• L’aventure généalogique qui va vous être contée dans ce billet commence au début du règne de Louis XIII, vers 1615. Les premiers acteurs à apparaître sont Jean Robert et Anne Raffard. Ils appartiennent à la onzième génération qui a précédé le rédacteur de ces lignes. Comme presque toujours, les recherches qui ont permis de les découvrir étaient ascendantes, c'est-à-dire en recherchant les parents d’aïeux eux-mêmes retrouvés grâce à leurs enfants. Pour vous maintenir en haleine, c’est bien en descendant que nous allons découvrir les autres acteurs de cet épisode. Inutile de vous plaindre, raconter une histoire dans l’ordre chronologique des événements n’a vraiment rien de scandaleux !

    Nous ne connaissons de Jean et Anne que les actes de décès, respectivement le 15 juin 1672 et le 9 septembre 1695. Tous deux sont décédés à Bessey.

    implexe et jeu de prénoms (1)

     Transcription de l'acte de décès de jean Robert :

    Jean Robert de Toucheboux âgé d'environ 55 ans a été enterré le 15e juin 1672 en présence d'Antoine Bouché de Jean Guillot et de Joseph ?? tous de Toucheboux qui ont déclaré ne savoir signer

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    Transcription de l'acte de décès d'Anne raffard:

    Anne Raffard veuve du fils jean Robert âgée d'e 80 ans a été enterré le neuvième septembre mil six cent nonante cinq en présence  de Jean Guillot Antoine Nesme ?? Antoine Boucher tous dudit Toucheboux qui n'ont su signer requis

    Nous n’avons de traces ni de leur mariage ni de leur naissance. Si ces événements se sont produits à Bessey, rien de plus normal puisque les registres paroissiaux de cette paroisse les plus anciens datent de 1648.

    L’acte de décès de Jean précise qu’il est de Toucheboeuf, un hameau de la paroisse de Bessey, et qu’il a 55 ans. C’est grâce à cette indication que nous situons sa date de naissance vers 1617. Celui d’Anne ne précise de lieu que pour les témoins, eux aussi de Toucheboeuf. Anne a 80 ans lors de son décès, elle est donc née vers 1615.

    Ils portent respectivement les numéros Sosa 1272 et 1273.

    C’est grâce au mariage de leur fils André avec Anne Rouhé qu’ils ont été identifiés. L’acte de ce mariage, célébré à Bessey le 8 février 1689 donne la filiation des deux époux. André Robert porte le numéro Sosa 636 et son épouse Anne Rouhé, ou Rohé le numéro 637.

    implexe et jeu de prénoms (1)

     Transcription de l'acte de mariage entre André Robert et Anne Rohé :

    André Robert fils des mariés fils Jean Robert et Anne Raffard de Toucheboux paroisse de Bessey et Anne Rohé fille des mariés Jean Rohé et Claudine Gay dudit Toucheboux ont reçu la bénédiction nuptiale le 8e fevrier 1689 après avoir trois fois au prône des messes paroissiales dudit Bessey en présence de .....;

    Quelque mois après avoir découvert ces couples, en recherchant les ascendants de Benoit Boucher, qui épousa Rose Françoise Crotte, la mère de son enfant cinq ans après la naissance de celui-ci dont nous avons déjà fait la connaissance dans un billet précédent, j’ai découvert que son arrière grand-mère, Benoite Robert, était elle aussi fille  d’André Robert.

    L’acte de mariage des parents de Benoite, à savoir André Robert et Marguerite Brias célébré lui aussi à Bessey le 29 février 1672 donne aussi la filiation des époux et André est bien le fils du couple jean Robert Anne Raffard. Ce n’est pas la date de ce mariage qui est le plus remarquable, même si elle dispense André d’offrir des fleurs trois années sur quatre pour leur anniversaire de mariage, mais le fait qu’André Robert, époux de Marguerite Brias depuis 1672 épouse en 1689 Anne Rohé.

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    Transcription de l'acte de mariage entre André Robert et Marguerite Brias :

    L'an mil sept cent soixante douze et le 20e février se sont épousés par paroledes présents dans l'église de Bessey ayant été ?? trois fois au prône des messes paroissiales et n'ayant ?? aucun empêchement André Robert fils naturel et légitime de Jean Robert et d'Anne Raffard et Marguerite Brias fille naturelle et légitime de Jean Brias et Françoise Bertholas du lieu de gencenas paroisse de Bessey en présence de ....

    J’entends déjà les railleries des familiers de la généalogie et des mœurs d’antan que sont devenus les lecteurs de ce blog : Marguerite Brias est décédée avant 1689 et André Robert a épousé Anne Rouhé en secondes noces.

    Cette explication parfaitement crédible ne résiste pas à l’examen de la descendance. André Robert a eu avec Marguerite Brias  neuf enfants, entre 1673 et 1694. Et André Robert a eu cinq enfants avec Anne Rouhé entre 1689 et 1695, donc pendant la même période. Une lacune dans les registres paroissiaux de Bessey entre 1696 et 1714 nous empêche de savoir si d’autres enfants sont nés après 1695.

    André Robert était-il donc bigame ? Si la religion catholique acceptait en son sein les enfants nés hors mariage en les baptisant, elle n’aurait pas vu d’un très bon œil ce ménage à trois sanctuarisé dans ses murs.

    Il y a en fait bien deux André Robert, fils du couple Jean Robert Anne Raffard et donc frères. C’est sans doute pour empoisonner la vie des futurs généalogistes que ce couple a décidé de réutiliser le même prénom. Comme les deux André vivent à Toucheboeuf, le curé note d’ailleurs parfois sur les actes de naissance des enfants « André, l’Aisné » ou « André le jeune », pour pouvoir s’y retrouver lui-même. Cette manie de réutiliser les prénoms ne s’est pas arrangée avec le temps puisque André Robert, celui qui à épousé Marguerite Brias, a trouvé le moyen de prénommer Marie trois des six filles qu’il a eu !

    Des extraits de l'arbre généalogique vous aideront sans doute à suivre.

    d'abord le couple Jean Robert / Anne Raffard et ses enfants :

    implexe et jeu de prénoms (1)

     ensuite le couple André Robert / Anne Rouhé et ses enfants :

    implexe et jeu de prénoms (1)

     enfin, le couple André Robert / Marguerite Brias et ses enfants (en deux parties, les enfants sont trop nombreux !):

    implexe et jeux de prénoms (1)

     

    implexe et jeux de prénoms (1)

    Ces laborieuses explications vous  ont peut-être fait perdre de vue que nos deux André ont été découverts en remontant des branches séparées de la généalogie familiale. André le jeune porte le numéro Sosa 636, André l’ainé le numéro 866 et son épouse Marguerite Brias le 867. Jean le père des deux André porte donc en même temps les numéros 1272 (636 x 2) et 1732 (866 x 2) même si l’usage veut qu’on ne mentionne que le plus faible des deux numéros.

    Il y a donc un nouvel implexe. Parmi les descendants des deux André Robert, deux se sont épousés.

    Je sais bien sûr de qui il s’agit, mais vous devrez patienter et attendre quelques jours la suite de ce billet pour avoir la réponse. Vous pouvez aussi essayer de trouver vous-même et vos pronostics sont attendus en commentaire. Ceux qui résoudront l’énigme auront droit à toute ma considération.


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  • On ne peut guère se livrer à des recherches généalogiques sans être confronté rapidement aux aléas de la mémoire humaine et aux difficultés de communication lorsqu’il s’agit de donner les noms et prénoms des personnes pour la rédaction des actes. Avant l’instauration de l’école obligatoire, l’illettrisme était le triste état d’une grande partie de la population. Les noms de famille étaient transmis de façon phonétique. Souvent dérivés de nom de lieux ils étaient aussi affectés par la forme utilisée en patois. Avant la révolution, les registres étaient tenus par les curés de village. Lorsqu’un nouveau curé démarre son ministère on sent bien qu’il peine parfois à communiquer avec ses ouailles. Peut-être parce que, lorsqu’il vient d’une région éloignée, il n’est pas familier de la façon locale de s’exprimer. Des variantes de noms existants apparaissent donc régulièrement lorsqu’un nouveau curé s’installe dans une paroisse. Les confusions de prénoms sont aussi très fréquentes, mais elles sont plutôt dues à des pratiques et facteurs sociaux. Les mêmes prénoms sont réutilisés sans aucune retenue et la dramatique mortalité infantile fait que les parents eux-mêmes s’embrouillent avec les prénoms de leurs propres enfants. Le renforcement de l’état, à l’instauration de la république, ne pouvait que tenter d’introduire un peu de rigueur dans la rédaction des actes pour en accroitre la fiabilité. Ainsi demande-t-on aux officiers d’état civil, lors des mariages, d’exiger des futurs conjoints qu’ils produisent un extrait d’acte de naissance et, lorsqu’ils sont mort, l’extrait d’acte de décès des parents. Le but était sans doute de s’assurer de l’identité des personnes présentes mais aussi d’éviter les  évolutions de patronymes. Si ces dispositions ont eu un effet bénéfique incontestable sur la qualité des informations dont nous disposons aujourd’hui, elles avaient aussi leurs limites comme le montre l’histoire que je vais vous conter.

    Tout commence le seize février 1809 par la naissance à Limonne de Marie Paret, fille d’André Paret et de Marie Anne François et arrière petite fille d’André Paret, le meunier de Loye, dont Guy et Mireille recherchent les traces en arpentant infatigablement les contreforts rhodaniens du Pilat.

     

     

    L'an mil huit cent neuf et le dix sept février à neuf heures du matin par devant nous maire, officier de l'état civil de la commune de maclas canton de pellussin département de la loire est comparu andré paret cultivateur domicilié à Limonne commune de maclas âgé de trente deux ans lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin né hier à sept heures du soir de marie anne françois son épouse et dont il se déclare le père et auquel il a déclaré vouloir donner le prénom de marie paret, les dites déclarations et présentations faites en présence de jean boudin âgé de trente cinq ans et de louis rouhé âgé de trente sept ans propriétaires domiciliés à maclas qui ont signé avec nous maire, après que nous avons eu fait lecture du présent acte, le dit paret a déclaré ne savoir écrire ni signer de ce enquis et requis

    La malheureuse marie décède moins d’une semaine après sa naissance le  vingt deux févier.

     

    L'an mil huit cent neuf et le dix le vingt deux février à quatre heures du soir par devant nous maire, officier de l'état civil de la commune de maclas canton de pellussin département de la loire sont comparus andré paret cultivateur domicilié à Limonne commune de maclas âgé de trente deux ans et andré oriol propriétaire domicilié à maclas âgé de trente quatre ans lesquels nous ont déclaré que ce jourduy sur l'heure de midi marie paret fille d'andré paret et de marie anne françois son épouse, âgée de six jours est décédée dans le domicile de son dit père dans lequel nous nous sommes transportés et assurés dudit décès et avons signé le présent acte avec oriol, l'un des comparants après que nous leur en avons fait lecture, andré paret a déclaré ne savoir écrire ni signer de ce enquis et requis

    Ce décès d’un nourrisson, pour triste soit, n’a vraiment rien d’extraordinaire à cette époque, tout comme la naissance, le quatorze octobre 1810 d’une seconde fille à qui on donne le prénom de Magdelaine.

     

    L'an mil huit cent dix et le quatorze octobre à quatre heures du soir par devant nous maire, officier de l'état civil de la commune de maclas canton de pellussin département de la loire est comparu andré paret âgé de trente quatre ans cultivateur domicilié à Limonne commune de maclas  lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin né ce jourd'huy à deux heures du soir de lui déclarant et de marie anne françois son épouse et auquel il a déclaré vouloir donner le prénom de magdelaine paret, les dites déclarations et présentations faites en présence de pierre mellier âgé de trente huit ans et de lean pierre trouillet âgé de quarante  ans propriétaire domicilié à maclas et avons signé le présent acte avec les comparants après leur en avoir fait lecture 

    Après avoir donné naissance à quatre autres filles et un garçon, Pierre, décédé à vingt et un ans, sans descendance, Marie Anne François décède le vingt six juillet 1827.

     Le vingt sept janvier 1841, l’affaire se complique sérieusement. Un mariage est célébré à Maclas entre Jean Claude Rouhé, natif de Bessey,  et Marie Paret.  

     

    Ce jourd'hui vingt sept janvier mil huit cent quarante un à neuf heures du matin par devant moi maire officier de l'état civil de la commune de maclas, sont comparus publiquement en la maison commune  pour contracter mariage, Jean Claude Rouhé né à Bessey le vingt un novembre mil huit cent neuf, fils majeur et légitime à Joseph Rouhé et à Marie Guillot, propriétaires cultivateurs avec lesquels il demeure au lieu et commune de Bessey, futur époux d'une part et Paret Marie née audit Maclas le dix sept février mil huit cent neuf, fille légitime et majeure d'André propriétaire cultivateur demeurant  ensemble au lieu de Limonne commune de Maclas et de défunte Marianne François décédée audit maclas le vingt six août mil huit cent vingt sept, future épouse d'autre part, lesqueks agissant savoir : le futur époux comme libre et majeur néanmoins du consentement de Joseph Rouhé son père, ici présent et consentant audit mariage et la future épouse aussi comme libre et majeure néanmoins du consentement // d'André Paret son père, ici présent et consentant audit mariage nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux dont la publication a été faite en cette mairie ainsi qu'en celle de Bessey les dimanches dix sept et vingt quatre du présent mois, aucune opposition audit mariage ne nous ayant été signifiée non plus qu'en la mairie de la commune de Bessey ainsi qu'il résulte de son certificat délivré en date d'aujourd'hui. Nous avons donné lecture aux comparant de l'acte de naissance des époux et du décès de la mère de la future épouse et ?? ainsi que le chapitre 6 titre 5 du code civil après quoi nous avons demandé  à chacun des futurs séparément s'ils entendaient se prendre pour mari et femme et nous ayant l'un et l'autre répondu affirmativement, nous avons prononcé au nom de la loi que lesdits Rouhé Jean Calude et Paret Marie sont unis par le mariage et avons du tout rédigé le présent acte en présence de Louis Collombet âgé de soixante deux ans, de François Mousset, âgé de quarante neuf ans, Nicolas Constant Dervieux, âgé de quarante ans et de Jean Georges Gay , âgé de trente sept ans, tous quatre propriétaires domiciliés à Maclas, témoins requis qui ont avec moi signé avec l'époux et le père de ce dernier non l'épouse ni le père de cette dernière pour ne le savoir faire de ce requis et sommés. Le tout après lecture faite.

    Le maire applique soigneusement les consignes et note dans l’acte que la future mariée est née à Maclas, commune où est célébré le présent mariage, le dix sept févier 1809. Sans doute a-t-il consulté l’acte de naissance en question. Il a choisi de noter la date de l’acte sans prendre garde que celui-ci précise que la naissance a eu lieu la veille, soit le seize févier. Plus grave, il ne s’aperçoit pas que la future épouse, devant lui, aux  termes de l’état civil est décédée le vingt deux février 1809. En cette année 1809, les actes sont enregistrés sur des registres séparés pour les naissances, mariages et décès. Reconnaissons qu’il n’avait pas de raison de douter de ce que lui disaient les présents, dont le père et la mariée elle-même.

    La question est donc : si ce n’est pas Marie Paret,  née le seize février 1809, qui est devant lui, de qui s’agit-il ?

    Sauf à imaginer une solution extravagante, on peut tout de même supposer qu’il s’agit d’une sœur de la défunte Marie.

    Il y a donc cinq possibilités :

    -          Magdelaine, née en 1810, peu de temps après la défunte Marie mais qui porte clairement un prénom différent

    -          Françoise née en 1814 dont je n’ai trouvé trace à ce jour ni d’un mariage ni du décès

    -          Marguerite née en 1815, même situation que la précédente

    -          Marie née en 1821, idem

    -          Marie née en 1823 idem

    Voici les actes de naissance de celles que vous ne connaissez pas encore :

    Françoise Paret :

    Recheche Marie, desperement

      

    Recheche Marie, desperement

    L'an mil huit cent quatorze le vingt deux mai sur les sept heures du matin devant nous maire, officier de l'état civil de la commune de maclas canton de pellussin département de la loire est comparu andré paret âgé de trente cinq ans  propriétaire demeurant à Limonne commune de maclas lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin né hier sur les  dix heures du matin de lui déclarant et de marie anne françois son épouse et auquel il a déclaré vouloir donner le prénom de françoise paret, les dites déclarations et présentations faites en //présence d'andré Tranchand propriétaire demeurant audit Limonne, commune de Maclas plus que majeur de tout quoi ai dressé le présent acte que j'ai signé non les comparants qui ont séparément déclaré ne savoir signer de ce enquis et sommés.

    Marguerite Paret

    Recheche Marie, desperement

     

    Recheche Marie, desperement

    L'an mil huit cent  quinze le treize décembre sur les huit heures du matin devant nous maire, officier de l'état civil de la commune de maclas canton de pellussin département de la loire est comparu andré paret âgé de trente neuf ans  cultivateur demeurant de Limonne commune dudit maclas lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin né ce matin à deux heures de lui déclarant et de marianne françois son épouse et auquel il a déclaré vouloir lui donner le prénom de marguerite paret, les dites déclarations et présentations faites en présence de jacques Tranchand et de Pierre Plasson voisins cultivateurs audit Limonne, plus que majeur de tout //quoi ai dressé le présent acte que j'ai signé non les comparants qui ont séparément déclaré ne savoir signer de ce enquis et sommés après lecture faite.

    Marie Paret, née en 1821

    Recheche Marie, desperement

      

    Recheche Marie, desperement

    L'an mil huit cent  vingt un le vingt quatre janvier sur les sept heures du matin devant nous Gabriel merle maire, officier de l'état civil de la commune de maclas canton de pellussin département de la loire est comparu en la maison commune andré paret âgé de quarante ans  propriétaire demeurant de Limonne susdite commune  lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin né hier à deux heures du matin de lui déclarant et de marianne françois son épouse et auquel il a déclaré vouloir lui donner le prénom de marie paret, les dites déclarations et présentations faites en présence de laurent //dervieux et d'andré Dumas  propriétaires audit Limonne, plus que majeur de tout quoi ai dressé le présent acte que j'ai signé non les comparants qui ont séparément déclaré ne savoir signer de ce enquis et sommés après lecture faite.

    Marie Paret, née en 1823

    Recheche Marie, desperement

     

    Recheche Marie, desperement

    L'an mil huit cent  vingt trois le vingt cinq juillet sur les onze heures du matin devant nous Gabriel merle maire, officier de l'état civil de la commune de maclas canton de pellussin département de la loire est comparu en la maison commune andré paret âgé de quarante trois ans  cultivateur  demeurant au lieu de Limonne commune  dudit maclas lequel nous //a présenté un enfant du sexe féminin né hier à six heures du soir de lui déclarant et de marianne françois son épouse et auquel il a déclaré vouloir lui donner le prénom de marie paret, les dites déclarations et présentations faites en présence de laurent dervieux et de claude jaquet voisin du comparant Limonne, plus que majeur de tout quoi ai dressé le présent acte que j'ai signé non les comparants qui ont séparément déclaré ne savoir signer de ce enquis et sommés après lecture faite.

    Tant que nous n’aurons pas retrouvé la trace de toutes les filles du couple André Paret et Marie Anne François, il sera bien difficile de dire avec certitude qui était devant le maire, aux cotés de Jean Claude Rouhé.

    Comme il faut bien décider pour progresser dans la construction d’un arbre, j’ai choisi l’option Magdelaine, à cause de la différence d’âge trop grande entre la défunte Marie et les autres sœurs portant dans l’état civil le prénom de Marie.

    Bien sûr cela implique que la mariée ignorait sa date exacte de naissance, ce qui n’a rien de vraiment étonnant, mais aussi son prénom.

    Pour conclure ce billet, on ne peut que dire que, dans cette famille, on aimait particulièrement le prénom de la femme de l’infortuné charpentier.

    Rien ne prouve d’ailleurs que pour se simplifier la vie, André n’utilisait pas ce prénom pour appeler toutes ses filles qu’il s’agisse de Magdelaine, Françoise, Marguerite ou, bien sûr d’une des Marie.

     


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  • Après la reconnaissance du moulin de Limonne, qui appartenait à Floris, nous nous dirigeons aux Andrivaux, à 1km environ, pour chercher le moulin de Michel, son père.

    Une habitante du village nous indique le moulin Desseux. C’est une maison de village, en bordure de la route, un portail donne sur une cour. Nous sonnons… pas de réponse, mais un voisin apparait à sa fenêtre : pas de chance, M. Desseux est parti depuis un quart d’heure.Nous lui expliquons un peu notre affaire, alors il nous raconte ce qu’il connaît du passé du moulin. Dans les années 1800, les propriétaires, dont il a oublié le nom, mais ce n’était pas Paret, sont partis en Afrique. Ils sont revenus, ruinés, et ont vendu le moulin et le grand corps de bâtiments qui l’entoure (dont la maison du voisin), par lots, à la chandelle. La piste « out of Africa » n’est certainement pas celle de nos aïeux, mais nous décidons malgré tout de voir l’envers du décor, côté rivière (le Fayon). La maison Desseux se trouve à une trentaine de mètres, au dessus de la rivière, et le moulin était alimenté par un bief, l’eau rejetée retournant au Fayon. Nous devons traverser des propriétés privées. Un riverain est en train de faire un feu de branches, nous lui demandons l’autorisation de traverser le pré, et la conversation s’engage,  tranquillement d’abord, puis joyeusement lorsque ce monsieur apprend que nous recherchons un moulin Paret, et lorsqu’il nous dévoile son nom de famille : Paret ! Le jackpot ! Il nous montre les ruines du moulin Paret, contigues à une maison que Les moulinslui et son frère ont vendue. Sa femme fait des recherches généalogiques, mais n’ayant pas la perspicacité de Guy, et devant le nombre incalculable des Paret, elle a abandonné la branche du mari pour se consacrer à la sienne. Notre riverain connaît quatre moulins aux Andrivaux : le sien (ce qu’il en reste), le moulin Desseux, et deux moulinages, mais il y en avait une quantité invraisemblable. Il a aussi entendu parler des procès entre les meuniers ou entre les meuniers et les paysans. Procès qui ont fait autrefois le bonheur des huissiers, juges et autres avocats, et qui font maintenant le bonheur des généalogistes. Nous quittons ce lointain cousin, mais il est probable que nous nous reverrons un jour.

    Côté rivière, nous voyons bien que la maison Desseux  est un ancien moulin, avec le canal d’évacuation de l’eau. M. Desseux a l’intention de le restaurer et de le faire tourner.

    Pour l’instant,  rien à rajouter sur l’histoire du moulin Paret, mais les recherches se poursuivent…

    Quelques photos ont été prises lors de cette escapade :

    Le moulin Desseux :

    moulin Desseux 1

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Les ruines du moulin Paret

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  • Nous savons vu dans le premier billet consacré à la maison familiale de Saint Pierre de Bœuf qu’elle était occupée par les deux familles fondées par les enfants de Paul Jean Félix Bonneton. A gauche lorsqu’on regarde la maison depuis la rue, logeait la famille de Marcel, l’ainé des enfants de Paul, avec son épouse Germaine Merle et leurs deux enfants Michel et Daniel. A droite, vivaient donc Jojo, son épouse Fernande, que selon son état civil, on aurait plutôt du appeler Louise, et leurs trois enfants Mireille, Guy et Jean Paul.

    Marcel et Jojo avaient respectivement dix huit et dix sept ans au début de la seconde guerre mondiale. Ils furent tout d’abord embrigadés dans les chantiers de la jeunesse, organisation mise en place par le gouvernement de Pétain pour se substituer au service militaire, supprimé par l’occupant allemand. Ces chantiers de jeunesse étaient inspirés du scoutisme, le volontariat en moins. Jojo ne parlait pas volontiers de cet épisode de sa vie et nous n’avons malheureusement pas suffisamment insisté pour recueillir ses souvenirs. Les rares évocations dont je me souviens sont tout sauf des souvenirs de camps de vacances. Lutte pour le ravitaillement, incluant de longs périples à vélo pour visiter des fermes et se procurer des victuailles, vie fruste et idéologie d’un autre âge prônant le retour à la terre et culte du maréchal Pétain, père et sauveur de la nation.

    Lorsque le troisième Reich, manquant de main d’œuvre, a exigé des pays occupés qu’ils fournissent une main d’œuvre à bon compte pour remplacer les ouvriers et fermiers allemands partis au front, de nombreux jeunes des chantiers de jeunesse ont du partir outre Rhin. Le dispositif portant le nom de STO, pour service travail obligatoire, fut présenté par la propagande vichyssoise comme un moyen de relever et faire revenir en France les prisonniers de guerre français détenus en Allemagne.

    La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (2) enfance d'après guerre

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Il s’agissait bel et bien en fait de répondre à la demande de main d’œuvre formulée par les autorités allemandes. De nombreux prisonniers étaient d’ailleurs déjà forcés au travail dans l’industrie de guerre sur le sol allemand. Si certains jeunes refusèrent cette réquisition et rentrèrent dans la clandestinité pour rejoindre la résistance, Marcel et Jojo partirent pour l’Allemagne et ne revinrent en France qu’à la fin de la guerre. Comme pour les chantiers de jeunesse Jojo ne nous a jamais donné beaucoup de détails sur cette période. Les courriers échangés ont été perdus. Seule, parmi les photos familiales, le portrait d’une jeune allemande étonne. Jojo travaillait dans une ferme donc  sans doute moins surveillé que dans une usine. S’agit-il d’une idylle ? Le fait n’aurait rien d’anodin car les autorités allemandes réprimaient sévèrement tout contact avec la population non justifié par le travail. Les relations sexuelles étaient même passibles de la peine de mort. Nous ne sauront de toute façon jamais quelle place a occupée cette jeune fille dans la vie de Jojo. Un travail sur les archives des STO nous permettrait peut être tout au plus de mettre quelques dates et lieux sur ces années. Une tâche de plus à mettre au programme de nos recherches !

     A leur retour en France, les deux frères ne tardèrent pas à se marier. Les deux couples sont installés dans la maison de Saint Pierre de Bœuf mais tous les enfants naitront à la maternité de l’hôpital de Condrieu.  Même si saint Pierre de Bœuf, tout comme Gencenas ou Malleval, les villages d’origine de leurs épouses, ont été épargnés par les bombardements alliés, le pays est à reconstruire et le travail ne manque pas. Marcel et Jojo sont engagés comme soudeurs. Jojo travaille aux Roches de Condrieu dans l’usine chimique de Progil. Il se rend tous les jours au travail depuis Saint Pierre de Bœuf en vélo d’abord puis en mobylette.

    La vie dans le foyer de Jojo et Fernande s’organise la journée dans la grande pièce du rez de chaussée qui donne directement sur la rue. Cette pièce sert de cuisine avec son évier, seul point d’eau – froide- de la maison, son poêle, seul chauffage de la maison, et de salle à manger avec la grande table, œuvre du père de Jojo, ou de son grand père puisqu’ils furent tous deux menuisiers. Au fond de cette pièce un couloir desserts deux escaliers. Le premier monte vers l’étage et le second vers la petite cour. Dans la cour se trouve la fosse d’aisance, car le tout à l’égout n’est pas encore été installé dans la commune. Périodiquement un camion pompe vient vidanger les fosses des maisons du quartier et nous nous enfuyons le plus loin possible car l’odeur qui se dégage pendant cette opération est épouvantable. De la cour on accède aussi à la cave où sont conservés les aliments frais car le réfrigérateur ne fera son apparition que bien plus tard. D’ailleurs, l’électricité dans la maison sert exclusivement à l’éclairage. L’appareil dont l’arrivée dans les foyers, quelques années plus tard, a le plus soulagé les ménagères est sans doute la machine à laver. Dans les années cinquante, la lessive est une véritable corvée, le linge est porté à l’ébullition dans la lessiveuse, puis frotté sur la planche à laver, rincé à l’eau claire puis essoré par torsion et enfin étendu, sur un fil au jardin. Cette opération se répète chaque semaine et le volume de linge est considérable, les couches jetables n’existent pas et les enfants portent des langes qu’il faut maintenir propres. Il n’y a bien sûr pas de télévision ni même de radio. L’information sur la vie du pays et du monde arrive dans la maison par les Allobroges, journal créé en 1942 par la résistance communiste puis devenu quotidien à la libération dont le nom n’a pas été choisi au hasard puis qu’il est celui de la peuplade gauloise, réputée rebelle, qui occupait depuis l’antiquité la prospère région s’étendant de Vienne à la frontière suisse. Ce journal disparaîtra en 1958 et sera remplacé dans les foyers de ses lecteurs par le Progrès ou le Dauphiné, certes libéré mais bien moins libre.

    la photo ci-dessous est prise devant la maison. De gauche à droite, on voit Jeanne Joséphine, Jojo et, sans doute Marie Françoise, une sœur du grand père de Jojo, veuve d'un marinier, Jean Hippolyte Giroux qui décédera en 1943 et est enterrée, avec son époux dans le caveau familial. On distingue à l’intérieur l'évier.

    La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (2) enfance d'après guerre

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Il y a deux chambres à l’étage de la maison. La première, assez vaste, accueille le lit conjugal et, sur trois cotés, de petits lits cages dans lesquels dorment les enfants. La deuxième chambre, minuscule est réservée à Jeanne, la grand-mère qui vit avec nous. L’organisation de la maison de la famille de Marcel est à peu près identique. La maison est un peu plus vaste puisqu’elle n’est pas amputée par la cour, mais on y est guère plus à l’aise car la chambre réservée à la tante Marie Louise occupe inutilement un précieux espace. On ne traîne pas dans les chambres, en particulier l’hiver ou, en l’absence de chauffage, la température peut être glaciale. Chaque soir, à la mauvaise saison, de gros galets du Rhône choisis pour leur taille et forme ovoïde sont placés dans le four puis au moment du coucher, enveloppés dans une grosse chaussette, glissés au fond du lit qu’ils réchauffent.

    Nous avons vu que la porte de la maison donne directement sur la route nationale 86, dont elle n’est séparée que par un trottoir. En 1950 les autos sont encore rares et ne se sont pas encore approprié exclusivement les routes. La vie sociale était alors bien plus centrée sur le village, les habitants sortaient peu et la rue était le théâtre de toutes sortes d’activités. Ma mémoire en a retenue quelques une que je vous livre, un peu en vrac.

    Le marchand de peaux de lapin : la viande étant chère, la plupart des foyers, même dans ce village plus vraiment agricole,  disposait d’une basse cour avec des lapins et parfois des poules qui permettait d’améliorer l’ordinaire. Les clapiers de Jojo étaient installés au jardin, situé au bord de la rue parallèle à la RN86, qui porte aujourd’hui le nom charmant de passage du p’tit matin. Une fois le lapin destiné à finir en civet tué et dépouillé, la peau était soigneusement conservée car, régulièrement passait dans le village un personnage qui s’annonçait en criant « peaux de lapin !». Il rachetait pour quelques francs les peaux qui, après traitement deviendraient des parures pour les belles.

    Le rémouleur : installé sur le trottoir avec sa meule entraînée par un mécanisme similaire à celui des machine à coudre d’avant l’apparition de la fée électricité, il aiguise les couteaux et ciseaux des ménagères.

    La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (2) enfance d'après guerre

    Le vitrier : Portant sur son dos le verre brut, un pot de mastic et les quelques outils nécessaires à son ouvrage, il arpente les rue en criant « vitrier !». Les fenêtres étaient alors munies de verre simple, sans grande conséquence sur le coût du chauffage, puisqu’on ne chauffait guère les logis. La fragilité de ce matériau, combinée avec la turbulence des enfants provoquait de nombreux dégâts, et la chanson  « encore un carreau de cassé, v’la le vitrier qui passe… » était parmi les plus populaires. L’usage voulait que le carreau cassé soit remplacé par du carton, en attendant le passage du vitrier. Celui de la photo est parisien, mais il est en tout point semblable à celui qui remplaçait les carreaux cassés à saint pierre de Bœuf.

    La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (2) enfance d'après guerre

    La traction hippomobile : On voit aussi encore fréquemment des chevaux. Ceux des paysans bien sûr, mais aussi celui des éboueurs, le ramassage des ordures, ou plutôt des équevilles nom aujourd'hui oubliés qui était alors en usage, se fait avec un simple tombereau. Il faut se souvenir que nous ne sommes pas encore dans l’époque des emballages perdus. La plupart des produits sont vendus en vrac, le lait, les pâtes  ou en emballage recyclé, le vin, l’eau minérale. Les déchets collectés par les éboueurs sont donc essentiellement organiques et leur volume plus que limité. Et tous ces chevaux marquent régulièrement leur passage par un tas de crottin sur la chaussée que les ménagères recueillent car c’est, parait-il, le meilleurs engrais possible pour les géraniums. Le cheval qui tracte le brinquebalant corbillard municipal n’échappe pas à cette règle lorsqu’il transporte depuis leur domicile vers l’église puis le cimetière les pétribociens trépassés. Le convoi des familiers éplorés doit être vigilant et faire un détour pour éviter de piétiner le crottin.

    Le cardeur : les matelas étaient faits de laine de mouton qui, au fil des années, se tassait, en altérant le confort. On appelait alors le cardeur qui dépeçait les matelas, en extrayant la laine pour la passer dans sa cardeuse, machine un peu effrayante au balancier munis de clous recourbés qui, en démêlant la laine lui donne du volume. Le matelas était ensuite reconstruit avec sa toile, ses bourrelets qui en font le tour et ses ficelles terminées par des boutons régulièrement espacés et reliant les deux flancs. Ce travail, dégageant beaucoup de poussière se faisait lui aussi dans la rue.

    La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (2) enfance d'après guerre

    C’est aussi cette route que nous empruntions pour nous rendre à l’école communale, située dans le même bâtiment que la mairie, face à l’église. Nos jeux pendant le trajet était insouciants et la cohabitation avec les voitures, dont le trafic croissait rapidement,  pas toujours pacifique. Nombreux étaient les chocs. Le rédacteur de ces lignes, pas plus que son frère Jean Paul n’ y échappèrent, avec pour conséquence quelques membres plâtrés.

    Sur la photo ci-dessous, la mairie est le batiment de gauche avec son double escalier. A sa gauche, l'entrée de l'école des filles, et à sa droite celle de l'école des garçons.

    La maison familiale de Saint Pierre de Bœuf (2) enfance d'après guerre

     

    En ces années d’après guerre, une bonne partie de la France, mal logée, aspire à de meilleures conditions de vie. Jojo et Fernande ne font pas exception. En effet, la maison de Saint Pierre de Bœuf, acceptable avec trois enfants, devient vraiment trop juste avec des adolescents. L’état fait des efforts et, par le biais du crédit foncier permet l’accession à la propriété aux ménages, même avec des revenus modestes. Fernande n’a pas de qualification. Plus jeune elle a bien travaillé dans un atelier de tissage, mais c’est en faisant des ménages qu’elle contribue aux finances de la famille. J’imagine que le projet de construction à Condrieu devait avoir un budget très serré. D’ailleurs seul le gros œuvre sera réalisé par une entreprise. Pour les finitions, carrelage, électricité, se sont des collègues de travail de Jojo qui sont sollicités. Mais l’inflation galopante des trente glorieuses favorise les endettés et le couple n’aura pas à regretter de s’être lancé dans la construction de la maison de Bassenon.

    Nous avons quitté Saint Pierre de Bœuf enfants, Condrieu sera plutôt le temps de l’adolescence.

     


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  • Après André et Michel Paret, Guy a découvert un nouveau meunier dans la famille : il s’agit de Floris, le fils de Michel (meunier aux Andrivaux), marié en 1721, mort à Maclas en 1743. Le moulin de Floris se  situe à Limonne, à 1Km des Andrivaux.

    Le froid ne vient pas à bout de notre curiosité, et nous partons marcher avec Guy (de Cour) à la recherche de ce moulin. Nous longeons en vain la rivière, aussi nous demandons de l’aide à un agriculteur. Il nous apprend que l’ancien propriétaire est mort dans les années 80,  et il s’appelait… Etienne Paret ! Notre interlocuteur nous invite à rencontrer ses parents au coin du feu : ils ont bien connu Etienne qui, bien que marié deux fois, n’a pas eu d’enfants. La dernière fois qu’ils ont vu le moulin, la roue à aubes était envahie par le lierre. La maison a été vendue à une pharmacienne de Maclas. Le fermier nous ramène en  voiture à Limonne, puis nous traversons une propriété privée, et nous voyons enfin ce fameux moulin, avec sa roue à aubes bien dégagée.

    du coté de Limonne

    Le moulin n’est pas au bord de la rivière, l’eau était amenée par un bief (canal).

    du coté de Limonne

    A l’heure actuelle, ce bief a été détourné pour éviter la maison, qui a été agréablement restaurée, et divisée en deux.

    du coté de Limonne

    Nous ne verrons malheureusement pas l’intérieur,  car les propriétaires sont absents.

     du coté de Limonne

    Dans le Maclaire, journal édité par la municipalité de Maclas, deux articles concernant ce moulin ont été publiés :

    http://www.maclas.fr/maclaire/pages/maclaire_n34.htm http://www.maclas.fr/maclaire/pages/maclaire_n38.htm

     

    La 1ère preuve de l’existence de ce moulin remonte à 1334. Les archives des nombreux procès permettent de retracer son histoire: il  devient la propriété de Fleury Paret en 1552. A peine installé, un procès lui est fait en 1556 au sujet d’un canal qu’il a construit.

    Des années plus tard, en 1731, un autre Fleury, ou Floris,  est en procès avec un certain  Plasson, propriétaire d’un moulin. Autre procès, en 1733 intenté par Frère François DE FOUCAULT DE BEAUREGARD, Chevalier de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, Grand Battif de Lyon, Commandeur la Sainte Epine, Commandeur de Saint-Georges ... qui demande le paiement de 29 années d'arrérages que le meunier n'a pas payées. Ce qui n’empêche pas notre Fleury de progresser puisqu’en 1734, il obtient le droit pour un an de presser et fabriquer de l’huile de noix et d’autres noyaux pour faire de l’huile.

    En 1735, il achète un moulin Plasson. Ce moulin a été emporté par une crue de la rivière. Floris meurt en 1743, mais l’histoire et les procès continuent : «   la femme de Paret »  (pas la femme de Floris, elle est morte en 1755)  se plaint, en 1764, d’une bousculade dans un ruisseau, et des plaintes sont déposées contre  les agriculteurs qui utilisent l’eau du bief ou du ruisseau pour irriguer leurs terres.

    En 1791, diverses fournitures (tuiles, chaux…) sont payées par « Paret fils » pour le moulin neuf.

    En 1826, une facture est payée par Etienne Paret, faiseur d’huile, certainement pour une roue en fer.

    Après 1920, le moulin n’est plus utilisé et est vendu à la ferraille.

    Après la 2ème guerre mondiale, le moulin est loué et remis en service pour la fabrication de sabots, manches, râteaux… Puis le propriétaire, Etienne Paret, reprend son moulin et le fait tourner épisodiquement pour fabriquer de la farine de seigle pour les animaux.

    Au décès d’Etienne, la bâtisse est vendue à des olibrius peu respectueux du patrimoine, puisqu’ une partie de la roue à aubes se retrouve dans la fosse septique, et qu’ils ne gardent pas les pièces du moulin. Ils balancent à la décharge toutes les archives, et, heureusement, un maclaire les récupère et les porte à M. Pierre Dumas, un historien bien connu de la région.  Puis, ces propriétaires peu respectueux, se débarrassent du bâtiment, et c’est la pharmacienne qui le rachète. Là, il est dans de bonnes mains : elle met en valeur la partie récupérable de la roue à aubes, et entreprend une restauration intelligente.  M. Dumas lui restitue les archives.

    Ces renseignements nous ont été donnés par la propriétaire, qui va nous recevoir une journée en juin et mettre à notre disposition les archives, et par M. Dumas qui a écrit plusieurs livres sur l’histoire du Pilat.

     

    Essayons de remonter le cours du temps et de faire le point sur les différents propriétaires. Nous savons que le dernier propriétaire est Etienne Paret,  alors c’est relativement facile de remonter la filiation, puis on arrive aux branches que Guy a descendu, tel un moderne Tarzan, dans la jungle des Paret. Ce qui nous donne :

     

    Floris Paret (1697-1743), meunier à Limonne

    Etienne Paret 1(1732-1796), Limonne, fils du précédent

    Etienne Paret  (né en 1759, marié en 1795), Limonne, fils du précédent

     

    Là, changement de branche :

     

    Etienne Paret  (1804-1872), c’est l’arrière petit fils d’Etienne Paret, frère de Floris. Ils descendent tous les deux d’Etienne Paret et de Jeanne Minodier.Il est né aux Andrivaux, mais est propriétaire à Limonne à son décès.

    Etienne, né en 1826, cultivateur meunier à Limonne, fils du précédent

    Louis, né en 1873, propriétaire à Limonne, fils du précédent

    Etienne (1907-1983) propriétaire à Limonne, fils du précédent .

     

    On a un petit lien de parenté avec le dernier Etienne.

     

    Si cette histoire vous a intéressé, la prochaine fois, vous aurez droit à celle du moulin des Andrivaux, qui nous a réservé quelques surprises !

     


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