques lecomte m’a été adressée pour rendre certaine marie

    Anne dorleans sa veuve et ses sept enfants de sa

    mort. Le dénommé St jacques audit extrait est le même

    que ce jacques lecomte qui en 1743 le premier

    août quitté sa femme et ses sept enfants et s’aller engager

    à Paris, dans la compagnie de monsieur de la Gallée

    capitaine au régiment d’Audicourt cavalerie. Je vis dans

    ce tems monsieur de la Gallée qui me dit avoir donné

    au dit st jacques le tems de la réflexion que puisqu’il s’était

    engagé volontairement quoiqu’il fut chargé d’une aussy

    nombreuse famille il ne le pourrait rendre qu’on ne luy

    donnât un homme à sa place ; le même monsieur de

    la Gallée m’a écrit 13 octobre 1746 de dire à marie anne

    dorleans sa veuve que passant le Rhin plus de deux

    ans avant le nommé st jacques n’avait pas pu suivre sa compagnie

    et qu’il était allé à l’hôpital du fort louis ou probablement

    il était mort n’en ayant eu aucune nouvelle.

    Le deux décembre mil sept cent quarante-sept. Hullard curé.

    Le curé a ajouté en marge de l'acte la mention suivante :

    les originaux des actes ont été attachés dans le registre qui est la première minute restée à ,la paroisse

    entre les mains du curé

    Il n’est sans doute pas inutile de s’intéresser pour commencer à la forme de ce texte. Commençons par la mention marginale de l'acte et des textes qu'elle évoque pour dire que ceux-ci ne font malheureusement pas partie de ce qui a été numérisé et mis en ligne par les archive départementales. Pour ce qui est de l'acte lui-même, j’ai ajouté au texte original quelques signes de ponctuation, car cet aspect est, comme dans pratiquement tous les documents de cette époque, réduit à sa plus simple expression, c’est-à-dire absent.

    Le texte est donc consigné dans le registre par Hullard, le curé qui sert la paroisse de Saint Martin du Tertre. Cela commence par une citation que j’ai placé entre guillemets. Elle vient d’un courrier rédigé par l’aumônier de l’hôpital de Fort Louis, une ville située dans l’actuel Bas Rhin. Cet aumônier dénommé Fridolin correspond avec le curé Hullard. La citation reprend un texte, que j’ai placé entre crochet, relevé dans le registres des morts de l’hôpital en question. Cet extrait du registre en question nous apprend la mort d’un certain St Jacques le 4 octobre 1744. Ce cavalier de la compagnie du capitaine de la Gallée appartenant au régiment d’Audicourt était entré dans cet hôpital un peu plus d’un mois avant, le 28 août exactement.

    La suite de l’acte nous explique que St Jacques, mort à l’hôpital de fort Louis est Jacques Lecomte, époux de Marie Anne Dorléans. Il s’est engagé en 1743 comme cavalier dans la compagnie du capitaine de la Gallée. Si on en croit les déclarations du capitaine en question qui a rencontré le curé Hullard, déclarations reprise par Hullard dans l’acte, on a laissé à Jacques Lecomte le temps de bien réfléchir avant d’abandonner sa nombreuse famille pour commencer une carrière militaire à laquelle la profession de manouvrier que nous lui connaissions avant ne le prédisposait sans doute guère.

    Cette carrière fut brève puisque, entre le premier août 1743, date à laquelle il quitte le foyer familial et le 28 août 1744, date de son entrée à l’hôpital, à peine plus d’un an s’est écoulé. Au moment où la compagnie s’apprêtait à franchir le Rhin, Jacques a abandonné ses compagnons pour aller à l’hôpital et y mourir.

    Le héros malheureux de cette histoire, Jacques Lecomte, est un mien lointain cousin par alliance.

    Pour être précis, Jeanne Breton, la mère de Marie Anne Dorléans, l’épouse de Jacques, est la sœur de Jean Breton, mon aïeul de la neuvième génération qui porte le n° Sosa 320.

    Nous n’avons pas l’acte de baptême de Jacques Lecomte mais lors son acte de mariage, le 24 février 1727 précise qu’il a alors 22 ans. Il est donc né vers 1705 et avait 38 ans lors de son engagement dans l’armée, ce qui me parait être un âge plutôt avancé pour une telle décision. Pendant les 21 ans qu’a duré leur mariage, le couple a eu neuf enfants dont deux sont morts en bas âge. Le chiffre de sept enfants donné par Jacques lors de son engagement est donc bien exact.

    La façon dont le curé Hullard à rédigé l’acte me parait quelque peu confuse si on cherche à comprendre la chronologie des événements. Je vous propose une reconstitution.

    • Le 1er août 1743 Jacques Lecomte quitte sa famille pour aller s’engager à paris dans la compagnie du capitaine de la Gallée du régiment de cavallerie d’Audicourt
    • En 1744 la compagnie à laquelle appartient Jacques Lecomte se trouve en Alsace, près de la frontière allemande.
    • Le 28 Août 1744, Jacques se rend à l’hôpital de Fort Louis où il décède un mois plus tard
    • En 1746, la famille de Jacques, sans nouvelles de lui s’inquiète auprès du curé Hullard. Celui-ci qui connait le capitaine de la Gallée pour l’avoir rencontré au moment de l’engagement de Jacques lui écrit pour demander des nouvelles
    • Le 13 octobre 1746, le capitaine de la Gallée répond au curé que jacques a abandonné la compagnie pour se rendre à l’hôpital de Fort Louis où il est vraisemblablement mort puisque depuis cette date la compagnie est sans nouvelle de lui
    • Le curé Hullard prend contact avec l’aumonerie de l’hopital pour demander des nouvelles
    • Fin novembre 1747, le curé Hullard, qui a reçu la réponse à sa requête rédigée par l’aumonier Fridolin, confirme la mort de Jacques et rédige l’acte dans le registre de la paroisse.

    Nous ne saurons jamais ce qui a poussé Jacques Lecomte à abandonner sa famille pour commencer une nouvelle vie à un âge aussi avancé. La dernière trace que nous avons de lui est une signature au bas de l’acte de décès de son fils Barthelemy le 19 mai 1741. Lors de la naissance de son dernier enfant, sa fille marie Françoise, le curé note dans l’acte de baptême daté du 10 mai 1742 que le père est absent.

    J’ai essayé, sans grand succès, de replacer les échanges entre le curé Hullard et ses interlocuteurs alsaciens dans leur contexte historique.

    En 1743 se déroule un conflit que les historiens ont nommé guerre de succession d’Autriche. L’affaire commence à la mort de Charles VI, archiduc d’Autriche qui meurt dans descendance male. Les monarques européens se déchirent pour s’approprier les possessions des Habsbourgs. Dans le but d’affaiblir cette famille, Louis XV s’allie imprudemment avec Frederic II, roi de Prusse récemment arrivé sur le trône. Celui-ci, après avoir obtenu d’importante concessions, signera finalement une paix séparée – le traité de Worms signé le 13 septembre 1743-, laissant ses alliés seuls face à l’Autriche au mépris des conventions passées.

    Nulle part je n’ai trouvé mention pour cette période et dans cette région du régiment d’Audicourt ni du capitaine de la Gallée.

    Mais les français sont nombreux à se passionner pour l’histoire et je vais interroger ceux qui animent les forums consacrés à ce thème. J’ai bon espoir de disposer un jour de suffisamment d’élément pour écrire un complément à ce billet.


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  • Après une longue période de silence, je reprends ma plume pour alimenter la chronique familiale.

    C’est d’une très lointaine cousine qu’il va être question dans ce billet. Elle vivait à Viarmes dans le Val d’Oise au XVIIIème siècle.

    Je travaille depuis plusieurs années sur le décryptage des registres de cette paroisse. J’ai, au moins pour le moment, laissé de côté les actes antérieurs à 1630. Ils contiennent en effet peu d’informations, la filiation des époux n’est pas donnée lors des mariages et, vu les nombreuses homonymies, il est souvent impossible de construire quoi que ce soit de solide. Je viens juste de terminer l’année 1781. Cela fait donc 150 ans et 10471 actes. Sur ce nombre, 7193 apparaissent dans l’arbre familial. J’ai choisi Viarmes pour ce travail de fourmi parce que, si on additionne les archives du département et les actes conservés en mairie, on couvre une période de près de quatre siècles sans aucune lacune, ce qui n’est pas si fréquent. Cette approche « géographique » de la généalogie permet de mettre à la disposition des autres chercheurs sur internet des données qu’ils n’auraient que très difficilement obtenues autrement. Si chaque généalogiste en herbe faisait pour une commune de son choix le travail que je fais pour Viarmes, nul doute que de nombreuses énigmes seraient résolues.

    Cette remarque vaut surtout pour les actes antérieurs à 1897. En effet une loi du 18 août 1897 impose aux mairies, lors d'un mariage, de noter en marge des actes de naissance des époux la date, le lieu du mariage et le nom de l'autre époux. Lorsqu'un des époux est né dans une commune autre que celle où le mariage est célébré, un courrier est envoyé à la mairie où il est né et la mention reportée sur l'acte de naissance. Mais bien des choses se sont passées avant 1897, n'importe quel passionné de généalogie vous le dira.

    L’histoire que vous allez lire est la parfaite illustration de ce qui est dit au-dessus. Comme toujours, il faut commencer par lire l’acte qui relate l’événement.

    plus de cent ans avant, déjà le bois

     

    plus de cent ans avant, déjà le bois

    L’an mil sept cent quatre-vingt-un le vingt-septième jour

    du mois de novembre après la publication des bans

    entre léonard menaide garçon majeur scieur de long de droit

    du hameau de Cottay le bas paroisse de Moingt diocèse de

    Lion fils de défunt michel menaide vivant vigneron

    et de défunte anne rondel ses père et mère dudit hameau de Cottay

    diocèse de lion de fait de cette paroisse d’une part et marie madeleine faluette

    majeure fille de jean baptiste faluette vigneron et de

    marie marguerite poulet ses père et mère de

    cette paroisse d’autre part, faites aux prônes des messes

    paroissiales par trois jours différents de dimanches et de

    fêtes à savoir le quatre novembre le onze et le dix huit

    du même mois sans qu’il se soit trouvé aucun empêchement

    ni civil ni canonique, j’ai soussigné prêtre curé de cette

    paroisse soussigné ai reçu après les fiançailles célébrées

    d’hyer aujourd’hui en cette église

    leur mutuel consentement et leur ai donné la bénédiction

    selon toutes les cérémonies prescrites  par

    notre mère la sainte église ledit léonard menaide

    assisté de claude françois boursier et de françois

    breteville, et du coté de l’épouse assistée de jean

    baptiste faluette son père et d’estienne raillier son oncle

    l’époux et l’épouse on déclaré ne savoir signer

    de ce interpellés selon l’ordonnance les autres ont signé

    avec nous.

    Voyons qui sont les deux époux. Marie Madeleine Faluette, dont le nom de famille est parfois orthographié Faluet, est l’arrière-petite-fille de Joseph Duru et Jeanne Hennequin. Marie Anne Langlois, petite fille de ce couple, a épousé en premières noces Pierre Davanne, fils de Louis et Anne François mes Sosa 338 et 339. Je vous épargne le détail du labyrinthe généalogique qui relie Marie Madeleine Faluette à Marie Anne Langlois, retenez seulement qu’elle n’est pas vraiment une proche parente de l’auteur de ces lignes. Si vous tenez vraiment à vous faire du mal, vous pouvez vous précipiter sur l’arbre posté sur geneanet, rien n’est caché.

    Léonard Menaide, est quant à lui un pur étranger, au moins jusqu’à son mariage avec Marie Madeleine Faluette. Mais il est natif du hameau d’Escotay le bas, improprement noté Cottay le bas dans l’acte, paroisse de Moingt qui se trouve près de Montbrison, dans le département de la Loire.

    Une recherche de Léonard Menaide sur geneanet et sur filae ne donne rien. Par contre, le couple formé Michel Menaide et Anne Rondel est connu. Ils se sont mariés le 30 septembre 1738 à Moingt. Voici leur acte de mariage, récupéré sur le site des archives départementales de la Loire.

    plus de cent ans avant, déjà le bois

    michel meneyde vigneron d'escotay le bas paroisse

    de moing époux d'une part agé de quarante et un ans

    anne rondel fille légitime de défunt gaspard rondel

    vivant laboureur du village de la fougère paroisse de 

    roche et de vivante marguerite dupuy ses père et mère

    agée de vingt deux ans d'autre part ayant été ??

    ?? dans les églises desdites paroisse de moing et

    roche, la dite épouse ayant reçu son ??

    en date du jour d'hier signé bertrand curé de roche...

    découvert aucun empêchement ont été unis

    par les sacrements du mariage en face de l'église et ont

    reçu la bénédiction nuptiale par moi soussigné curé 

    dudit moing et de ste anne de montbrison son annexe

    dans l'église st jean dudit moing aujopurd'hui trentième

    septembre mil sept cent trente huit en présence 

    de pierre vialard laboureur beau frère de ladite épouse, de

    j baptiste laurens aussi laboureur de la paroisse de ??

    et de jacques chambon journalier dudit lieu d'escotay tous

    requis qui avec ladite épouse ont déclaré ne savoir signer ??

    et de nicolas miniere qui avec ledit époux ??

    Il y a plusieurs remarques à faire à propos de cet acte. D'abord, la photographie numérisée cache malencontreusement les mots situés à droite près de la reliure, mais rien d'important ne manque. Ensuite le nom de famille de michel et donc celui de son fils léonard est orthographié meneyde et non menaide comme dans l'acte de mariage dressé à Viarmes. Nous savons grâce à cet acte que Léonard est illettré, lorsqu'il à donné le nom de sa paroisse d'origine, le curé n'avait aucun moyen de s'assurer de l'orthographe. De toute façon, lors du mariage de Michel avec Anne, le curé écrit meneyde, mais Michel signe malhabilement menaide, alors comme souvent, il faut accepter la cohabitation des deux orthographes.

    Certains des lieux mentionnés dans cet acte n'existe plus sous le nom utilisé dans l'acte, mais la carte Cassini, tracé en 1740 et disponible sur le site de géoportail vient heureusement à notre secours. En voici un extrait dans lequel j'ai cerclé de rouge les lieux cités.

    plus de cent ans avant, déjà le bois

    Nous avons trouvé grâce à geneanet le couple meneyde/rondel mais pas Léonard, leur fils. Par contre l'arbre posté par Michel Favier nous apprend qu'au moment de son mariage avec Anne Rondel, michel était veuf, ce qui n'est bizarrement pas mentionné dans l'acte de son second mariage. Sa première épouse, Catherine Laurent est décédée en 1737. Le couple à eu six enfants, mais tous sont morts en bas âge. L'arbre posté par Michel Favier ne connait du second mariage qu'un seul enfant, prénommé Philippe. Toujours pas de trace de Léonard. Cela n'a rien de  dramatique, peut-être que personne ne l'a jamais cherché. Pas d'autre solution que d'examiner les registres paroissiaux de Moingt à partir de la date du mariage, le 30 septembre 1738. Le premier enfant qu'on trouve naît en 1741. Il s'agit en fait de jumeaux, Louise ne vivra que quelques jours, et nous n'avons pas de trace du décès de son frère Etienne dans cette période. Vient ensuite, en 1743, Philippe que nous connaissions déjà grâce à Michel Favier. Puis, en 1745, de nouveau une naissance multiple.  Marie vivra un peu plus d'un an et Anne, sa sœur jumelle, seulement quelques jours. Enfin, le 5 février 1748, Léonard fait son entrée en scène. Voici son acte de baptême.

     plus de cent ans avant, déjà le bois

     

    leonard fils légitime de michel meneyde dit berger habitant

    du lieu d'ecotay le bas de  cette paroisse, absent, et d'anne rondel

    son épouse, est né le cinquième février mil sept cent quarante huit

    et a été baptisé le même jour et an que dessus, dans l'église

    paroissiale de moingt, par nous curé soussigné le parrain

    a été léonard meneyde vigneron d'ecotay le bas, et la

    marraine jeanne meneyde sœur germaine de l'enfant,

    en présence de jean bayon, d'autre jean bayon journalier

    de ce moingt, qui avec le parrain et la marraine ont déclaré

    ne savoir signer de ce  enquis ??

    Michel Meneyde, le père avait donc un surnom, berger. l'usage de surnoms était courant autrefois, sans doute pour éviter les confusions découlant des fréquentes homonymies. Ce surnom signifie-t-il qu'il exerce la profession de berger ? lors de son second mariage, il est noté vigneron. La marraine du nouveau né est désignée dans l'acte comme sœur germaine de celui-ci. Ce terme signifie qu'elle est issue des mêmes père et mère. Si elle avait été la fille de Catherine Laurent, la première épouse de Michel Meneyde, le curé aurait écrit sœur consanguine. lorsque nous avons recherché Léonard dans les registres de Moingt nous n'avons pas trouvé de Jeanne. Est-elle née ailleurs qu'à Moingt ? Laissons ce mystère et revenons à Léonard qui a maintenant 33 ans et se trouve à Viarmes en 1781 pour y travailler et épouser Marie Madeleine Faluette.

    Ce migrant nous rappelle un autre voyageur. Mon grand-père Paul Jean Félix Bonneton qui, cent trente huit ans après Léonard Meneyde, a lui aussi quitté sa Loire natale pour aller trouver femme à Viarmes, dans le Val d’Oise, au nord de Paris. Il est question de lui dans de nombreux billets de ce blog. les liens ci-après vous guideront vers les plus importants (artilleur et caoutchoutièrele tour de France des compagnons, le carnet de Paul Bonneton)

    Autre coïncidence, Léonard, tout comme Paul, travaillait le bois. Paul était menuisier ébéniste, Léonard était scieur de long. Ce métier, que les scieries motorisées ont fait disparaître, est un des plus étonnant qu’on puisse trouver dans la mémoire collective des civilisations occidentales. En effet, on peut classer les outils manuels de travail du bois en deux grandes catégories. Il y a ceux qui suivent le sens des fibres du bois tels que le rabot, le ciseau ou l’herminette. Et il y a les scies qui coupent généralement les fibres perpendiculairement. Et les scieurs de long font exception puisque leur métier consiste à débiter des poutres ou des planches à partir d’une grume, donc dans le sens des fibres. Les scieurs de long travaillent donc toujours par couple. La grume est posée sur un chevalet.  Un des scieurs se tient debout sur la grume, tel Nadia Comaneci sur sa poutre, avec sans doute un peu moins d’élégance, et le ou les autres manœuvrent la scie par le dessous. Je propose à ceux qui trouverais ma prose peu explicite un dessin qui leur apportera la lumière.

    plus de cent ans avant, déjà le bois

    Les scieurs de long constituaient une communauté, tout d’abord parce que, comme nous l’avons vu au-dessus il ne pouvait pas travailler seuls, mais aussi parce qu’ils exerçaient leur art souvent sur le lieu même où la grume avait été abattue. Ils vivaient sur place, parfois en famille, dans la hutte dont la construction était leur première tâche en arrivant. Claude François Boursier, témoin au mariage est lui aussi un scieur de long.

    Une abondante littérature est consacrée à ce métier. Un peu comme les maçons venus de Corrèze, chassé par la misère et attirés par les travaux de la capitale, les scieurs de long venaient d’Auvergne et du Forez, où se trouve précisément Moingt. Vous vous souvenez peut-être d’un billet posté par ma sœur Mireille sur ce blog en 2012, intitulé le tour de France des compagnons, déjà évoqué plus haut, que le nom de pays de Paul Bonneton était justement Paul le forézien.

    Pour revenir à ce qui est dit au tout début de ce billet, si quelqu'un s’intéresse un jour à Léonard, fils de Michel Meneyde et Anne Rondel, il saura, grâce à internet qu'il s'est marié à Viarmes, à 500km de son lieu de naissance. 


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  • Je mentionnais dans un billet récent consacré à Jean Langlois qu’il n’était pas rare de trouver dans les registres paroissiaux trace de malheureux réduits à la mendicité. Je ne croyais pas si bien dire puisque, à peine un an après le décès de Jean Langlois, un autre mendiant trouve la mort à Viarmes.

    Les circonstances de sa mort ne sont certes pas aussi romanesques que celles de Jean Langlois, mais Félix Quidort, dont il est question dans ce billet, mérite néanmoins qu’on évoque son triste sort.

     Mort d'un autre mendiant

    L’an mil sept cent cinquante-neuf le mercredi dix-septième

    jour de janvier, le corps de Felix Quidor vivant mendiant

    âgé de quatre-vingt-deux ans ou environ, décédé du jour d’hier

    dudit mois et an, en la maison de Nicolas Quenet, cribleur de blé

    demeurant en cette paroisse a été inhumé dans le cimetière

    de ce lieu par moi prêtre curé de cette paroisse soussigné

    en présence dudit Nicolas Quenet et de Charles Durand, clerc

    de cette église témoins qui ont signé.

    Nous ne connaissons pas l’acte de baptême de Félix Quidort. Peut-être n’est-il pas né à Viarmes. L’âge donné dans l’acte de décès permet de situer sa naissance vers 1677. Sa filiation est pratiquement certaine puisque qu’il est mentionné dans l’acte de décès de Claude Quidort, en 1698, comme frère du défunt. Il est aussi cité comme fils de défunt Félix Quidort dans un acte de baptême que nous verrons plus tard.

    Mort d'un autre mendiant

    Félix serait donc le benjamin de la famille, sa sœur ainée Jeanne est morte à 25 ans après trois ans de mariage et un an à peine après la naissance de son seul enfant, lui aussi décédé le lendemain de sa naissance. Claude, son frère, le cadet de la famille est décédé en 1698, comme nous l’avons vu plus haut. Il n’avait que 24 ans. Quant à ses parents, Félix Quidort et Jeanne Hude, ils sont morts depuis bien longtemps, en 1684 pour le père et 1694 pour la mère. Cela fait donc un demi-siècle que Félix vit à Viarmes seul survivant de cette famille. Il ne s’est apparemment pas marié. Il est pourtant bien intégré dans le village puisqu’il est cité comme parrain à trois reprises. En 1696 à la naissance de Noël François puis d’Anne Marguerite Heldebert, puis en 1705 à la naissance de François Lechoppier.

    Mort d'un autre mendiant

     

    Mort d'un autre mendiant

      

    Mort d'un autre mendiant

     

    Voici l'arbre qui situe Félix dans son cadre familialMort d'un autre mendiant

    Félix Quidort est mort au domicile de Nicolas Quenet, qui n’est autre que l’époux sa filleule, Anne Marguerite Heldebert. C’est sans doute par charité qu’il était hébergé dans ce foyer où on ne vivait sans doute pas dans l’opulence, puisque Nicolas Quenet dit exercer la profession de cribleur de blé lorsqu’il est cité comme témoin à un mariage en 1754. Ce métier qui consiste à séparer, grâce à un tamis, le grain du son après le battage ne doit pas se situer très haut dans l’échelle sociale.

    Pourtant Nicolas Quenet est lettré, il signe Nicolas Quesnel, avec une belle écriture comme vous pouvez le voir au bas de l’acte de décès de Félix Quidort. C’est cette pauvreté du monde rural en cette fin du XVIIIème siècle qui, conjuguée avec les réflexions des intellectuels du siècle des lumières, va conduire, quelques années plus tard, à la révolution.


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